IMMERSION DES IMMONDICES
Dès que la nécessité d’évacuer les ordures des villes a commencé à se faire sentir, les villes situées sur les bords de la mer y jetèrent les résidus urbains, l’avantage de cette solution est qu’elle peut se pratiquer sans triage préalable, elle est de plus d’un prix de revient très bon marché.
Le Conseil supérieur d'hygiène a eu à examiner des projets d’assainissements présentés par des villes maritimes comportant l’immersion des immondices; cette pratique a été admise à condition toutefois qu'une étude des courants marins aurait démontré que les matières jetées à la mer ne seraient pas rejetées au rivage : en effet, les gadoues avaient tôt fait de revenir au rivage, même lorsque l’on eut recours au bottelage (on fit des balles de gadoues compressées fortement à la presse hydraulique et ligaturées par des fils de fer, ces balles de gadoues étaient transportées à plusieurs kilomètres des côtes; les fils de fer corrodés par l’eau de mer, les gadoues revinrent à la côte).
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Ce procédé fut pratiqué par plusieurs villes de
l'Amérique, en Angleterre : à Liverpool, deux stea- iners déversaient journellement les. ordures dans Ja %
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Marseille abandonne cette solution trop simple en. 1880, pour en adopter une autre, non moins mau- À vaise, celle de les HASDOTIeR vers Le plaines de am
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DEPOTS DE GADOUES
A l’intérieur, les villes eurent recours aux dépôts : de gadoues, cette mise en dépôt a toujours été le procédé préféré des municipalités, en France comme à l'étranger : à Rome, c’est au Monte Testaccio, en France, à Paris, la Butte Saint-Roch qui disparut lors du percement de l’avenue de l'Opéra.
De nos jours encore comme aux temps préhistoriques, la campagne parisienne est parsemée de tas d'ordures, malodorants, inesthétiques.
Relisons à ce sujet les notes de Georges Duhamel (Querelles de famille), prises au cours d’une promenade à travers bois :
« Le bois pourrait me consoler, il est jeune, il est < en sa fleur, il rit de toutes les sèves comme au < commencement de l’univers. Le bel espoir! L’ordu- « re est partout et je dis bien l’ordure industrielle. La « bouse, au moins, sèche et retourne au sol. Les « charognes cèdent en une saison au travail de la ver- < mine, mais l’ordure du xx° siècle est une ordure de « bonne qualité, elle représente sans doute le monu- < ment le plus durable du génie contemporain. On
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la dirait vivante et volontaire, elle s’empare avec audace de tous les points stratégiques, un petit got un fossé, une ancienne carrière, une masure à l’abandon, une fondrière, un ravin, toute place est bonne, toute place est prise et le siècle y met bas une portée de boîtes de sardines, cette colonie ne tarde pas à prospérer. Les boîtes de sardines, à prodige, engendrent des vases de nuit, des ampoules électriques, des latrines à pédales. » « Patience, les promeneurs! vous ne pourrez bientôt plus vous reposer sur le gazon des clairières sans avoir, au préalable, épluché méticuleusement la place de votre arrière-train. »
« Amoureuses de jadis, vous redoutiez les fourmis! c’est des vieux vilbrequins ou des aiguilles à matelas que vos filles se méfieront avant de rouler dans l’herbe. »
« Les tas d’ordures s’étalent comme les taches d’une maladie, ils s’appellent, ils se cherchent à travers les buissons comme les oiseaux au printemps. »
En effet, de tels tas d’ordures ne devraient plus
exister, ni être tolérés, ‘cette pratique étant contraire aux lois de l'hygiène au plus haut point. D'ailleurs, pour les grandes villes, Paris en particulier, vit croître chaque jour la masse de ses résidus urbains, il fallut trouver d’autres moyens de s’en débarrasser,
c’est dans cet ordre d’idée que les ingénieurs ont été
amenés à construire une usine d’incinération de gadoues en 1900. AT
L’INCINERATION
Le procédé avec dispositif à feu continu est de beaucoup le plus employé, ce dispositif est le système « Bréchot ». Chaque usine d’incinération comprend :
Le four incinérateur où les gadoues sont déversées et où elles brûlent sans addition d’aucun combustible étranger, car, elles sont, d’elles-mêmes, assez combustibles, mais l’ordure ménagère manque d’homogénéité, ce qui rend sa combustion plus difficile, celle-ci étant incomplète il résulte que les premières usines d’incinération répandaient au voisinage une odeur infecte dont ne cessaient de se plaindre avec juste raison tous les habitants du voisinage, plaintes d'autant plus justifiées que les gaz de combustion renferment en assez forte proportion de l’anhydride surfureux, gaz dangereux pour les êtres vivants.
Nos ingénieurs sont arrivés à supprimer en grande partie les poussières et les mauvaises odeurs que produisaient les premières usines.
Le procédé utilisé est le suivant
On insuffle de l’air chaud sous les cellules, grâce a ce nouvel apport la combustion des ordures ménasères est complète et l’on peut dire que les fumées qui s’échappent des cheminées sont beaucoup moins
riches en poussières et en gaz toxiques que Ja plupart des usines de notre banlieue parisienne qui, souvent, vomissent des nuages de fumée noire à la satisfaction des habitants du voisinage, puisqu'il ne s’agit pas d’une usine d’incinération.
Il existe maintenant des dépoussiéreurs pouvant donner toute satisfaction aux usines d’incinération, soit qu’il s'agisse de dépoussiéreurs électriques, centrifuges ou de dépoussiéreurs humides qui ont le gros avantage d’absorber en grande partie les gaz toxiques, en particulier Panhydride sulfureux.
La ville de Paris, actuellement, utilise le procédé d’incinération pour se débarrasser de la presque totalité de ses ordures, elle a fait construire quatre usines très importantes et bien installées, ce sont : Romainville, Issy-les-Moulineaux, Ivry et Saint-Ouen.
Un progrès important a été réalisé dans ces usines: les ordures ne sont plus ni chiffonnées ni triées par des ouvriers qui risquaient de se blesser en manipulant toute cette matière septique. Les ordures sont déversées dans des fosses formant galeries étanches, par les bennes automobiles.
Ces fosses sont isolées de l’extérieur par un rideau métallique; une benne preneuse manœuvrée à distance par un mécanicien, lui-même isolé de la fosse par un panneau vitré, déverse la gadoue directement dans les fours où celle-ci est détruite, grâce à une forte production de: chaleur 1.200 à 1.300° environ : cette source d'énergie sera d’ailleurs utilisée comme
nous le verrons plus loin.