ROLE DE LA DEUXIEME ARMÉE
Dans celte situation , qu'avait à faire la deuxième armée? Hâter sa réorganisation, tout en se retranchant fortement sur les positions qu'elle occupait en avant du Mans; surveiller les mouvements de l'ennemi en le tenant à distance; le menacer assez pour l'obliger à conserver devant elle les forces qu'il fallait l'empêcher de diriger soit contre la première armée, soit dans l'Est, soit sur Paris.
Il pouvait arriver que les Allemands, reprenant leur marche vers l'Ouest pour en finir avec la deuxième armée avant qu'elle fût en mesure d'entreprendre de nouvelles opérations , marchassent en forces sur le Mans : dans ce cas, il fallait être en état de les y recevoir, de les y user, et de les poursuivre ensuite s'ils avaient un échec. Il se pouvait encore que , reposée et refaite , trouvant l'occasion , si l'ennemi diminuait devant elle pour se porter vers l'Est, l'armée pût prendre une vigoureuse offensive et marcher hardiment sur Paris, en laissant sur ses positions assez de monde pour les conserver et assurer de nouveau sa retraite si elle ne réussissait pas.
Il était en effet possible à la deuxième armée une fois prête, et si elle n'avait pas trop de monde devant elle, de remonter rapidement l'Huisne comme pour menacer Chartres, que l'on disait fortement occupé par l'ennemi, et, en masquant cette ville, d'obliquer au nord pour venir appuyer sa gauche à la Seine, à hauteur de Mantes, dans le but de favoriser la tentative d'une flottille de ravitaillement, de menacer Versailles, et de combiner un effort avec les défenseurs de Paris pour rompre ce côté de l'investissement.
Il fallait donc se préparer à ces diverses éventualités :
c'est ce qui va être entrepris avec une activité qui fait le plus grand honneur aux commandants des différents corps, aux chefs des divers services de rarm,ée, et à la délégation de Bordeaux, dont les mesures énergiques et rapides surent renforcer les effectifs et pourvoir à tous les besoins des troupes, malgré les difficultés qui résultaient des rigueurs de la saison, de l'état de nos magasins et de l'encombrement des voies ferrées qui nous restaient.