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La destruction des voix et l'enseignement du chant

… De toutes les carrières qui exigent un long apprensage, il en est peu qui exposent plus l'apprenti

a, perte irrémédiable et rapide de son instrument

eh e travail que la carrière lyrique. Il est sans doute OP d ifficile d'évaluer le nombre des aspirants chanteurs œ ui, chaque année, poussés par l'espoir d’un brillant avenir et par un goût souvent encouragé pour triomphes de la scène, abordent l'étude du chant ; ais je pense qu'on ferait vite le compte des quelues voix, sinon remarquables, du moins convebles, que nous fournit l’enseignement officiel ou

AE | | d’en donner une à ceux qui n’en ont pas. Donc, | ti beaucoup d’appelés de ce côté, et nous ne saurions à être surpris qu’il ne sorte pas toujours de cet ensei- #3 gnement privé une forte proportion de voix solides | et bien éduquées ; nous n'avons d'ailleurs aucun 50 moyen d'en établir la statistique. L : AC | Mais il en est tout autrement de l’enseignement # officiel et du Conservatoire. L’impression immédiate 52 est que les coupes sombres y ont l'air d’être réglées, et que la destruction des voix semble révéler une organisation méthodique. Nous savons qu'à l'entrée +} : des cours il est fait un choix et qu’à part quelques Ps exceptions peut-être, les voix admises aux classes ut du Conservatoire sont considérées comme des voix ; d'avenir. Il est certain que, pour les élèves, l'entrée au Conservatoire se présente comme le meilleur pla { cement de leur capital vocal et il est naturel des pérer que les voix vont s’ y fortifier de jour en jour, gagner en puissance, en solidité, en valeur arts tique. | Constatons avec tout le monde qu’il n’en est absolument rien. Les voix semblent y être traitées plus. +3 que militairement, car, moins heureux encore que ces chefs militaires qui, dans les manœuvres, ne perdent le long des routes que le tiers de leur effectif, … certains professeurs, dans l'entraînement forcené. Re; et dangereux des concours, auront perdu la Prés “ges totalité des voix qui leur étaient confiées et ne né sentent plus au concours que quelques voix mon LE tées, artificielles, déplacées et sans avenir. Sai doute, les laryngologistes ont surtout affaire aux estropiés de l’enseignement, et ceux-ci montrent ur e. A f. naturelle tendance à imputer leurs malheurs à leur ON maîtres ; mais il est inadmissible qu’une telle una

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renferme pas une très ÉFRRe so de vraisem- blance.

J'ignore à quel point les lois sur les accidents du travail sont applicables aux malheureux qui voient " ainsi en quelques mois se perdre leur avenir, et | comment se répartissent les responsabilités entre ub te l'imprudence de l’élève et l’incurie du maître, mais à 4 fs Je résultat est navrant. Mes observations ne repo- sent naturellement que sur des on-dit, et sont tirées p de la pratique laryngologique journalière ; mais Fa l'estime de toutes les personnes que j'ai pu con- sulter à cet égard, professeurs, acteurs, chanteurs ue avortés ou arrivés, conforme à mes recherches per- 3 4 sonnelles, me fait admettre avec eux que, sur cent roux de qualité qui entrent au Conservatoire, plus + . la moitié sont brisées en quelques mois, un quart 5 à peine survivra au moment du concours, quelques- unes s’y maintiendront..

M. de: Et parmi les rares voix qui triomphent chaque ES année, combien fourniront une carrière, heureuses si l'exercice libre du chant sur la scène les remet

pen à peu dans la bonne route ?

à oibles qui HET après une première Ali

entrées au Conservatoire, et de rechercher combien . ont pu concourir ; puis, parmi celles-ci, combien ont

«- pu se tenir au théâtre et survivre à l'enseignement,

au malmenage des classes et au surmenage des concours.

Re. enfin, le chant, à part les écarts de virtuosité,

table des produits annuels de cet enseignement, ne

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