LES ODEURS ET LES GAZ TOXIQUES
J’ai constaté en visitant le dépôt contrôlé de Saint- Escobille que les mauvaises odeurs ne sont décelables que sur le front de décharge, les ordures étant recouvertes d’une couche de terre au fur et à mesure de leur avancement, le dégagement des odeurs est arrêté en grande partie par la couverture de terre.
L'étude des fermentations nous a montré que parmi les gaz qui s’échappent du milieu, l’azote, gaz non toxique, se combine à l'hydrogène pour donner de lammoniac. NH° s’oxyde en présence de Pair pour donner des nitrites puis des nitrates.
On trouve également le méthane, mais il n’est pas
toxique. Ïl n’en n’est pas de même des gaz qui se
forment quand il y a putréfaction des matières organiques, d’origine animales ou végétales, quand l’oxygène n'arrive plus il se forme de lhydrogène sulfureux très toxique ainsi que de l'hydrogène phosphoré, du protoxyde d'azote et de l'azote. Si l'hydrogène sulfureux est très toxique, il est facilement décelable par son odeur malodorante, il n’offre aucun danger pour ces dépôts établis en plein air. Quant à l’oxyde de carbone, gaz également toxique et beaucoup plus dangereux que FPS puisqu'il est inodore, il n’existe
qu'en pelite quantité, de plus l'épaisseur de la cou-
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verture de terre est un obstacle à la diffusion massive de ces gaz.
L’acide carbonique (CO?) y est représenté en de très fortes proportions d’après M. Partridge; l’intérieur du dépôt peut avoir une teneur en acide carbonique de 25 à 30 %, il convient de noter qu’une grosse partie du CO* retiendra l’ammoniaque fournie sous forme de carbonate d’ammonium, tandis que l’autre partie diffusera lentement à travers la couverture.
Nous avons vu au début de cette étude que les dépôts simples, si nombreux dans notre pays, tenterons toujours les municipalités, parce que ce procédé est ‘le moins onéreux de tous.
1 faut proscrire ces dépotoirs écœurants où le vent a vite fait de chasser au loin poussières et papiers, ces refuges où les rats trouvent leur nourriture et se multiplient rapidement, où pullulent les mouches.
Unc question se pose, les dépôts contrôlés ne présentent-ils pas de tels inconvénients?
Les principes énoncés plus haut étant rigoureusement observés, les gadoues étant recouvertes dans les vingt-quatre heures d’une couche de terre suffisante, le développement des larves de mouches devient presque impossible, mais il faut bien reconnaître qu’il est très difficile d'obtenir une couverture absolument étanche, car celle-ci sera forcément arrachée à certains endroïts soit par le passage des camions collecteurs, des ouvriers ou par l’eau de pluie; cette couverture devra donc être surveillée étroitement, une nouvelle couche de terre devra être
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étendue immédiatement dès qu’une solution de con-.
finuilé sera constatée; au cas où les mouches se développeraient, les ordures ménagères étant déchargées, il conviendrait de détruire les larves de mou- &hes en aspergeant le milieu d’un liquide insecticide, au moyen d’un appareil pulvérisateur.
Un autre problème se pose : celui de la destruction des rats pouvant envahir ces dépôts. En effet, «’il est exact que la couverture, les débris coupants de porcelaine et de verre comprimés dans ce dépôt compact dont la température atteint 75°, sont autant d'obstacles qui s'opposent à la pénétration de ces animaux, on est bien obligé d’avouer que ces remarques sont justes et s'appliquent aux couches en voie de fermentation. Nous avons vu qu’il faut environ dix à douze mois pour que la désintégration des matières organiques soil complète en supposant que tout se passe dans les conditions prévues. Vers le septième ou le huitième mois, la température de la masse aura considérablement baissé, dès lors l’envahissement du dépôt par les rats devient possible, mais ils ne trouveront plus dans ce milieu, ayart déjà subi presque en totalité le phénomène de désintégration, leur nourriture quotidienne.
Les rats ne seront d’ailleurs pas les seuls animaux à profiter en hiver d’une température aussi douce. Nous avons pu constater au dépôt contrôlé de Saint- Escobille que quelques rusés lapins ont résolu de façon élégante ce problème du chauffage et celui combien plus délicat en cette saison d'échapper à la tyrannie de nos Nemrods.
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Mais si nos lapins jouissent de l’immunité des service d'hygiène, c’est aux rats qu’il faut faire la chasse, le personnel ouvrier nous a affirmé que jamais il n'en voyait s'enfuir sur ce terrain, mais au cas où ceux-ci envahiraient le dépôt, il faudrait les détruire avec tous les moyens que nous possédons, soit que l'on ait recours aux moyens techniques, pâtes à base de phosphore, soit aux animaux (chats ou chiens ratiers). |
Ne pourrait-on pas clore ces dépôts de grillage suffisamment robustes et profonds pour empêcher la venue des rats?