AVANT-PROPOS
Ce travail a paru d'abord dans la Revue de Théologie de Strasbourg; il en a été fait ensuite un tirage à part auquel on a bien voulu faire un favorable accueil. Je tiens à remercier en particulier la Revue critique d'Histoire et de Littérature de Paris et le Literarisches Centralblatt de Leipzig, des articles consacrés à mon étude. J'ai soigneusement tenu compte dans cette nouvelle édition des observations qui me sont venues de différents côtés, et j'ai tâché de rendre cet opuscule moins indigne des savants illustres dont j'ai eu le bonheur d'être quelque temps le disciple et qui m'ont fait l'honneur d'en accepter la dédicace. Ainsi, j'ai fait passer dans le texte une partie de mes notes, j'ai considérablement développé quelques points de mon récit, j'en ai rectifié quelques autres; j'ai ajouté une liste aussi complète que possible de la littérature du sujet. Enfin, faisant droit à quelques réclamations bienveillantes, j'ai rapidement esquissé dans l'appendice le sort des protestants de Bohème depuis la guerre de Trente Ans jusqu'à nos jours. J'ai teiiu cependant à conserver à mon travail le caractère qu'il avait tout d'abord et à ne point entrer dans de longs développements pour tout ce qui ne se rattachait pas immédiatement à mon sujet. J'ai voulu retracer le tableau de la destruction du protestantisme en Bohème, et non raconter l'histoire politique des premières années de la guerre de Trente Ans. Il serait certes à désirer que le public français apprît à connaître d'une manière
scientifique et détaillée cette période troublée de Thistoire de l'Europe au XVII* siècle, et peut-être ce souhait se réalisera-t-il un jour. Mais le cadre que je m'étais tracé était infiniment plus modeste et c'est de propos délibéré que j'ai retranché de mon récit les détails uniquement relatifs à l'histoire politique de l'époque.
Je dois confesser ici une lacune qu'on a également signalée dans mon travail. Ignorant la langue tchèque, et sans rapports scientifiques avec la Bohème, j'ai dû me contenter des sources latines, allemandes et italiennes qui se trouvaient à ma portée. Je dois d'ailleurs à M. Louis Léger, de Paris, un de nos rares compatriotes qui aient étudié de plus près la littérature et la langue tchèques, l'assurance qu'il n'y existe point de travail de quelque importance sur mon sujet immédiat. Je suis redevable en outre à sou obligeance de quelques renseignements précieux pour lesquels je le prie d'agréer mes meilleurs remercîments. J'en dois également à mon ami, M. E. Fischer, de Berlin, qui a bien voulu faire pour moi à la bibliothèque de cette ville, quelques extraits d'ouvrages que je ne possédais pas moi-même^ et que je n'ai pu me procurer aux bibliothèques publiques de Strasbourg.
Je souhaite que cette étude, entreprise eu-dehors de tout esprit de parti, contribue à faire mieux connaître en France un des plus saisissants épisodes de l'histoire religieuse du XVII*^ siècle. Sans abdiquer le moins du monde mes convictions personnelles, j'ai ' tâché de laisser uniquement la pjirole aux faits; ils parleront avecplus d'éloquence que tous mes commentaires. Je termine par les paroles du vieux chroniqueur bohème que je m'applique volontiers : ^Et si qua in sequenlibus scripsissem, forte sinistre informa tus : paratus sum, emendare; quia difficile est, non errare.n
Strasbourg, 26 février 1868.