‹ La deuxième armée de la LoireChapitre 184 sur 302 · OPÉRATIONS DU GÉNÉRAL DE'JOUFFROY DU P^ AU 7 JANVIER · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS DU GÉNÉRAL DE'JOUFFROY DU P^ AU 7 JANVIER

Il faut maintenant revenir aux opérations de la colonnç de Joulfroy ' . On a vu qu'en quittant les environs de

^ Voir la noto 11.

Vendôme, dans la nuit du 31 décembre au P' janvier, le général avait repris les positions qu'il occupait le 25. Pour assurer sa retraite, qu'il tenait à faire lentement s'il devait la continuer, il avait laissé à Espéreuse la colonne Marty, et à Azay celles des colonels Falcon et Thierry. Dans la soirée du P' janvier, ces trois colonnes se replièrent sur Savigny et sur Fortan , qu'occupait déjà le colonel Bayle. Toutes les troupes étaient alors réparties depuis Épuisay jusqu'aux Roches, où se trouvaient le 45* de marche et une batterie : la cavalerie à Savigny (cuirassiers du colonel Tréboute), à Montoire (éciaireurs algériens du colonel Goursaud) et à Troo (3* régiment, cavalerie mixte).

Le 2 janvier, des reconnaissances offensives sont poussées dans la direction de Fréteval jusqu'à Busseloup, sur Gourtiras et sur Varennes en passant par Thoré. L'ennemi , rencontré partout , cède le terrain , et on occupe Villiers.

Le 3 , nouvelles reconnaissances qui ne trouvent que peu de résistance; on peut explorer la rive gauche du Loir, que l'infanterie traverse sur la glace.

Le 4 , une forte reconnaissance , qui a pu s'avancer jusqu'à Montrieux d'où elle chasse l'ennemi, rapporte la nouvelle que celui-ci se concentre en force à Vendôme.

Le 5, le général de Jouffroy acquiert la conviction que les Allemands, en nombre entre Vendôme et Saint- Amand , cherchent à se porter sur le général de Gurten. Il juge une diversion indispensable , et se décide à marcher de nouveau sur Vendôme. De petites colonnes, partant le soir de tous les cantonnements, forcent, à dix heures, les postes ennemis à quitter la forêt de Vendôme, et nos éciaireurs et francs-tireurs s'avancent dans la nuit jusqu'à Pezou, la Tousselinière et Bel-Air.

Le 6 janvier, dès sept heures du matin, les troupes de Savigny s'étaient reportées sur Fortan , celles de Fortan

sur Lunay. A huit heures, on prend partout l'olfensive, et jusqu'à onze heures on {ja^jne du terrain sans trop de résistance, croyant n'avoir affaire qu'à des reconnaissances ennemies. Il n'en était pas ainsi : les Allemands, inquiets de ces mouvements, avaient mis la matinée à ramener de ce côté des forces considérables appuyées par une formidable artillerie. Bientôt, sur toute la ligne, le combat s'engage avec acharnement de part et d'autre ; il est surtout sérieux au gué du Loir et aux Roches. A deux heures, toutes nos troupes étaient engagées, et, malgré <les efforts héroïques, elles perdaient du terrain.

COMBAT DE MAZANGE.

Tandis qu'il menaçait, au moyen de fortes démonstrations , notre gauche à Azay ' et à Espéreuse par les routes de Vendôme à Azay et à Epuisay, l'ennemi débouchait sur deux colonnes par la grande route de Vendôme au Mans et par le chemin de Montrieux à Villiers. Il occupait fortement le plateau quadrangulaire compris entre le coude du Loir et le ruisseau d' Azay, et une de ses colonnes, partie de Vendôme et suivant la rive gauche, marchait par les Roches sur Montoire, qu'une autre colonne menaçait directement par la route d'Ambloy, Sassenières et Lavardin. La préoccupation d'une opération décisive sur Vendôme , au lieu de rester complètement dans sa mission, qui était d'inquiéter l'ennemi sur les deux rives du Loir en gardant fortement tous les passages et en se reliant d'une façon continue au général de Curten, avait fait négliger au général de Jouffroy la protection si nécessaire de ces deux dernières routes. C'est par là que l'effort principal devait avoir lieu.

1 Voir à la note 11 bis des renseigaementa fournis par le colonel Thierry sur le combat d'Azay.

L'ennemi, maître des positions de Briard et du Plessis, marche sur le gué du Loir, en avant duquel le général Jouffroy peut faire disposer deux batteries sur la crête qui domine à l'est et à l'ouest le ruisseau de Mazangé. Accueilli par le feu de ces batteries, il est bientôt obligé de renoncer à son attaque et de se replier successivement jusqu'à hauteur du château de Gourtazé. Vers deux heures, de nouveaux efforts faits par l'infanterie prussienne, débouchant de Varennes et de Montrieux dans la plaine de Villiers, se heurtent encore au feu violent de la 20* batterie du 8' d'artillerie et d'une section de la 20* du 12' qui les oblige à se retirer. Ce n'est que vers quatre heures que l'ennemi parvient, avec de nouveaux renforts, à réoccuper le plateau de Villiers, Briard et le Plessis.

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