‹ La deuxième armée de la LoireChapitre 155 sur 302 · LIVRE TROISIÈME. — VENDOME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. — VENDOME

« Notre mouvement de retraite d'hier n'ayant pu com- V mencer qu'après avoir replié en deçà du Loir les » troupes qui couvraient Vendôme , fait évacuer la ville et » la gare et sauter les ponts, s'est effectué très-diffici- » lement, harcelé de tous côtés par l'ennemi, qui avait » pu passer la rivière à gué ou au moyen des ponts in- » complètement détruits, sur deux seules routes obstruées » par les convois, et par des chemins défoncés où l'artil- » lerie s'embourbait. Après avoir été défendus autant que » possible, des canons, dont les attelages et les servants » avaient été tués pour la plupart, ont dû être laissés dans » un ravin à l'aile droite; on n'a pu les en tirer. Nous » sommes pressés de tous côtés : à droite et en avant par » le prince Charles et le duc de Mecklembourg , à gauche » par des troupes qu'amènerait le général de Manteuffel » et dont les avant-postes ont déjà été signalés à Vibfaye, » à Melleray et à Mondoubleau.

» Bien qu'il me tarde d'arriver au delà de la Sarthe, je » ne puis marcher que lentement à cause des convois, » du manque de routes et de la fatigue des hommes, qui >' est extrême. Toute marche de nuit ou forcée serait le » signal d'une débandade. Mieux vaut combattre, et nous » ferons de notre mieux. «

Les instructions données à Epuisay pour la marche du 1 7 sont les suivantes ;

« Au grand quartier général d'Épuisay, le 16 décembre 1870.

» L'ennemi n'a pas cherché à inquiéter sérieusement » le mouvement de retraite qui s'est opéré aujourd'hui; il « est regrettable que dans les corps d'armée et les divi- » siens on n'ait pas suffisamment étudié les ressources que

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» pouvaient présenter les chemins dans les dir*ections à » suivre ; il en est résulté que les convois, les parcs, les » bagages se sont enchevêtrés sur les mêmes routes, ce » qui est une cause de désordre, un danger et un retard » dans la marche.

» Le général en chef rappelle qu'il se borne à indiquer » à chaque corps d'armée la direction générale qu'il doit » suivre et les positions qu'il doit atteindre, et que l'étude » de la marche doit être ensuite faite dans chaque corps » d'armée et dans chaque division.

» L'ennemi pouvant tenter de suivre l'armée, il est de » toute importance que les troupes , marchant en arrière » des bagages et du matériel pour les couvrir, soient » toujours disposées de façon à se prêter un mutuel appui » et à opposer promptement de la résistance.

» Le pays offre d'excellentes positions pour une retraite, » et si notre artillerie ne peut se porter sur tous les points, » les difficultés sont les mêmes pour celle de l'ennemi, La » défense consiste donc surtout dans un bon emploi de » l'infanterie se retirant lentement, couverte par des tin railleurs et protégée par quelques batteries d'artillerie

V disposées à l'avance sur des positions reconnues.

» Demain 17, l'armée opérera le mouvement suivant :

» Le 21" corps se portera à l'ouest de la route de Saint- » Calais à Vibraye, et s'établira parallèlement à cette » route, sa gauche à Vibraye, sa droite entre Gonflans et » Berfay.

» Le 17" corps viendra se placer en arrière de la même » route, sa gauche h Gonflans, son centre à Saint-Galais, » et sa droite dans la direction de Saint- Gervais en » Vie.

» Le 16* corps s'étendra de Saint-Gervais à gauche, h

V Bessé à droite, son centre à hauteur de la Ghapelle-Huon.

» Les troupes aux ordres du général Barry, et la bri-

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