Der Coin/ovt </e< Krunken. Berlin
fion des locaux pourra, alors, se borner à celle seule chambre. En raison du mode de construction de nos casernes el des communications multiples el incessantes que les cbambresont entre elles, il faut souvent désinfecter tout un étage ou tout un pavillon, à l’occasion d’un seul cas de maladie contagieuse.
Dans les conditions actuelles, on désinfecte les parois verticales el le sol de la pièce. En Allemagne, le plafond n’est soumis à aucune opération; l’on suppose que les microbes n’y adhèrent pas. C'est peut-être beaucoup de confiance.
A Berlin, les parois verticales sont frottées très exactement à la mie de pain, puis aspergées au pinceau de solution phéniquée à 2 0/U, pour enlever ce que cette friction y a laissé. En France, elles soûl lavées avec la solution de sublimé au 1000e, quand leur revêtement est de peinture à l'huile, de carreau émaillé ou de papier peint vernissé. Dans les autrescas, et même aussi parfois dans le précédent, elles sont attaquées par la pulvérisation de la même solution jusqu’à ruissellement ; — ou bien, si le revêtement des murs n’est que de badigeon à la chaux, ou de la peinture à ladétrempe, ils reçoivent, après ou sans grattage, une ou plusieurs couches (plusieurs valent mieux) de lail de chaux préparé comme il a été dit. C’est encore le lail de chaux qu’on emploie à Berlin dans la même circonstance.
En général, nous préférons les pulvérisations aux lavages. Par les premières, la liqueur parasiticide pénètre plus exactement, sans en dépenser autant que par l’autre mode, dans tous les creux ou fissures des parois. Nous n'avons jamais entendu accuser la fatigue excessive que le maniement du pulvérisateur aurait, selon Gibert, causée aux ouvriers du Havre.
Les planchers doivent être humectés de solution désinfectante dès le début des opérations, qu’il est rationnel de terminer par eux. Ils ont souvent besoin d'un fort nettoyage avant toute désinfection. Ce net-
oyage se pratique avec la solution savonneuse chaude. On peut le faire suivre de la désinfection proprement dite, à la solution de sublimé au 1000% d’acide phénique à 5 0/0; mais peut-être que la première opération suffirait. On se borne à la seconde vis-à-vis des planchers propres.
Les parquets riches peuvent n’ètre que frottés au chiffon doux, imbibé de la solution phénique à 2 0/0 ou d’une équivalente, puis séchés rapidement. Nous n’avons qu’une confiance modérée dans la sciure de bois humectée de la solution de sublimé à 1 : 1.000, répandue sur les planchers ou carrelages. Ce sont là des surfaces très menacées par les souillures et contre lesquelles il faut prendre des précautions sérieuses.
Les revêtements en ciment, en carreau, se prêtent bien à l’action de lacréoline et du lysol(2à2etl/2 0( 0).
Il convient d’agir à l’égard des portes et des boiseries de luxe d’une façon analogue à celle dont sont traités les parquets riches.
Les annexes du logement , vestibules, corridors, escaliers, cabinets d’aisance, sont traités comme les pièces habitées. En général, il n’y a pas lieu d’être aussi discret dans l’usage des désinfectants vis-à-vis de ces dépendances, qui, pour être parfois luxueuses, sonl moins délicatement constituées que les pièces mêmes et plus compromises par les souillures.
Les meubles. — Il est de règle que les meubles et ustensiles qui se trouvent dans la chambre d’un contagieux au moment de son décès n’en sortent pas avant l’arrivée des désinfecteurs. S’il fallait qu'il en fût autrement pour quelques-uns d entre eux, aucun de ces objets ne devrait être remis en service avant d’avoir été désinfecté régulièrement.
Beaucoup d ustensiles en verre, en porcelaine, etc., sont absolument susceptibles de la désinfection à 1 eau bouillante, additionnée de carbonate de soude, s'il y a lieu
Les lapis, tentures en étoiles, rideaux de lit ou de fenetre, sont enlevés, empaquetés de lamême manière que la literie, et portés à 1 étuve. Les fourrures, les objets en cuir ou en caoutchouc qui ne supportent pas 1 étuve, sont lavés à la solution phénique faible, à la solution de sublimé ou même simplement exposés à l’action du pulvérisateur chargé de cette solution.
La désinfection des meubles élégants et de valeur n’est pas sans quelque difficulté. En général, il faut chercher à abréger la durée de l’action des désinfectants a leur surlace, en la remplaçantpar une certaine énergie mécanique. Ainsi, l'on frictionne les meubles polis ou sculptés avec le chiffon mou trempé dans la solution désinfectante, mais dont on a exprimé par pression entre les mains l’excès de liquide ; ou bien, pour pénétrer dans les creux, avec un pinceau armé d’une façon analogue. On essuie sans retard avec un chilien sec. Les tableaux qui consistent en peinture à 1 huile supportent la solution phénique à 2 0/0, employée comme il vient d'élre dit. Pour d’autres, il faut se contenter d’un essuyage à sec, aussi exact que possible. Il en est de même des livres et de beaucoup d’objets d’art. Nous croyons, toutefois, qu’il est assez rare qu’on ne puisse recourir à l’égard de ces derniers aux solutions savonneuses chaudes, qui sont essentiellement inofTensives. Il serait bon, la plupart du temps, de préparer par un lavage de ce genre les -objets à Faction de la solution désinfectante, qui, étant plus immédiate, pourrait être plus courte.
Les bronzes, cuivres, aciers, les glaces et même les dorures, admettent la friction avec le chiffon humecté d’acide phénique à 2 0/0, ou de sublimé à 1 p. 1.000, à la condition d’être ensuite rapidement essuyés à sec.
Il peut se trouver, dans les locaux à désinfecter, des objets de peu de valeur et néanmoins très suspects. Tels sont les jouets d’enfants ayant appartenu à un petit malade contagieux et que l’on a, souvent, gardés
dans sa chambre, si même on ne les lui a donnés dans son lit. Mieux vaut incinérer simplement ces jouets, que de tenter une désinfection difficile et aléatoire. Les jouets de quelque prix seront traités comme les objets d’art, et aussi toutes ces pièces, dites « bibelots », dont on encombre aujourd’hui les appartements et auxquelles leur propriétaire, à tort ou à raison, est profondément attaché.
On met également au feu les chiffons qui ont servi à la désinfection, les poussières recueillies des parois ou du plancher, et certains linges ou vêtements tout àlail hors de service, qui ne valent pas le travail nécessaire pour les purifier. L’incinération peut se faire dans un poêle ordinaire ou dans un fourneau de cuisine, où l’on aura soin de ne pas préparer en même temps des aliments. La paille de couchage semble ne pouvoir être incinérée qu’au dehors.
Unt/e, vêtements , literie. — Tout le linge qui a séjourné dans la chambre du malade, propre ou non, doit être désinfecté. Le linge propre peut passer par 1 etuve ; le linge sale peut être traité par une solution désinfectante, a chaud. Comme il n’y a rien de mieux a cet égard, qu une bonne lessive bouillante, à la potasse, à la soude, ou au carbonate de l’une ou de l’autre, d’une action un peu prolongée, il est clair que I etuve n’est pas nécessaire ici et que la plupart des ménagés pourraient se charger de désinfecter euxmemes tout leur linge ; celui qui est propre serait seulement lavé à part, dans une lessive moins éner gique. Mais il est assez rare que l’on puisse compter entièrement sur les particuliers. Notre avis est que' le tnge doi t entrer aussi dans la désinfection publique soit que les désinfecteurs municipaux le traitent sur place dans un « trompeur » du genre de celui qui a été i écrit page I W . soit qu'ils le transportent à l’établissement q^itral pour le faire participera un lessivage en grand ou le mettre à l’étuve. 6
Tous ceux des vêtements qui ne se prêtent pas bien au lavage désinfectant, les matelas, couvertures, lits de plume, oreillers, édredons, la partie rembourrée de certains meubles, sortie de son cadre en bois, les tapis, les tentures de laine ou de soie, les étoffes diverses, sont enlevés avec la précaution de ne pas les secouer, enveloppés dans des toiles humectées de solution phéniquée et portés à l’étuve locomobile ou chargés sur les voitures spéciales qui les transporteront à la station de désinfection. Tous ces effets sont justiciables de la vapeur saturée.
Produits pathologiques. — Les selles, la matière des vomissements, les crachats, T urine des contagieux, ont dû être l’objet, pendant tout le temps de la maladie, de désinfections successives et immédiates (solutions phéniquées, lysol, passage des crachoirs et autres récipients par l’eau alcaline bouillante), et n arriver dans les fosses d’aisance ou à l’égout (pie dans un état inoffensif. Il est, néanmoins, nécessaire, au moment de la séance de désinfection générale, de revoir tous les récipients qui ont pu contenir des excrétions et de les traiter en conséquence de ce qui s’y trouve. Il est indispensable de brasser, avec les déjections ou excrétions, le désinfectant employé.
Fosses d’aisance. Egouts de maison. Vidoirs. — C’est dire qu’il faut désinfecter les vidoirs. plombs, tuyaux de chute, fosses d’aisance, encore que, théoriquement, il n’ait pas dû y passer ou y arriver de matières non désinfectées. Les solutions d acide phénique, la créoline, trouvent leur application à l égard des cuvettes, des vidoirs, et de toute la petite canalisation de la maison. Le lait de chaux, très sûr et peu coûteux, est tout indiqué pour les matières des fosses.
Au Havre, pendant l'épidémie de choléra de 1H92, on a désinfecté les plombs , existant la plupart du temps à chaque étage, les ruisseaux de rue au devant de chaque propriété, et lavé à la lance, de concert avec
le service des pompiers, les Luyaux de descente, toitures, gouttières des cours, ainsi que du sol. Nous sommes loin de trouver que ce soit du luxe.
Cadavres. — Les cadavres ne font pas partie des choses dont se préoccupe le service de la désinfection publique. Cependant, il est rationnel de rappeler ici que, par décision administrative, les morts sont, à Berlin, enveloppés d’un suaire trempé dans lasolution phéniquée à 5 0/0 ; à Paris, enlourés dans leur cercueil, de sciure de bois imbibée de la même solution, avant d’être transportés au dépôt mortuaire ou au cimetière.
2° Outillage spécial. — Une première catégorie d’ustensiles et d’instruments ou appareils, comprend ceux qui sont nécessaires aux ouvriers de la désinfection pour accomplir leur œuvre et se protéger euxmêmes. Merke 1 en a établi une longue nomenclature que nous pensons pouvoir reproduire, au moins à titre de renseignement.
Appanils et objets nécessaires à la désinfection (Merke,
Berlin).
1. Un cotfre en tôle émaillée, à parois de lmm 1/2 d’épaisseur, pour le transport des objets compris sous les nos 1 à 19 et 21, 22, 23, 34;
2. Un balai de crin, pour nettoyer le plafond et le plancher :
3. Un petit balai à main pour enlever la poussière sous tes meubles, etc. ;