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La désignation de la maladie qui exige la désinfection

4. Le nombre des chambres à désinfecter, en indiquant si elles sont tapissées, peintes à l'huile on en détrempe, si les planchers sont recouverts de parquets ou d’un autre revêtement.

On ne tiendra pas compte des notifications qui ne satisferaient pas à ces exigences.

Pour que la désinfection puisse encore avoir lieu le lendemain, il faut que la notification parvienne avant 4 heures au bureau de l’établissement de la Heichenbergerstrasse,ü6.

En suite de la notification, les désinfecteurs arrivent dans le logement à désinfecter et, avant d’agir sur les locaux, réunissent en ballots tous les objets mobiles susceptibles de passer par les appareils à courant de vapeur, qu’ils font transporter à l’établissement de désinfection par les voilures spéciales. La désinfection du logement terminée, ces objets, qui ont été dans l’intervalle désinfectés à l’établissement, sont ramenés à la maison. C’est l’établissement de désinfection qui fixe le moment où les opérations commenceront et celui où les objets mobiles y seront amenés. En général, c’est entre 8 h. du matin et 2 h. du soir. La x é tri- Lu t i o n pour l'exécution de la désinfection sera acquittée d’après les tarifs énoncés ci-après et dans les conditions exprimées à la suite.

Dans les cas de maladie ou de mort, déterminés ci-dessus, et dans lesquels la désinfection doit avoir lieu, soit sans restriction, soit après la décision de la préfecture de police, l’établissement n° 1 est tenu de l’exécuter, mais seulement dans les limites déterminées ci-dessus, c’est-à-dire qu’en

général la désinfection de l’habitation se borne à celle de la chambre du malade.

Dans les autres cas de maladies contagieuses, non exprimés plus haut, les effets de vêtement, le linge, la literie, les tapis, coussins, meubles rembourrés, fourrures, objets en cuir, etc., peuvent être, comme auparavant, soumis à la désinfection dans l'établissement municipal. Les prescriptions qui précèdent, à l’égard de la désinfection aussi bien que de l’enlèvement des objets de l'habitation, sont applicables à ces cas. Pour des raisons d’hygiène, les intéressés gagnent à s’abstenir de transporter eux-mêmes les objets infectés. Le retour à la maison des objets désinfectés doit toujours, sans aucune exception, avoir lieu par le moyen des voilures de l’établissement municipal. Il n’en résulte pas de frais particuliers. La rétribution se règle d’après les mêmes principes que pour les cas obligatoires. La désinfection des pièces habitées et des objets sera exécutée avec le plus grand soin et toutes les précautions possibles; mais l’administration ne garantit pas qu’il n’y aura absolument aucune dégradation.

En raison du grand intérêt qu’ont tous les citoyens à ce que la désinfection soit convenablement exécutée, nous croyons pouvoir exprimer notre espoir que les chefs de ménage intéressés, aussi bien que les propriétaires de maisons, viendront en aide de tout leur pouvoir aux agents municipaux chargés d'opérer la désinfection ou de la surveiller; — lesquels devront, à toute réquisition, justifier de leur qualité par la production de leur carte; — cette aide pourra consister surtout à prêter des ustensiles nécessaires à la désinfection, échelles, seaux, etc.

Tarifs des rétributions à payer pour la désinfection des logements et des objets transportables, effectuée par les établissements municipaux.

b La rétribution, pour jla désinfection de locaux habités ainsi que pour celle des objets transportables qui s’y trouvent, est de 1 marc par heure de travail de chaque personne employée à cette désinfection. Le calcul se fait par quarts d'heure. 11 est dû, en outre et dans tous les cas, i marc pour le transport et le retour du matériel et des appareils de désinfection ainsi que pour les préparatifs de l’opération.

II. I.a rétribution pour la désinfection des objets transportables dans les établissements municipaux de désinfection est fixée :

a) à 4 marcs par mètre cube d’espace occupé dans les appar eils à désinfection pour les objets désinfectés au courant de vapeur. Le calcul se fait par dixièmes de mètre cube; il n’est jamais dû moins de 2 marcs.

b) à 1 marc pour chaque heure de travail d’une personne pour )es objets désinfectés au moyen des agents chimiques; dans aucun cas, il ne sera dû moins de 50 pfennings. Le temps se décompte par quarts d'heure.

Dans les tari Is I et II sont compris les frais de l’établissement en matériaux de désinfection aussi bien que ceux du transport des objets, de la maison à 1 établissement, aller et retour.

III. Dans le cas où la désinfection des locaux et des objets mobiles aurait été décidée, mais où, pour une r aison ou une autre. I exécution immédiate de l’opération, l'empaquetage et l’enlèvement des objets à transportera l’établissement de désinfection, n’auraient pas été rend us possibles aux désinfecteurs arrivés dans ce but, il seradû 10 marcs pour la préparation et la réintégration du matériel resté sans emploi, pour 1 aller et le retour de la voiture, aussi bien que pour le temps dépensé en allées et venues inutiles par les désinfectenrs.

La rétribution sera touchée dans les jours les plus prochains après la désinfection par un employé qui présenlera la note acquittée. Le remboursement par termes sera admis, dans certains cas, sur la demande écrite du débiteur.

Sera exempté du paiement de la taxe quiconque, dans ce but, pourra présenter à l’établissement de désinfection un certificat de l'adminislraleur du canton ou du Président de la Commission des pauvres du quartier qu’il habile. Ce certificat peut être remis après l’exécution de la désinfection. Il est délivré quand l’intéressé occupe un logement d'une valeur locative qui peut aller jusqu'à 300 marcs, ou qu'il est inscrit dans la liste des moins imposés ou que, par suite de malheurs (maladies, mort, etc.), il n’est pas en situation de payer. Cette remise de la rétribution s'applique également à la désinfection des effets. Elle n’a pas le caractère d’assistance des pauvresaux frais des caisses publiques.

Le Magistrat de la capitale et résidence royale.

La désinfection n’est donc pas gratuite, à Berlin. Le chiffre des opérations qui s’y exécutent est, cependant, assez élevé. Au témoignage de M. Merke, du 4 août au 31 décembre 1890, il y avait eu 1.854 notifications de désinfections à exécuter. Le nombre des pièces à désinfecter avait été de 3.054, dont 1.995 chambres, 81 cabinets, 978 cuisines, corridors ou cabinets d’aisance. Ce chiffre variait, du reste, de 4 à 03 par jour. Dans le même espace de temps, 3.950m37 d’effets appartenant à 3.192 propriétaires avaient été livrés à l’étuve à vapeur. Si l’on suppose que l’activité du service est la même pendant toute l’année que pendant ces cinq mois, il sera difficile de ne pas soupçonner que Berlin l’emporte sur Paris à cet égard.

Un certain nombre de villes d’Allemagne ont imité Berlin, au moins pour ce qui concerne les prescriptions de police sanitaire. Nous ne connaissons de ce fonctionnement que ce que Gaffky1 en a rapporté pour la province de Düsseldorf. Dans cette province, qui renferme de grandes et de petites villes et des localités rurales, la désinfection est obligatoire dans le cas de choléra, de scarlatine, de diphtérie, de variole, de typhus tacheté ou récurrent, de fièvre puerpérale, de morve, de charbon, de maladie vermineuse ; elle est recommandée en cas de fièvre typhoïde, dysenterie, rougeole et roséole, coqueluche, phtisie pulmonaire ou intestinale, pneumonie, rage chez l’homme et maladies contagieuses des yeux.

Une enquête sur la façon dont les diverses localités répondent à ces dispositions a donné des résultats très divers. DanslecercledeBarmen,depuislesprescriptions nouvelles, il s’est présenté environ 2.000 cas de maladies rentrant dans les prévisions administratives ; dans la plupart des cas, les médecins traitants ont fait la

1. Désinfection von Wohnnngen ( Rericht üher die XVI. Versammlung des deutic'ien Vereinsfür Offentliche Gesundlieitsp/lege zic Braunschweig. September 1890).

désinfection; 83 maisons seulement ont été désinfectées par les soins de l’administration. A Crefeld, on a connu 750 cas d’affections du premier groupe, 1.548 du second ; la désinfection y aurait toujours été exécutée régulièrement. Dans le cercle de Duisbourg, on se conformerait exactement aux prescriptions. Le cercle d’Elberfeld compte 1.241 malades du premier groupe, 1.201 du second (dont 178 fièvres typhoïdes) ; on leur a toujours appliqué les arrêtés, saris parler de 1.113 cas de rougeole dont 282 ont donné lieu ilia désinfection. Essen est dans le même cas. Munich-Gladbad fait connaître qu’à l’occasion d'une épidémie de variole en 1800, 00 pièces ont été désinfectées en 55 maisons. — Les 17 autres cercles de la province, plus ou moins constitués de localités rurales, ont fourni des renseignements moins précis et moins favorables. Un seul d’entre eux fait connaître que la désinfection s’exécute aussi bien dans les cas où elle n’est que recommandée que dans ceux où elle est obligatoire; un autre estime que la désinfection a lieu pour les deux tiers des cas des maladies portées sur la liste de l’administration; un troisième répond à l'enquête que la désinfection est exécutée autant que possible, quand avis est donné de l’existence d’une maladie contagieuse. Ailleurs, la mesure est laissée à l'initiative des médecins traitants. Certains cercles reconnaissent qu’elle n’est appliquée que dans un très petit nombre de cas. Un dernier a même affirmé n’avoir pas eu, sur ses 37,000 habitants, de maladie épidémique depuis 1872. Il est vrai que, dans la plupart de ces arrondissements, ou se plaint que la désinfection ne soit pas confiée à un personnel relevant de l’administration et aux frais publics. Les villes de Barmen, Crefeld, Elberfeld, Munich-Gladbad, ont seules des désinfecteurs dressés et n’en ont qu’un chacune. En général, on ne tient pas la main à ce que les employés de la désinfection aient un vêtement de travail ne servant qu'à cet usage. Les opérations ne

sont sérieusement contrôlées qu’à Elberfeld. Cette ville désinfecte aussi les effets des particuliers à l’étuve de l’hôpital et a une voiture spéciale pour le transport des effets infectés. Düsseldorf a trois étuves ; mais les particuliers n’y vont guère, à cause du prix élevé de la désinfection.

Finalement, les villes qui dépensent le plus pour le service de la désinfection, sont Elberfeld et Munich- Gladbad, à qui cela ne coûte pas plus de 750 marcs (937 fr. 50) par an.

Nous terminons ces renseignements sur la désinfection à l’étranger par la reproduction du règlement relatif à ce service dans la ville de Francfort-s. -M., où la désinfection n’est pas obligatoire, mais où elle est fortement recommandée par l’arrêté du préfet de police et du Magistrat municipal en date du 15 janvier 1890.

Avis du Magistrat de Francfort-s. -M., du 16 dècemb. 1890, concernant le fonctionnement de l'établissement de désinfection de cette ville.

§ 1. L’établissement municipal de désinfection annexé à l’hôpital municipal est placé sous la haute surveillance du Bureau des pauvres. La direction en est confiée au directeur de l’hôpital.

Dans cet établissement, seront désinfectés les vêtements, la literie, les objets mobiliers, etc., qui auront été en contact avec des malades contagieux. L’établissement se charge aussi de faire désinfecter les logements par ses employés, dressés à ce travail.

§ 2. La désinfection des objets amenés à l’établissement se fait au moyen de la vapeur dans les appareils du dit établissement. Les meubles en bois ou tout autre objet qui ne supporte pas la désinfection à la vapeur, tel que les fourrures, le cuir, les objets en caoutchouc ou en feutre, sont traités par des liquides désinfectants.

La désinfection des logements s’exécute selon les prescriptions de la récente instruction pour les désinfecteurs, ar le traitement avec des liquides désinfectants ou la friction des parois au moyen de pain.

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