‹ La deuxième armée de la LoireChapitre 185 sur 302 · COMBAT DES HOCHES · texte numérisé non relu

COMBAT DES HOCHES

Pendant ce temps, les Roches étaient vivement menacées, malgré l'attitude du 45Me marche et des chasseurs à pied. La 2P batterie du 19* régiment d'artillerie y tint tète, pendant trois heures, au feu de trois batteries prussiennes , qui n'osèrent s'avancer en deçà de deux mille deux cents mètres.

Toutes nos troupes se trouvaient ainsi engagées depuis le matin ; leurs fatigues étaient extrêmes; l'ennemi devenait à chaque instant plus nombreux ; il fallut ordonner la retraite sur les points que le général avait indiqués à l'avance le long de la Braye. La poursuite de l'ennemi ne s'arrêta qu'à la nuit.

Le 7 janvier, la matinée fut employée à régulariser la position des diverses colonnes arrivées fort tard au bivouac et à renforcer les grand'gardes et les avant-postes. L'ennemi se présenta vers midi, et le combat reprit sur toute la ligne jusqu'à trois heures. A ce moment, le géné-

rai de Jouffroy apprit que le colonel Thierry, qui formait sa gauche , n'avait pu tenir au Poirier et se repliait sur Saint-Calais ; il continua dès lors son mouvement général de retraite. Les éclaireurs algériens le couvraient sur la droite , résistant avec la plus grande vigueur aux attaques de l'ennemi. A neuf heures du soir, toutes les troupes étaient derrière la Braye, et les convois, intacts, à Gognier^, engagés sur les chemins qui mènent à Saint-Jean de la Gouée.

Cette direction générale donnée à la retraite avait l'inconvénient d'abandonner les artères principales aboutissant au Mans et de les laisser toutes ouvertes à l'ennemi ; elle eut de plus comme conséquence de jeter les colonnes sur des chemins difficiles, de lesobhger à de longs détours et de les faire aboutir au Mans en dernier lieu, en retard et épuisées de fatigue '.

Quoi qu'il en soit, ces opérations avaient été vigoureusement conduites et exécutées par tous avec une grande énergie.

COMBAT DE VILLECHAUVE.

Cette retraite du général de Jouffroy allait compromettre la gauche du général de Gurten. Le 7 janvier, dès dix heures du matin, des colonnes prussiennes apparaissaient en avant de Prunay , de Villechauve et de Villeporcher jusqu'à Saint-Cyr du Gault. Elles concentrèrent leurs efforts sur Villechauve qu'elles ne purent enlever, et d'où le colonel Jobey parvint à les repousser après un combat qui dura jusqu'à quatre heures. De ce côté, la journée était encore tout à notre avantage malgré des pertes sensibles , parmi lesquelles le capitaine Frémiot du 8* hussards , tué en chargeant à la tête de son escadron , et une

* Voir la note 12.

grand'garde d'une centaine d'hommes du 25° mobiles qui. ne s'étant pas suffisamment éclairée, s'était fait enlever en avant de Villeporcher. On verra bientôt que le mouvement de retraite du général de Jouffroy avait entraîné celui du général Barry, qui s'était replié des Ermites sur Ghahaignes et Jupilles.

Le général de Gurten pouvait donc être seul à soutenir les efforts de l'ennemi. Un défaut d'entente avait amené cette situation, et le général de Jouffroy, qui avait la direction générale des opérations, pour n'avoir pas combiné suffisamment ses mouvements avec ceux des généraux appelés à lui fournir du soutien , allait voir s'échapper le fruit de succès réels et qui auraient pu avoir une grande importance.

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