LE GÉNÉRAL DE JOUFFUOY SE PORTE SUR VENDÔME
Le 30, le général de Jouffroy recevait les renforts envoyés par le général Barry. Les éclaifeurs algériens étaient mis à sa disposition pour surveiller sur sa droite pendant son mouvement, et le général Michel faisait avancer sa division de cavalerie- dans la direction de Saint-Calais pour le garantir de tout mouvement tournant sur sa gauche.
Les forces qui allaient être engagées dans cette opération se trouvaient alors ainsi réparties :
Le colonel Marty occupait Épuisay (1" bataillon du 36° de marche), Danzé (2° bataillon du même régiment, quatre pièces de -4, deux mitrailleuses), Azay (1" bataillon du 74* mobiles) .
Le colonel Thierry était établi à,SaA^igny avec le 33® de marche, le 32* mobile, les compagnies de discipline, un bataillon des Bouches-du-Rhône et quatre pièces de 4.
Le 3* de cuirassiers, également à Savigny.
Le colonel Bayle, de Fortan à Azay, avec le 38* de marche, le 66" mobiles et quatre pièces de 4.
Le 4G* de marche occupait Mazangé, couronnant par ses grand'gardes les hauteurs de la Boissière et de Vaucroix.
Le 45* de marche, à Lunay, la Barre et les Roches.
Le 70* mobiles à Lunay.
Le 1" bataillon de marche de chasseurs à pied à la Mazière.
L'artillerie de la 3* division (dix-huit pièces de 4 cl deux mitrailleuses) à la Burnaudière.
Deux escadrons de cavalerie légère à Lunay, un régiment à Lavenay, les éclaireurs algériens à Montoire.
Une compagnie du génie, répartie entre les colonnes principales.
Le plan du général de Jouffroy était le suivant : deux colonnes principales devaient marcher, l'une par Azay et Espéreuse, l'autre par Courtiras, tandis qu'une colonne légère, franchissant le Loir à Lisle, devait déboucher sur la rive gauche par le bois de Meslay, et que les éclaireurs algériens , passant la rivière à Montoire ou à Lavardin , tourneraient Vendôme pour couper les routes de Blois et d'Oucques,
Ces mouvements présentaient l'inconvénient d'être trop isolés les uns des autres; ils pouvaient néanmoins réussir s'ils étaient tous menés vigoureusement, et si l'ennemi n'était pas en force trop supérieure. Malheureusement le pont de risle ne put être rétabli.
Le 31, dès le matin, le colonel Thierry marchait sur Epuisay et Danzé; le colonel Marty, laissant le 74* mobiles à la garde d'Azay, se dirigeait sur Espéreuse , la Haie de Champs, le Poirier et Bel-Air ; le 66' mobiles partait d'Azay pour aboutir au plateau de Bel-Air par les routes de la forêt; le 38® de marche, cheminant d'Azay par Espéreuse, arrivait sur Bel- Air par la Jousselinière; enfin, le 46* de marche, de Mazangé, devait longer la forêt de Vendôme au sud et aborder les Tuileries,
D'après les calculs du général de Jouffroy, ses colonnes devaient arriver à hauteur de Bel-Air à midi, pour attaquer les redoutes construites par nous sur ce point pendant l'occupation de Vendôme, et qu'il croyait garnies d'artillerie ennemie. Il n'en était rien; les têtes de colonnes» ne recevant aucun obus , allaient atteindre Bel- Air, lorsqu'elles furent accueillies, à petite portée, par une fusillade des mieux nourries. Leurs tirailleurs s'avancèrent malgré tout sur plusieurs lignes, et, après deux heures de lutte, aidés par l'artillerie qui était parvenue à s'installer sur le
plateau et à balayer le terrain en avant d'eux , ils purent se réunir, et, par une charge brillante, enlever le château de Bel- Air. L'ennemi se maintint néanmoins dans les Tuileries , malgré le feu de nos pièces.