ENGAGEMENTS DE MAVES ET DE NUISEMENT
L'armée reprit donc son mouvement dès le 12 au matin. L'ennemi poussa constamment ses éclaireurs en vue des tirailleurs qui couvraient nos lignes, mais il ne fit nulle part de tentative sérieuse pour les attaquer. Il occupa successivement Mer et les points intermédiaires, ets'avança jusqu'au village de Maves, où une de nos grand'gardes eut à se défendre assez sérieusement. Au centre, le convoi delà 3* division du 17* corps, retardé parce qu'il avait pris un chemin de traverse devenu impraticable, fut assailli auprès du hameau de Nuisement. Déjà une partie de ses voitures était enveloppée et allait tomber au pouvoir de l'ennemi, lorsque les gendarmes attachés au convoi se réunirent et firent bonne contenance jusqu'au moment où deux escadrons de la division de cavalerie purent arriver et les dégager. Le temps était du reste très-mauvais : une pluie torrentielle, qui tombait depuis le matin, avait fait fondre la neige et produit le dégel. Le terrain était partout très-gUssant sur les chemins, le sol trop détrempé pour que les chevaux et les voitures pussent passer dans les champs. Comme fatigue et comme souffrance pour les hommes et pour les animaux, cette journée fut une des plus pénibles de la campagne. Néanmoins la marche put s'effectuer avec assez de régularité, et le soir tous les corps étaient établis exactement sur les positions qui leur avaient été assignées.
Le service télégraphique, dont on ne peut trop faire l'éloge, n'avait replié ses fils qu'au dernier moment, quand des partis ennemis menaçaient déjà ses stations. Ses employés coururent ce jour-là les plus grands dangers, mais tous imitèrent l'énergie et le courage de leur chef, M. l'inspecteur Tamisier. A partir du 12 au matin.