‹ La désinfection publiqueChapitre 38 sur 74 · Voy. Straus, loc. cit., page · texte numérisé non relu

Voy. Straus, loc. cit., page

“Ul> DÉSINFECTION PUBLIUUE

parfait qui existe actuellement », dit Richard. Si nous lui reprochions quelque chose, ce serait même d'être trop parfait et de dépasser le but, au prix d’une construction très belle et très sûre, mais qui coûte un peu cher.

Nous poursuivons la vulgarisation de ladésinfection. H ne semble pas que desappareils revenant à (5.000 ou 7.000 francs puissent se généraliser jamais. Les grandes administrations, les hôpitaux considérables, les stations de désinfection des villes populeuses, où la désinfection ne chôme jamais et où, parfois, ses ressources ontbesoin de se multiplier par la rapidité des opérations, n’ont rien de mieux à faire que d’acquérir ces étuves dont le fonctionnement est sans arrièrepensée. Lù, il arrive que l’on rentre aisément dans ses déboursés par des économies de temps. Pour les communes rurales, où les grands besoins sont accidentels et où, cependant, il est nécessaire aussi d’être toujours en mesure de se défendre, il faut autre chose: un appareil qui assure absolument l’indispensable, sans être capable du superflu, qui soit facile à manier par tout le monde et ne représente pas un capital immobilisé. Nous le disons avec d’autant moins d’embarras que les constructeurs eux-mêmes de l’étuve en question reconnaissent ces exigences et ont déjà tenté d’y satisfaire par leurs « cuves à désinfection par trempage ».

L’étuve à vapeur sous pression forte ne compromet pas sérieusement, à 115°, les tissus ordinaires, ni les couleurs. Cependant, plusieurs désinfections successives fatiguent, au moins, lescouvertures et en abrègent la durée. Nous donnons plus loin quelques indications précises à ce sujet. Le drap rouge des bandes de pantalon de l’artillerie et du collet des dolmans de celte arme a paru ne pas bien supporter (à Dunkerque) le passage à l’étuve dans ces conditions. Peutêtre le voisinage du drap bleu a-t-il aidé à l’altération de la couleur rouge. Vinay a constaté que les taches

de sang, de pus, de matières fécales, sur les linges mis à l’étuve avec ces souillures, y deviennent indélébiles ; mais que l’on prévient cet inconvénient en faisant tremper au préalable les tissus affectés de pareilles taches dans une solution de permanganate de potasse.

Les peaux, les fourrures, le bois, ne supportent pas, cela va sans dire, les étuves à vapeur sous pression.

Séchage des objets. — Les étuves organisées pour chauffer la chambre à désinfection avant d’y introduire les objets et pendant qu’ils sont soumis à l’action de la vapeur, opèrent d’ordinaire le séchage en continuant ce même chauffage après l’arrêt du courant de vapeur et les portes du récipient étant ouvertes. Si ce dispositif n’existe pas, il faut sécher les objets au grand air ou dans un local chauffé.

Nous avons vu que l’on peut s’économiser le chauffage de ce dernier temps des opérations au moyen des accumulateurs. On pense y aider également au moyen delà vpntilatinn de la chambre à désinfection. Cette ventilation se fait, dans les étuves Schimmel, Reck, Krell, par deux orifices percés sur deux parois opposées du récipient, l’un à la partie inférieure pour l’entrée de l’air, l’autre au sommet de la paroi pour la sortie. Le courant d’air s’échauffe dans le trajet sur les tuyaux de chaleur à ailettes (Schimmel) ou sur les accumulateurs. Avec l’étuve Geneste-Herscher, on se borne à entr’ouvrir les portes.

Contrôle des étuves. — Richard recommande, avec raison, de n’accepter aucune étuve, quel qu’en soit le système, sans en avoir contrôlé la puissance.

Ce contrôle porte sur la pénétration de la chaleur jusque dans la profondeur d’effets, de matelas, de couverLures roulées, au degré voulu pour la réussite de la désinfection, — ou bien sur la perte de la vitalité de microbes, qui sont ordinairement des spores de charbon.

Pour le premier mode, on se sert de thermomètres à maxima et de thermomètres à contact, ou pyromètres, dans la construction desquels entre un alliage fusible à un degré déterminé. Quand ce degré est atteint, le contact qui s’établit met en mouvement une sonnerie électrique.

Pour vérifier la puissance d’une étuve sur la vitalité des spores de charbon, il est bon de se rappeler que toutes les générations île ces spores n’ont pas la même résistance et de s’assurer d’abord, au moyen de solutions désinfectantes, du degré de vitalité de celles dont on dispose.

D'ailleurs, nous renvoyons à l'excellent Précis d'hi/gicne appliquée de Richard pour la description des modèles les plus importants des étuves aujourd’hui un usage.

Altérations des tissus par les étuves. — 11 ne

s’agit plus que des étuves à vapeur à courant ou sous pression, puisqu’il est entendu que les étuves à air chaud roussissent les étoffes.

La question de l’altération des tissus par les étuves à vapeur a été spécialement étudiée par F. Levison *, de Copenhague, qui s'est attaché à faire ressortir les modifications de la résistance des divers tissus par lé passage à l’étuve. L’instrument construit à cet ellet était une balance-bascule décimale; à l'extrémité du petit bras, était fixée une bande double de l’étoffe à essayer; à l’extrémité de l’autre, était suspendu un petit seau dans lequel se déversait un récipient plus élevé, rempli de plomb de chasse. Quand le poids était devenu suffisant à l’extrémité du long bras, la bande d’étoffe se rompait, un mécanisme automatique arrêtait le déversement du plomb, et il était facile, en

1. Dec Ein/llnss der Désinfection mit strômendem und gespanntem Wasserdampf auf ve.rschiedene Kleidersloffe ( Zeitschrift fur Hygiène , VI, p. 225, 1889).

DES DÉSINFECTANTS

pesant le plomb passé dans le seau et multipliant par 10, de déterminer le poids sous lequel la bande se rompait.

Le tableau ci-dessous résume les résultats obtenus :

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