LES COLONNES MOBILES
Pendant que ces premières dispositions se prenaient, le général en chef organisait deux fortes colonnes sous le commandement des généraux Rousseau et de Jouffroy. La première, composée de 2,000 hommes d'infanterie du 21* corps, partait le 23, ralhait à Sceaux deux bataillons que le colonel Villain lui amenait de Gonnéré, ainsi qu'une batterie de 4, deux mitrailleuses et deux escadrons de cavalerie légère ' .
Le général Rousseau devait se porter sur la Ferté-Ber-
* .Voir la note 7.
nard et de là sur le Theil, pour pousser sur Nogent et se rabattre soit sur Authon , soit sur Bellesme , suivant les renseignements qu'il recueillerait sur l'ennemi ou les chances qu'il trouverait de le rencontrer dans de bonnes conditions. S'il se heurtait à des forces trop considérables, il pouvait se retirer le long de l'Huisne ou par Bonnétable , en tenant le commandant du 21' corps au courant de ses mouvements, de manière à pouvoir être secouru au besoin et à temps. Le général commandant la subdivision de l'Orne faisait appuyer la colonne Rousseau par deux bataillons de ce département dirigés d' Alençon sur Mamers ; le colonel Lipouski concourait aux mêmes opérations en prenant les ordres du général Rousseau ; et sur la droite un parti de cavalerie du 16" corps reliait ces mêmes mouvements à ceux de Cathelineau, posté à Vibraye.
La deuxième colonne, aux ordres du général de Jouffroy, quittait le Mans, le 23, pour se porter sur la Braye, surveiller le Loir et menacer Vendôme, avec les instructions suivantes :
IXSTRUGTIONS DONNÉES AU GÉNÉRAL DE JOLFFROY.
« Le général de Jouffroy , laissant sur les jiositions » occupées par sa division les malades, les hommes les » plus mal armés et les plus mal chaussés , formera avec » les plus valides une colonne mobile à laquelle seront » adjoints deux cents chevaux de cavalerie légère du )! 17° corps. Il emmènera avec lui ses trois batteries divi- )5 sionnaires, deux mitrailleuses et sa réserve de muni-; » tions. Les hommes devront être pourvus au départ de » trois jours de vivres; les convois et les bagages seront " réduits au jtrict nécessaire pour faciliter les mouve- » ments.
» Le général de Jouffroy prendra ses dispositions pour
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» faire diriger, par le chemin de fer, sur Ghâteau-du-Loir )» qui deviendra sa base d'opération , les approvisionne- » ments de sa colonne. Il n'a donc besoin que des voitures n en nombre suffisant pour puiser à ce dépôt. Sa mission » consiste à explorer tout le pays entre le Loir et la Loire, » à l'est du chemin de fer du Mans à Tours , et d'en rej' pousser les partis ennemis de façon à dégager Tours et " à permettre le rétablissement de la ligne ferrée. Si des r renforts lui étaient nécessaires, il est autorisé à les de- 9 mander directement pour la cavalerie au général Michel » à la Piochère , pour l'artillerie et l'infanterie au général » Barry à Ghahaignes.
» Les troupes de Saumur ont ordre de se porter sur " Château la Vallière. Elles y seront rejointes par une co- » lonne d'environ 4,000 hommes venant de Ghâtellerault, » couchant le 23 à Richelieu , et passant le 24 la Loire à » Port-Boulay. La ligne de Ghâteau la Vallière au Lude >' sera ainsi garnie, et la vallée du Loir se trouvera surveily> lée, du Lude à Pont-de-Braye, par les troupes du général " Barry.
n Le général de Jouffroy devra s'éclairer au loin par tous » les moyens possibles , manœuvrer de façon à ne pas se » faire couper de sa base d'opération qui est Ghâteau-du- » Loir , prendre son premier objectif sur Château-Renault, )) laisser derrière lui des postes de cavalerie échelonnés , et » se tenir en communication directe et incessante avec le » général en chef parla station télégraphique de Château- » du-Loir.
» La mission confiée au général de Jouffroy est une 1) opération de guerre des plus importantes ; le général en » chef compte sur sa vigueur et sur celle qu'ont su dé- » ployer jusqu'ici les troupes de la 3* division du » 17® corps. »