‹ La Destruction des PouxChapitre 6 sur 23 · I. Les diptères transmettent en général la Filariose · texte numérisé non relu

I. Les diptères transmettent en général la Filariose

les Trypanosomiases,

le Paludisme.

la fièvre .des Papatacei,

la/hèvre Jaune "\0 es ARE la Péste, |

et quantités de maladies vétérinaires.

IT. Les acariens $ont les agents vecteurs de cer-taines variétés de fièvre récurrente, et de la fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses.

IT. Les Hémiptères peuvent inoculer :

la Fièvre récurrente.

le Typhus exanthématique, peut-être même la variole, la tuberculose. -

On ne peut s'empêcher d’être impressionné devant ce réquisitoire même très incomplet, d'autant plus que certaines maladies semblent bien avoir un hôte intermédiaire encore inconnu : par exemple le Kala-

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Azar, le Bouton d'Orient, la Lèpre. — Doit-on oser songer au cancer? L'avenir le dira peut-être,

Enfin Schaudinn a donné à la question toute son ampleur en constatant que chez le moustique, le Spirochæta Ziemanni, finit par se diviser en individus Si petits, que ceux-ci peuvent traverser les bougies de porcelaine. Cette constatation éclaire d'un jour

- singulier la question des virus-filtrants.

Beaucoup de maladies sont en effet dues à ce que lon appelle des virus-filtrants. Si l'on admet que ces virus-filtrants sont des protozoaires et qu'ils ont besoin de passer par un ou plusieurs hôtes intermédiaires à un moment de leur évolution, on voit les conséquences énormes qui peuvent découler de cette hypothèse au point de vue spéculatif comme au point de vue

-prophyläctique et thérapeutique.

Au reste il n'y a pas là une simple vue de l'esprit : l'histoire de la pathogénie de la fièvre jaune le prouve. Qui sait méme si la maladie de Heine-Médin. si la paralysie spinale de l'enfant et de l'adulte ne rentrent pas dans le cadre qui nous occupe. Noguchi a dénoncé dans le liquide céphalo-rachidien des malades atteints de ces affections, la présence de corpuscules ronds qui seraient des protozoaires. Ces corpuscules sont d'autant plus suspects que ces maladies ont semblé coïncider avec une épizootie des oiseaux de basse-cour.

Ces quelques exemples montrent l'intérêt considérable qui s'attache à l’étude et encore plus à la destruction des abominables parasites qui infectent trop

souvent les appartements, les lits, voire même les

vêtements de nombre de ‘nos contemporains. Certes le pou ne trouve plus aujourd'hui comme autrefois,

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une facile pâture sur la personne des grands seigneurs, sur les gens de la classe aisée et même ouvrière. Il est plutôt l'apanage du bas peuple. Le pou 3 déchu! Cependant, au cours de la dernière guerre on eût pu croire un moment qu'il allait reconquérir sa splendeur première. Caché dans les coutures des culottes et des caleçons, embusqué dans les replis des cravates de nos soldats, il a bien souvent, et au premier rang, pris une part indue à des exploits glorieux, à d’héroïques prouesses.

La question du pou s'ést posée pendant toute la campagne, et ceci pour deux raisons : d’abord parce qu'il est un hôte indésirable, ensuite et surtout ie qu'il a un rôle de tout premier plan dans la transmission de trois maladies bien connues :

1° le typhus exanthématique,

2° Ja fièvre récurrente,

3° la fièvre des tranchées.

1°).C’est un peu avant la guerre que Nicolle, Comte

et Conseil ont prouvé que le pou était l’agent de transmission du typhus, maladie que nous ne nous attarderons pas à décrire et dont l’agent pathogène, quoiqu'encore inconnu, doit très vraisemblablement être considéré comme un protozoaire, puisqu'il traverse les filtres. En plus de ce caractère propre aux spirochètes, comme nous venons de le voir, la piqûre du pou ne devient virulente que 8 à 10 jours après qu’il s’est lui-même infecté, ce qui montre bien que le parasite du typhus, tout comme l’hématozoaire du paludisme, doit subir dans le corps du pou une série de transformations qui aboutissent à une forme pouvant être réinoculée à l’homme.

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2°) La fièvre récurrente où typhus récurrent, dûe au Spirochæta recurrentis, est endémique en Macédoine’ et dans les Balkans. Elle est transmise par les poux et les punaises. Dans ce cas particulier, la simple piqûre ne paraît pas Virulente, mais il semble qu'il faille nécessairement mettre en liberté le parasite, par écrasement du pou. Le parasite s’introduirait ensuite soit par des lésions de grattage, soit au niveau

de certaines muqueuses. (Nicolle).

3° La fièvre des tranchées, maladie qui s'est répandue sur toute la longueur du front britannique au cours de l’été et de l’automne, et dont quelques cas ont été signalés en Woëvre. Elle fut commune à deux espèces de gens : les soldats des tranchées et les médecins et infirmiers soignant les malades.

Elle reconnaîtrait pour agent causal un spirochète.

Ce flagellé, comme beaucoup d’autres, parait pou-. voir se résoudre en granulations extrêmement lénues, capables de traverser les filtres.

On en a encore incriminé la contagion par le pou dans les deux maladies suivantes :

Spirochétose ictéro-hémorragique, Fièvre typhoïde.

La spirochétose ictéro-hémorragique ou ictère grave, est due à un spirochète très étudié pendant la guerre, le Spirochæta ictero-hemorragiæ, qui vit chez le rat.

La fièvre typhoïde pourrait être transmise par le pou : Abe a trouvé cet insecte porteur de bacilles typhiques 75 fois sur 100.

Néanmoins la transmission de ces deux maladies par le pou n’est pas chose certaine. ;

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A côté du traitement médical de ces affections, et aussi, Sinon plus important que lui, il faut placer la prophylaxie qui, elle, est uniquement du ressort de la parasitologie.

Nous venons de dire que la prophylaxie devait prendre le pas sur le traitement médical, il y a à cela de multiples raisons.

La première est qu'il vaut beaucoup mieux prévenir une maladie que de la laisser se déclarer, et de lui appliquer une thérapeutique souvent quelque peu 1inopérante. Ceci est surtout important en ce qui concerné le typhus exanthématique, véritable fléau qui a détruit 1/3 de l’armée serbe,-et dont la mortalité peut atteindre le taux dé, 55 9/5. (Garin).

La. seconde est commandée par des motifs d'économie. La raréfaction des malades permet de réaliser une épargne considérable de personnel hospitalier, de temps, de place et de médicaments. Ceci n'est pas à négliger, ‘surtout si l’on considère que les deux typhus, précisément à cause de leur mode de contagion, frappent surtout les armées en campagne qui, vivant dans de mauvaises conditions d'hygiène, fournissent déjà un lourd tribut de malades de toutes catégories.

Comment ferons-nous cette prophylaxie ?

D'abord et avant tout en détruisant par tous les moyens possibles les poux et leurs lentes. « Sublata causa tollitus effectus ».

Cette destruction est à la fois aisée et malaisée.

Aisée en ce que le pou ne vit guère que dans les vêtements, en ce qu'il est rélativement peu mobile, à l'in: verse du moustique, insecte ailé qui se reproduit dans

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des marais ou des flaques d’eau difficiles à aborder ou à dépister. Ve

Malaisée parcequ'on a iei à faire à des hommes qu'on ne peut épouiller de force ou inonder de liquides parasiticides. Cette prophylaxie sera done surtout individuelle, elle nécessitera de la bonne volonté et la compréhension des dangers auxquels les poux exposent ceux qui les hébergent.

Ilest bien évident qu'un certain nombre de parasites échapperont. Il faudra alors empêcher qu’ils puissent piquer les malades atteints de typhus exanthématique ou récurrent.

Plus, encore que Phomme sain, le malade doit être protégé contre les atteintes du pou car celui-ci comme : l’homme ayant ses misères et ses maladies pourra donner à l'homme le typhus et la récurrente.

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