SITUATION DE L ARMEE ENNEMIE
Après les efforts qu'ils venaient de faire et qui avaient épuisé leurs troupes^, les Allemands semblaient avoir renoncé pour le moment à s'avancer plus avant dans l'Ouest; leur attention paraissait attirée ailleurs. La première armée, d'abord réunie autour de Bourges, ayant quitté les positions qu'elle avait prises pour sa formation , les préoccupait évidemment; la marche de leurs corps
^ Voir la note 1.
3 Voir la note 2. — Extraits des correspondances du Times et autres journaux anglais.
engagés dans l'Est rencontrait des difficultés sur lesquelles ils ne paraissaient pas avoir compté; l'attitude énergique de Paris les forçait à se maintenir nombreux autour de cette ville , et la résistance que leur opposaient , de tous les côtés , ces armées nouvelles que la volonté de la France faisait surgir, les avait obligés à une dispersion qui les inquiétait. Ils avaient, du reste, eux-mêmes besoin de se refaire, d'étudier la situation et d'aviser.
Le prince Frédéric-Charles était retourné à Orléans, et le grand-duc de Mecklembourg s'était retiré sur Chartres , après avoir laissé à Blois , à Vendôme , sur le cours supérieur du Loir et dans le val de la Loire , des forces assez considérables pour garder le pays que la retraite de l'armée française leur avait livré. Ces mouvements étaient couverts par un rideau de cavalerie soutenue par des colonnes d'infanterie se présentant inopinément et successivement sur les deux rives de rHuisne,ducôtéde Nogent-le-Rotrou et de la Ferté-Bernard , à Authon , à Montmirail , dans la forêt de Vibraye, aux environs de Saint-Calais, à Montoire et au sud du Loir. La plus sérieuse de ces démonstrations avait lieu, le 20 décembre, par un corps d'une dizaine de mille hommes, paraissant se 'diriger par Château-Renault sur la Chartre , et dont une partie , après avoir repoussé à Monnaie la colonne du général Ferri Pisani, s'était portée sur Tours. La panique avait été «xtrême dans cette ville ; les quelques troupes qui y restaient encore l'avaient évacuée à la hâte ; mais l'ennemi , qui ne se sentait pas en force , se contenta de lancer quelques obus qui atteignirent une douzaine de personnes jusque dans la rue Royale, et se retira sur Château-Renault «ans être entré dans la ville.