‹ La deuxième armée de la LoireChapitre 180 sur 302 · COMBAT DE BEL-AIR · texte numérisé non relu

COMBAT DE BEL-AIR

Vers trois heures, une colonne prussienne, chassée de la forêt par le 66^ mobiles, est rejetée sur les pentes qui descendent des Tuileries sur le Loir, et le 36' de marche pénètre jusqu'aux premières maisons des faubourgs de Vendôme, où il fait quelques prisonniers; mais il est obligé de se retirer devant le feu des batteries établies au château , qui balayent la plaine le long de la voie ferrée et de la route de Gloyes.

COMBAT DE COURTIRAS.

De son côté, le 46* de marche abordait les Tuileries, enlevait la position , poussait jusqu'à Gourtiras , et poursuivait l'ennemi la baïonnette dans les reins jusqu'à la gare du chemin de fer.

La nuit était venue. Le général de Jouffroy fit cesser le combat en donnant l'ordre de garder les positions conquises et d'y camper, tandis que l'ennemi , redoutant de nouvelles attaques, continuait ses feux d'artillerie dans la direction de toutes les routes aboutissant à Vendôme. Le général évalue à vingt mille hommes les forces qu'il venait de combattre.

COMBAT DE DANZÉ.

Il apprit à minuit, à Huchepie, où il avait établi son quartier général, que le matin, à dix heures, le colonel Thierry, vigoureusement attaqué à Danzé par une forte colonne allemande, avait dû abandonner ce village après

avoir perdu trois de ses pièces , et qu'il avait rejoint fort tard dans la soirée, à Bel- Air, les troupes des colonels Marty et Bayle. Cet échec devenait une préoccupation, en ce qu'il pouvait faire supposer que l'ennemi opérait un mouvement sérieux sur notre gauche. Ne voulant rien compromettre, le général de Jouffroy donna, à deux heures du matin, l'ordre de la retraite, et ses troupes regagnèrent les positions qu'elles avaient quittées la veille à Fortan, Savigné, Lunay, Mazangé et Espéreuse. L'ennemi, qui ne s'était pas aperçu de ce mouvement, tira jusqu'à huit heures du matin sur les maisons que nos troupes avaient occupées, et, reconnaissant son erreur, il poussa des reconnaissances dans la soirée jusqu'à ViUiers, Azay et Espéreuse, sur les traces de nos colonnes.

Cette démonstration sur Vendôme, faite avec beaucoup de vigueur par nos troupes , avait forcé l'ennemi à se concentrer sur ce point. Ses pertes, au dire des habitants, avaient été considérables; les nôtres étaient moins sérieuses , grâce à l'élan de nos troupes ; nous ramenions deux cents prisonniers, et cette opération prouvait aux Allemands que, malgré sa retraite sur le Mans, la deuxième armée pouvait encore les inquiéter et leur tenir tète .

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