‹ La Désarticulation Pré-ScaphoïdienneChapitre 3 sur 26 · Première Période · texte numérisé non relu

Première Période

Jadis, le père de la chirurgie militaire française

Ambroise Paré, disait qu'après les amputations audessus ou au-dessous des malléoles, l’opéié, condamné à traîner son genou sur un pilon, « portait trois janibes au lieu de deux ». C'était là, dans une boutade, donner une idée exacte des méthodes employées à cette époque, où, les tentatives d’amputation du pied, à coups de ciseau et de maillet, ainsi que nous le raconte

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F. Hilden de Verduc, avaient donné de si désastreux résultats. L'amputation au lieu d'élection était donc la seule pratiquée pour les lésions traumatiques ou inflammatoires du pied.

Cependant, petit à petit, une période de transition

se dessina et des idées nouvelles naquirent. C’est en 1720 que Garengeot, dans son traité des opérations . disait : « Le moignon du pied qui reste au malade lui sert beaucoup à marcher et la jambe naturelle est tou-

jours plus gracieuse et plus commode qu'une jambe

artificielle ». Il indiqua alors l’amputation tarso-métatarsienne et il écrivit à ce sujet : « Comme cette opération doit se faire dans un grand nombre de jrr-. tions d’os, qui ne sont point au niveau les uns des autres, elle est plus vétilleuse et plus embarrassante que les autres amputations. L'adresse et le génie sont d’une grande nécessité pour conduire un bistouri entre les os du métatarse, couper les ligaments et ménager le plus de peau qu'il est possible. ».

En 1740, Sharp, en Angleterre, dans son traité des

opérations, professa les mêmes doctrines.

En Allemagne, le savant Heiïster formula son opinion à ce sujet d’une manière encore plus explicite : « Les chirurgiens modernes, dit-il, préfèrent avec raison de séparer avec le scalpel les doigts des os du métatarse ; ceux-ci des os du tarse et, si le mal a fait plus de pro- -grès, on monte plus haut, les os du tarse les uns des autres, en coupant adroïtement les ligaments qui les unissent. Le malade, après sa guérison, marche toujours mieux sur ce qui lui reste de pied, qu'il ne pour--

rait jamais le faire avec un pied artificiel. »,

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