‹ La Destruction des Ordures Ménagères par la Méthode du Dépôt Contrôlé (volume 2)Chapitre 8 sur 23 · CAGE · texte numérisé non relu

CAGE

L'analyse des 232 kilos de liquide pyroligneux donne :

11 kilos 600 de goudron.

6 kilos 480 d’acétate de chaux à 80 %.

6 kilos 300 de sulfate d’ammonium.

4 litres 64 centilitres d’alcool méthylique.

Le charbon de bois que l’on retrouve en quantité importante, est séparé par flottage des résidus non combustibles. Une partie de ce charbon est utilisée pour chauffer les fours de carbonisation, l’auteur de ce procédé préconise d’ailleurs une solution fort élégante pour lutilisation de ce charbon, faisant remarquer que les camions automobiles fonctionnant au moyen de gazogènes à charbon de bois sont actuellement tout à fait au point, il préconise l’emploi de tels camions; naturellement, les bennes automobiles devreient utiliser ce charbon comme carburant à la place de l’essence qui coûte fort cher.

À noire connaissance, une usine fonctionne depuis plusieurs années, à Dison, en Belgique, sans que celleci ait créé le moindre inconvénient pour la population; de multiples rapports signés du bourgmestre de la ville certifient que l'usine ne dégage ni odeurs, ni poussières, ni fumées.

Une usine de carbonisation a été construite aux environs de Nice, nous croyons qu’elle est actuellement la seule construite en France. L’avenir mon-

trera ce que vaut exactement ce procédé si séduisant.

Procédé Beccari, Les dépôts controlés :

Le procédé de la décharge contrôlée est basé sur les mêmes principes que ceux mis en application dans la destruction des gadoues par fermentation dans les cellules inventées par le professeur italien Beccari.

Avant d'étudier ces différents procédés, observons quelles transformations subit un tas d’ordures:

Deherain, en 1884, constatait qu’un tas de fumier n’a pas une température égale dans toutes ses couches. La couche supérieure est chaude 70° environ, la couche inférieure présente une température moins élevée de l’ordre de 25°, ceci tient à ce que deux grands phénomènes interviennent dans la désintégration des matières organiques d’un tas de fumier ou de gadoues.

— La fermentation aérobie dans la couche supérieure.

— La fermentation anaérobie dans la couche inférieure.

La fermentation aérobie ou Eremacausis est une réaction oxydante avec forte élévation de tempé-

RCE

rature 70° environ: comme nous l'avons vu plus haut, cette combustion lente met en liberté de l’anhydride carbonique, de l’ammoniaque et de la vapeur d’eau.

Woliny et Schloesing ont montré les conditions nécessaires à ces phénomènes d’oxydation, car il faut que la température soit suffisamment élevée.

Optimum 80°.

Minimum 35°.

— Que le degré d'humidité du milieu soit suffisant.

— Que l'air qui pénètre dans le milieu soit assez abondant por arrêter la fermentation anaérobie.

Les matières albuminoïdes comprises dans les résidus urbains sont représentées par des matières anormales: restes dé viandes crus et cuits, poissons, tissus de laine, peaux, débris d'animaux; par des matières végétales: fragments de légumes, fruits, crus et cuits.

Les germes aérobies préexistent sur ces matières, en présence d'oxygène, elles se transforment en ammoniaque; là ne s'arrête pas l’oxydation, car NHë se transforme en nitrites puis en nitrates.

Les microbes utilisent le carbone contenu dans les matières organiques et l'oxygène de l’air pour se procurer l’énergie nécessaire à leur vie avec formation de CO, c’est un phénomène comparable à la respiration avec élévation de température, l'hydrogène donne de l'eau.

Les débris végétaux sont formés de matières ternaires (hydrate de carbone), associées aux matières quaternaires (albuminoïdes).

Hydrates de carbone.

Entrent dans la composition des hydrates de car- . bone, les graisses, les sucres, la cellulose.

Les sucres réducteurs sont facilement oxydables, leur combustion donne

du CO? + HO.

Les graisses subissent une saponification avec formation de glycérine et d'acides gras. La glycérine devient la proie des germes aérobies, les acides gras s’oxydent à leur tour. L’acide oxyoléique provenant de l'oxydation de l’acide oléique se combine à l’ammoniaque pour donner l’oxyoléate d’ammonium, sous l’action des bactéries il s’oxydera à son tour.

L'arrivée de l’eau influe sur la marche de ces transfarmations, un peu d’eau accélère la décomposition en véhiculant les germes aérobies qui se répandent ainsi dans la masse d’ordures formant des nouveaux foyers de fermentation; d'autre part, nous avons vu qu'une certaine humidité est nécessaire à leur déve-

loppement.

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