V. Iludde, qui a aussi remarqué qu’avec le courant
1. liber Desin fektinn mittels llitze ((îesunilheils-lngenieur, 1887, n° 1).
de vapeur à 0m 700 de pression, la température dans l’intérieur des objets exposés à ce courant monte souvent jusqu’à 104 ou 105°, en présente une explication que Richard déclare admissible. Cet excès de tempéture serait dû à la condensation d’une certaine quantité de vapeur d’eau au sein des objets; l'eau ayant absorbé 337 calories pour passer à l'état de vapeur, la vapeur les rend pour redevenir eau ; il peut y en avoir un excès et, par suite, une augmentation de chaleur. C’est un peu aventuré. Teuscher, ayant observé que, dans les étuves « selhydriques », la température est réellement quelquefois au-dessus de 100°, suppose qu’une part de la solution saline en ébullition à 109°, a éclaboussé les thermomètres, -lesquels indiquent alors la température, non de la vapeur, mais de la solution saline. Peut-être que, dans les observations de Budde, il s’agissait d’objets pénétrés par hasard d’un sel quelconque, qui, avec la- vapeur humide du courant, constituaient un corps capable d’un échaufiement plus considérable que la vapeur d’eau à la pression ordinaire.
Pour nous, nous revenons involontairement à notre idée que la vapeur se comprime légèrement dans les récipients, par le fait de l’étroitesse de l’orifice de sortie et lorsque le générateur lui-même lui a donné une certaine pression initiale. Il n’est pas exact de dire que la vapeur perd toute tension, dès qu’elle a une issue au dehors, si rétrécie qu’elle soit.
Consignons, en passant, celle remarque de Teuscher que l’enduit ou l’imprégnation par un corps gras entrave sérieusement la désinfection des objets qui en sont affectés. On comprend qu’il en soit ainsi, par ce lait que la graisse empêche le contact immédiat de l’eau de condensation avec les microbes, par suite retarde le ramollissement de la paroi cellulaire bactérienne et la communication du degré de chaleur mortelle. Il est donc nécessaire, et des expériences spé-
ciales l’ont prouvé, de prolonger l’action de la vapeur, quand on a all'aire à des couvertures tachées de graisse ou d’huile ou à des objets analogues.
Appareils à décompression intermittente . — Ces étuves travaillent, naturellement, en pression; elles sont, en outre, à haute pression et, en principe, à vapeur dormante. Les modèles réalisés jusqu’aujourd’hui sur ce type sont ceux de Washington-Lyon, de Benham and Sons, de Genestc-Herscher.
L’étuve Geneste-Herscher est trop connue en France pour qu’il soit utile d’en refaire la description. Rappelons-en seulement le fonctionnement.
On commence par lancer la vapeur du générateur dans les « batteries de chauffe » ménagées, l’une îï la partie supérieure, l’autre au-dessous du chariot, dans la chambre de désinfection. La température doit s’y élever à 133°, sous une pression de 2 kil. et demi. Une fois l’intérieur chauffé, on introduit le chariot chargé et l’on ferme. On dégage alors de la vapeur dans l’intérieur de la chambre elle-même, par le robinet disposé à cet effet; puis, l’on ouvre le robinet du tuyau de dégagement inférieur, c'est-à-dire d’évacuation de l’air et de la vapeur. L'air s’échappe d’abord à l’état de jet vigoureux et incolore ; la vapeur suit, sous forme de brouillard. « On referme le robinet, et l’admission de la vapeur continue jusqu’à une pression correspondant à 106 ou 108". A ce moment, on rouvre tout d’un coup le tuyau de dégagement (inférieur) pour opérer une décompression brusque, destinée à faire éclater les vésicules d’air qui sont restées emprisonnées dans les mailles des tissus; la vapeur prend leur place et est dès lors en contact intime avec les moindres filaments. Cel. fait, on ramène la pression à une hauteur équivalente à llo" et on la maintient à ce niveau durant dix minutes. Puis, on laisse échapper la vapeur et l’on entre-bâille les portes de sortie pour aisser pénétrer l’air extérieur qui sèche les objets...
Il faut avoir soin de faire au moins une décompression, et il vaut mieux, pour plus de sécurité, en faire deux et même trois... »
Le professeur Richard, à qui nous empruntons l’exposé qui précède, tient compte des observations de Budde sur la rapidité d'action de la vapeur circulante, sous la même pression que la vapeur donnante de l’étuve Geneste-Ilerscher et déclare qu’il est « indiqué de faire les décompressions aussitôt que possible et de les multiplier; il en résulte une perte de vapeur, mais cette perte est largement compensée par la rapidité et la sécurité de l’opération ». C’est exactement notre avis.
Mais ne semble-t-il pas que ces décompressions multiples, dont les dernières au moins ne sauraient plus avoir pour but l’extraction de l’air, se rapprochent infiniment du courant de vapeur sous pression faible des appareils étrangers dont il a été question plu haut? S’il en est ainsi, pourquoi dédaigner ces appareils et à quoi bon prendre un détour compliqué e coûteux pour arriver au même but? Nous avons emprunté à l’étranger beaucoup de choses moins bonnes que les étuves à courant de vapeur.
Ceci n’ôte rien à la valeur, comme instrument de désinfection, de l’étuve Geneste-Herscher, qui a été éprouvée, en France, par Grancher, Vinay, Nocard, A. J . Martin1, et reconnue comme offrant, et même au delà, toutes les garanties désirables. Les étrangers, y compris ceux qui la critiquent à de certains égards, Saloinonsen et Levison, Budde, Krell, etc., lui rendent le même témoignage. Nous avons, nous-même, eu lieu de nous louer absolument de son usage, à l’occasion de désinfections pratiquées en diverses garnisons du Nord, Lille, Dunkerque, Avesnes, Landrecies, Maubeuge. C’est « l’instrument de désinfection le plus