‹ La Désarticulation Pré-ScaphoïdienneChapitre 5 sur 26 · Deuxième Période · texte numérisé non relu

Deuxième Période

C'est pendant cette période qu'on assiste à l’éclosion d’un grand nombre de procédés de désarticulation du pied. Les chirurgiens se jetèrent 2 corps perdu sur ces interventions nouvelles et les pratiquèrent en série jusqu’au jour où certains d'entre eux démasquèrent l'incertitude de la désarticulation médio-tarsienne. C’est donc Chopart qui, le premier, le 21 août 1791, ouvrit la voie aux désarticulations du tarse. Il pratiqua, à l’occasion d’une tumeur carcinomateuse, qui occupait le métatarse, la première désarticulation médio-tarsienne qui, depuis, porte son nom. Il en

décrivit avec une exactitude anatomique parfaite, la technique opératoire, que, plus tard, Boyer devait publier.

Puis ce fut au tour de l’amputation tarso-métatarsienne, déjà indiquée par Garengeot et pratiquée par Percy, Larrey, Hey, Boyer, Blandin et, au sujet de laquelle Lisfranc, en 1815, écrivit son excellent mémoire, qui fit donner son nom à cette intervention.

Bien plus tard, Textor de Wurtzhbourg, en 1841, pratiqua la désarticulation sous-astragalienne, proposée deux ans auparavant par Lignerolles, en France.

L'histoire de la chirurgie du pied, avec les hésitations et les engouements successifs des chirurgiens, serait très instructive et pleine d'intérêt. Mais elle devrait faire, pour être complète, l’objet d’un travail, qui dépasserait de beaucoup le cadre du nôtre. Nous nous en tiendrons donc aux seules désarticulations tarsiennes.

Ce fut Hayward qui, le premier, en 1816, proposa la désarticulation pré-scaphoïdienne. Il en décrivit, assez brièvement d’ailleurs, les avantages sur la désarticulation de Chopart qui, déjà, à cette époque, comptait moins de partisans. Il serait juste que la désarticulation pré-scaphoïdienne portât son nom.

Hancock, quelques années plus tard, recommanda la même modification et insista, de nouveau, sur l’importance à attribuer à la conservation du scaphoïde.

Dupuytren, en France, pratiqua par erreur la première désarticulation pré-scaphoïdienne et obtint un résultat excellent.

Laborie, ensuite, s’efforça dans un mémoire publié

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en 1843, à faire entrer la désarticulation pré-scaphoïdienne dans le domaine des opérations réglées. Son travail ne fut pas suivi et on n’en trouve la citation que dans quelques rares communications.

Robert, dans son mémoire sur les amputations partielles du pied, dit de cette intervention : « qu’elle mérite d'être méditée et que, peut-être, son application pourrait devenir utile ».

Sédillot, enfin, dans son Traité de Médecine opératoire, est plus affirmatif et dit : « Nous recommandons vivement la conservation du scaphoïde dans tous les cas où l’on peut se dispenser de le sacrifier ». Et il fait suivre ces lignes d’une étude approfondie et comparée des désarticulations pré-scaphoïdienne et de Chopart.

Dans la suite, plusieurs observations furent publiées, rares cependant, mais rapportant toutes l'excellence des résultats. ES

Parallèlement à cette série de travaux, Jobert mettait au point, de son côté, l’amputation des trois cunéiformes avec tout le métatarse et rapportait une excellente observation, qui fut le point de départ de la thèse de Dreyfus, en 1854.

C’est alors que, de France, avec Blandin, Guérin, d'Allemagne et d'Angleterre vinrent des observations désastreuses tendant à condamner la désarticulation de Chopart. Malgré la statistique de Max Schede (1874) d’ailleurs violemment critiquée par Farabeuf, on notait à la suite de cette intervention quelques morts et beaucoup de mauvais résultats orthopédiques. On ne possédait pas, à cette époque, la pratique de l’asepsie,

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