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C’est moins simple, lorsqu'il s’agit de bactéries avec spores. O. Riedel, C. Frankel, Nocht, ont montré que les solutions phéniquées à 5 O/One détruisent pas la vitalité des spores du charbon même en plusieurs jours. Toutefois, avec l’aide de la température, on arrive à des résultats meilleurs. Voici ceux de Behring, à 37°, 5:
DES DÉSINFECTANTS
loo
Acide phénique pur à 5 0/0 : les spores sont tuées en 3 heures.
les spores conservent leur vitalité.
Nochl a reconnu que les solutions à 5 0/0 d’acide phénique brut , incapables, en deux mois d’application, de tuer les spores charbonneuses à la température de la chambre, y arrivent en 4 à G heures à 40°.
L’acide phénique ne coagule pas l’albumine. Sous ce rapport, il peut, en certaines occasions, être préféré au sublimé; à moins que l'on n’aime mieux les associer l’un à l'autre. En revanche, il a une odeur désagréable dont le sublimé n’est pas affligé, et plus de causticité, sans être beaucoup moins toxique. Il est juste, en cette matière, de comparer la toxicité des désinfectants, non au point de vue absolu, mais dans les solutions de chacun adoptées pour l’usage. Or, suivant Behring, pour 1 kil. d’animal, la quantité intoxicante, en injection sous-cutanée, est de :
Solution d'acide phénique (oudecrésol) à 3 0/0. t c. c. et 1/3. Solution de sublimé à 0,3 0/0 8 c. c. et 2/3.
En fait, les empoisonnements par l’ingestion accidentelle d’une solution d’acide phénique ne sont pas très rares.
Le prix assez élevé (2 IV. 501e kil.) de l’acide phénique pur a fait songer à utiliser les propriétés désinfectantes de l'acide brut qui, dans les conditions ordinaires, est bien inférieur au premier, puisqu’il ne renferme que 25 0/0 d’acide phénique pur. Mais les 75 autres centièmes sont d’autres dérivés du goudron de houille, parmi lesquels les crésols, ou phénols supérieurs, possèdent un pouvoir désinfectant très réel, saut qu il n apparaît pas dans les solutions d’acide phénique impur, parce qu’ils sont très peu solubles
dans l’eau1. Traités par l’acide sulfurique concentré, ils deviennent solubles et donnent un mélange très actif, supérieur à l’acide pur vis-à-vis des agents inlecticux sans spores, ainsi que l'a démontré Laplace.
Les recherches de C. Frankel et de Behring ont fait ressortir que le mélange d’acide phénique brut — ou de crésol — à volumes égaux, avec l’acide sulfurique est également plus actif que chacun des composants. Ainsi, K) 0/0 de crésol avec 10 0/0 d’acide sulfurique tuent les spores du charbon en 80 minutes, alors que 10 O 0 ^en volumes) d’acide sulfurique n’y parviennent pas en 21 heures. Selon Jàger 2 la substitution d'acide chlorhydrique à l’acide sulfurique dans le mélange en élève encore l’activité ; sans doute, pense Frânkel, parce que le premier n’expose pas, comme le second, à la formation d’acides sulfonés, moins actifs que le crésol rendu soluble.
Il faut, en effet, constituer le mélange d'acide phénique et d’acide sulfurique à parties égales et prendre la précaution de refroidir artificiellement pendant l’opération, pour prévenir un échaufl'ement excessif qui entraînerait la formation de combinaisons moins actives, en particulier d'acides sulfonés (sulfo-conjugués). On sépare par filtration quelques parties insolubles qui persistent.
Behring ne conseille de chauffer qu’à 40 ou 50° ce mélange, quand on désire en augmenter l’activité par la température, dans la pratique de la désinfection, peut-être pour éviter le retour aux combinaisons peu actives. Il n’y a pas lieu de prendre la même précau-
1. II en le (A.), Ueber Creolin unit seine wirksamen Bestandtheile ( Archiv fur Hygiene, IX, p. 188, 1889). — FrUnkei. (C.), Die desinficirende Eigenschaften der Kresole . Ein Beitrag zur Desinfections f rage (Zeitschrift für Hygiene, VI, p. 521, 1889).
2. .Iager (H.), Untersuchungen über die Wirksamkeit verschiedener chemischer Desinfektionsmiltel bei dauernder Einuiirkung i tuf Infektionssto/fe ( Arbeiten aus d. Kaiserl. Gesundheitsumte , V, 2, 1889).
DES DÉSINFECTANTS
tion vis-à-vis 'de l ' acide ‘phénylsu.lf urique , où il n’entre que du phénol pur. La chaleur a, sur celui-ci, la même influence favorable que sur les autres désinfectants ^lleidcr).
Les crésols, la créoline ou crésyl, lelysol, etc. — Le crésol ou crésyl , crésylol, acide crésylique ', presque insoluble dans l’eau, distille de l'acide phénique impur à 203°. Il présente trois isomères, orthocrésol, métacrésol et paracrésol. — Ce que l'on appelle, en France, « le crésyl » n’est autre chose que la créoline de Pearson ou de Jeyes, dont il sera parlé et qui renferme, du reste, surtout du crésol.
Nous venons de voir que le crésolsoluble est un bon désinfectant et que, quand on emploie à la désinfection l'acide phénique brut mélangé d’acide sulfurique, suivant la méthode de Laplace et de Frânkel, c’est en réalité par les crésols que l’on désinfecte, plus que par tout autre élément.
Cependant, C. Frankel démontre que lasolution des ortho, — para, — et métacrésol à 5 0/0 tue les spores charbonneuses les plus résistantes en 6 à 8 jours (le métacrésol est le plus actif) ; mais que la solution à 4 0/0 d’un mélange à poids égaux d’acide sulfurique et de l’un des crésols atteint au même résultat en 8 à 20 heures, la solution à 2 0/0 d’acide sulfurique et de métacrésol en 2 jours. Ce n’est pas la formation de sulfonates de crésol qui, dans ce cas, détermine l’activité du mélange ; car, en essayant à part un certain nombre de ces sulfonates, on leur trouve moins de pouvoir désinfecLant qu’aux mêmes proportions du mélange.
L’auteur recommanderait, néanmoins, les sulfonates de crésol à cause de leur solubilité et de l’absence d’odeur, n’était que l’industrie n’a pas encore trouvé le
“l. Remouchamps (Ed.) et Sugg (E.), L'acide phénique, ta créoline et le lysol [Mouvement hygiénique, VI, p. 367, 1890).
moyen de les produire à bon marché. Il en est un, qui a été bien étudié par Serrant et Hueppe', Vaseptol, dont le rôle en désinfection peut devenir considérable, à la condition de ne pas être employé chaud, ce qui en » ferait un parasulfonate moins actif. Il se forme, d'ailleurs, des sulfonates de phénol dans l’opération du mélange d'acide sulfurique à l'acide phénique brut, même quand elle est faite à froid.
L’aseptol a les sympathies de Vallin pour l’usage chirurgical: il détruit les bacilles du charbon sans spores, à 3 0/0, en 13 minutes, et, en solution à 100/0, lue les spores du charbon au delà de 30 minutes. Il est très soluble dans l’eau et très peu caustique. Les phénols sulfones sont, du reste, moins toxiques ([ue l'acide phénique (Frânkel).
On vend un « crésol des toluidines » brut, liquide épais, brun, à forte odeur, insoluble dans l’eau, mais qui devient soluble par l’addition d’acide sulfurique, comme plus haut. Ce crésol coûte moins cher que les précédents, tout en ayant la même énergie. La constitution de ce corps a permis de reconnaître que l’acide sulfurique et le crésol restent séparés dans le mélange et que le premier n’a fait que mettre en liberté le pouvoir désinfectant du second en le rendant soluble.
Mais, comme on le soupçonne et comme le fait ressortir Nocht, ces mélanges acides sont impraticables pour la désinfection d’une foule d'objets, vêtements, cuirs, meubles, ornements divers. Il fallait donc trouver des préparations neutres ou alcalines de ces crésols contenus dans l’acide phénique brut et doués d’un pouvoir désinfectant si manifeste dès qu’ils deviennent solubles. C’est ce besoin qui a fait inventer la créotine.
La créoline est un produit anglais, portant à l'origine le nom de Jeycs, qui aété introduit en Allemagne