LE MINISTRE DE LA GUERRE PRESCRIT LA RETRAITE SUR LA MAYENNE
Le ministre de la guerre répondit le 13, à six heures du matin, par le télégramme ci-après :
c( Quelle que soit la cruauté de la fortune à notre égard » elle est impuissante à lasser des hommes tels que vous, » qui sont résolus à soutenir jusqu'à épuisement total la » guerre sainte contre l'étranger. La confiance du Gou- « vernement n'est en rien diminuée , et l'échec , quelque
V grave qu'il soit, que vous avez subi, ne doit être qu'une
V leçon et qu'une excitation de plus à bien faire.
n Gela dit, je réponds à votre dépêche de ce matin.
V Quand je vous ai parlé, à Josnes, des lignes de Garentan,
n j'ai voulu seulement indiquer que la résistance à ou-
» trance du pays avait une dernière forteresse inexpugna-
» ble. Mais nous n'en sommes pas encore là au lendemain
» d'un premier échec. Ma pensée, au contraire, a toujours
» été que le terrain devait être disputé pied à pied, comme
» vous l'avez fait déjà dans votre belle retraite. Quant au
» dessein que vous nourrissiez, me dites-vous, de vous
» arrêter, s'il était possible, entre Alençon et Prez-en-Pail,
» pour de là tenter une marche hardie sur Paris par Dreux
» et Évreux, je vous ferai remarquer que cette tentative
» généreuse était de nature à amener la perte de votre « armée. D'une part, en effet, vous auriez couru le risque
V de ne point refaire vos troupes avant de reprendre votre » marche , et , d'autre part , vous auriez infailliblement
V rencontré sur votre chemin l'armée de Frédéric-Charles, » commandant général des forces prussiennes dans l'Ouest, » laquelle, parcourant du Mans à Dreux ou à Mantes, une 5) corde dont vous-même parcourriez l'arc, vous aurait » nécessairement gagné de vitesse.
>» Nous estimons donc qu'à tous les points de vue, la
» retraite sur Mayenne et Laval est infiniment préférable.
« Il va de soi qu'en vous parlant de la rivière Mayenne
» comme ligne défensive, nous n'avons nullement entendu
» vous prescrire d'aller jusque-là. C'est une limite extrême
» que nous vous avons indiquée ; mais il est certain que si
)» vous trouvez dans l'intervalle, par exemple dans la forêt
» de Sillé, de bonnes positions défensives, nous nous en
>i applaudirons pour notre part; car, ainsi que je vous l'ai
» dit en commençant, nous désirons que le sol de la patrie
» soit disputé pied à pied
» Je suis d'ailleurs en mesure, à l'aide des dépêches « que je viens de recevoir de Paris et parmi lesquelles se 5) trouve une lettre du général Trochu , de vous dire que » les vivres ne manquent nullement dans la place et que « le général lui-même recule la fatale échéance jusqu'à la « fin du mois. Cela nous laisse le temps, avec l'énergie » que vous saurez puiser en vous-même , de regagner le >' terrain perdu, mais il n'y a pas un jour qui ne doive être » utilement employé.
» Signé : Léon Gambetta. »
Les instructions ci-après, données à Domfront et à Silléle-Guillaume, les 12 et 13 janvier, indiquent les mesures
prises en vue de la situation faite à la deuxième armée par son mouvement de retraite et les instructions du ministre :
« Au grand quartier général de Bomfront, le 12 janvier 1871.
« Par suite des ordres du ministre , la direction de la "■ retraite de la deuxième armée est changée ; elle est , dès " aujourd'hui, sur Laval. En conséquence, le comman- •) dant du 16* corps le dirigera demain par la grande route ) du Mans à Laval , de façon à faire une étape de seize « kilomètres.
« Le commandant du 17* corps le dirigera par la route n directe de Gonlie à Sainte-Suzanne, en faisant une étape » de huit à dix kilomètres à partir de Gonlie.
>) Si le général Jaurès a passé la Sarthe entre Montbizot n et le Mans, il dirigera demain le 21* corps sur Gonlie » où il couchera. Si au contraire il a passé la Sarthe entre » Montbizot et Beaumont, il ira coucher à Sillé-le-Guil- » laume.
» Prendre toutes les mesures nécessaires pour couvrir » solidement la retraite des convois, bagages, et du maté- " riel roulant. Envoyer la cavalerie à une étape en avant » pour arrêter les fuyards, et organiser le corps d'armée en » marchant.
» Accuser réception du présent ordre et rendre compte » du mouvement de retraite.
» Le grand quartier général sera demain à Sillé-le-Guil- » laume. Le 17* corps prendra demain, en passant h n Gonlie, les vivres et les munitions dont il a besoin.
)' Le 21* corps fera connaître s'il a besoin de vivres et n munitions à Gonlie. »
« Au grand quartier général de Sillé-le-Guillaume le 13 janvier 1871.
» Le général en chef est heureux d'exprimer toute sa
» satisfaction au général Jaurès, pour la façon dont il a » conduit , pendant les journées des 11 et 1 2 , sa retraite » rendue difficile par la dispersion de sa division , les dis- » tances à' parcourir et les combats à livrer.
» Il félicite également les troupes du 2P corps, qui, ') dans cette opération, ont fait preuve d'ordre, de disci- » pline, de ténacité et de vigueur, alors que se produisaient, » dans certaines portions del'armée, les défaillances qui ont » amené la. retraite du Mans, au moment où nous avions » les meilleures chances pour battre l'ennemi.
» On continuera demain le mouvement en arrière vers >) la Mayenne. Les troupes sont très-fatiguées par suite de » l'état des routes, par les combats soutenus, et quelques- » unes par la distance exagérée qu'on leur a fait parcourir » hier sans aucun motif; la marche de demain devra donc » être très-courte.
» Les corps d'armée ne feront pas plus de dix à douze » kilomètres en arrière de leurs cantonnements d'aujour- » d'hui, sur la direction générale que chacun d'eux doit » suivre jusque sur la rive droite de la Mayenne.
» Les directions sont :
» 1" Pour le 16' corps, la route du Mans à Laval;
» 2° Pour le 1 7® corps, la direction de Parennes, Neu~ » villette , Sainte-Suzanne , la Ghapelle-Rainsouin , Ar- » gentré, Saint-Jean-sur-Mayenne;
» 3° Pour le 21* corps, la route qui longe le chemin de n fer de Laval par Rouessé, Assé-le-Bérenger, Évron. jus- » qu'à Montsurs, et de là par Ghâlons et Montflours
» Demain, le grand quartier général à Evron.
» Celui du 16* corps, à Saint-Denis d'Orques.
» Celui du 17* corps, à Sainte-Suzanne.
» Celui du 21" corps, à Assé-le-Bérenger.
» Le général en chef rappelle de nouveau*quo chaque 1» division, brigade, parc, convoi et ambulance doit pccu-
» per exactement les emplacements qui lui sont indicjués, » et que MM. les généraux doivent se loger strictement » dans les villages que les commandants des corps d'armée « désignent pour leurs quartiers généraux.
» C'est le seul moyen d'éviter la confusion , l'encom- » brement, et d'assurer la transmission rapide des ordres. « On préviendra les troupes, aux appels, que l'accès de » la ville de Laval leur est formellement interdit, que des » mesures sont prises pour faire arrêter tous les fuyards n qui y précéderaient l'armée, et pour signaler les officiers » ou les détachements qui s'y rendraient sans autorisation » du commandant du corps d'armée.
» Les généraux se rappelleront, au sujet des fuyards, » que dans chaque corps d'armée la cavalerie, poussée sur n les derrières au moins à une étape , ne doit laisser » passer personne dans la direction de Laval , et doit »' arrêter les traînards pour les renvoyer à leurs corps resn pectifs.
)) La gendarmerie n'assure pas suffisamment l'ordre dans » les convois : les routes sont encombrées par les voitures, » et celles-ci sont suivies par une foule d'hommes qui » n'ont leur place ni aux convois ni à leur escorte.
» Ne pas oublier que l'ennemi surveille nos mouve- » ments, et qu'il peut nous suivre et nous attaquer. )) Chaque corps d'armée fera donc couvrir ses canton- » nements par de forts avant-postes , et s'éclairera en » arrière par de la cavalerie et d'incessantes reeonnais- » sances.
» Les convois partent également trop tard ; les étapes " étant courtes , ils doivent, une fois en route, ne pas n s'arrêter,
» Chaque corps d'armée doit avoir à l'arrière-garde » une division qui ne doit marcher qu'après tout le matén riel roulant.
» Sur les observations du général en chef au ministre, « la marche en retraite sur Laval est suspendue. Les corps B s'arrêteront sur les positions où ils se trouvent , tout en « les rectifiant , pour assurer la défense dans le cas d'une « agression de l'ennemi.
M On placera de l'artillerie derrière des épaulements sur » tous les points des lignes où il importe d'en avoir.
» Le pays se prête admirablement à la défense. Il offre » de précieuses ressources pour les cantonnements.
» On peut donc s'y arrêter et y reconstituer l'armée » sans perdre un seul instant.
j) Dès demain, les commandants des corps d'armée « s'assureront par eux-mêmes que les troupes reçoivent n dans la journée les vivres nécessaires pour les aligner «» jusqu'au 17 inclus, en y comprenant les deux jours de « réserve du sac.
» Cette opération , dont il sera rendu compte par écrit « au général en chef, étant terminée, les convois, sous « bonne garde, seront poussés dès demain à au moins six » kilomètres des lignes, dans la direction primitivement r assignée à chaque corps pour le cas de la retraite sur
V Laval.
" Le général en chef recommande l'étude des positions. » Il lui sera envoyé, dès demain, pour chaque corps d'ar- » mée, un croquis indiquant celles occupées.
» Partout la défense sera organisée sur deux lignes pou-
V vaut se soutenir.
V La cavalerie légère sera reportée en avant pour éclai- /» rer le plus loin possible et jusqu'à la Sartlie.
» Les éclaireurs algériens se reporteront à Conlie. Sillé -» devra être occupé exclusivement par le 21" corps. Le « général de Colomb fera évacuer la ville par tout ce qui « appartient au 17" corps, dès demain matin.
» Les commandants des 16' et 21* corps disposeront
" leurs ailes, à l'extrémité de la ligne, de façon à éviter >' tout mouvement tournant de l'ennemi.
» Le vice-amiral Jauréguiberry se mettra en relation » avec le général de Curten, qui doit être à la Suze, » l'appellera à lui , et l'établira pour la défense de ses » lignes.
Les trois corps d'armée devront, bien entendu, se » relier entre eux.
n On fournira le plus tôt possible (pour après-demain 5' au plus tard) :
» 1" Les rapports sur les dernières affaires ;
" 2° L'état des pertes subies , numérique pour les " troupes, nominatif pour les officiers;
» 3° Les propositions pour les emplois supérieurs va- " cants. (On remplacera immédiatement les autres va- V cances.)
n Le grand quartier général reste à Sillé-le-Guillaume, )' ainsi que le quartier général du 21* corps.
') Celui du 17* corps, à Parennes.
» Celui du 16* corps, à Joué-en-Charnie.
n Chaque corps d'armée qui aurait sur ses routes des >' voitures ou du matériel d'artillerie appartenant à un n autre corps, fera prévenir le commandant de ce dernier, » qui fera prendre de suite ce matériel, et l'acheminera là " où il doit rejoindre.
» On cantonnera les troupes le plus et le mieux possible, « tout en se conformant aux nécessités de la défense et » aux instructions si souvent répétées pour les prises » d'armes en cas d'alerte. »
Il est bon, avant d'aller plus loin, de donner ici textuellement la lettre adressée au ministre de la guerre par le commandant en chef, pour lui rendre compte de ce qui venait de se passer et de la situation.
« Sillé-le-Guillauine, le 13 janvier 1871.
« Monsieur le ministre,
» Je viens d'arriver à Sillé-le-Guillaume, et, maintenant » que j'ai pourvu au plus pressé, que la retraite est orga- » nisée et s'opère convenablement, j'ai hâte de vous parler » des événements qui viennent de se produire , un peu » plus longuement que je n'avais pu le faire jusqu'ici.
» Je n'ai pas besoin de vous rappeler quelle était ces » derniers jours ma situation. Pendant que l'armée se » reconstituait au Mans, les colonnes mobiles des généraux » Rousseau et de Jouffrov inquiétaient l'ennemi, éclai- » raient et occupaient le pays , évitaient l'affront de voir » réquisitionner des villes et des villages sous nos yeux , » et surtout, enfin, empêchaient l'ennemi de nous investir » complètement autour du Mans, comme il en avait le n projet.
» J'avais hâte, vous le savez, de marcher sur Paris; » conformément à vos ordres, je dus attendre au Mans la » formation des 25* et 19" corps, qui devaient s'ajouter à la » deuxième armée. Néanmoins, bien que regrettant ces « retards à certains points de vue, je voyais cependant » sans inquiétude se dessiner le mouvement d'attaque du » prince Frédéric-Charles et du grand-duc de Mecklem- ' » bourg sur le Mans.
» Occupant en effet des positions magnifiques pour la >' défense, que j'avais choisies et préparées à l'avance , je » ne mettais pas en doute de pouvoir y résister et y tenir » au moins pendant quatre ou cinq jours, assez pour que, » lassé par notre persistance, le prince Frédéric-Charles » dût se mettre en retraite.
» Appelant alors à moi les 19' et 25* corps qui auraient » achevé pendant ce temps leur organisation, installant » sur mes positions les mobihsés de Bretagne que vous » m'aviez accordés et que je croyais alors une force effec-
w tive et sérieuse , mon intention était de marcher sans » un jour de retard sur cet ennemi affaibli et fatigué, et " il me semblait pouvoir, sans présomption , espérer le >' succès.
n II ne devait pas en être ainsi : les incidents les plus )' inouïs et les plus inattendus allaient déjouer toutes mes M prévisions.
» L'ennemi s'avançant avec des forces très-considéra- » blés, je rappelai à moi les colonnes mobiles, qui opérèn rent leur mouvement rétrograde dans le meilleur ordre, » sans se laisser entamer, et après avoir défendu successin vement, et pied à pied , toutes les positions en avant ; » j'établis toutes mes troupes sur les lignes de défense que » je leur avais choisies. Les attaques de l'ennemi étaient » opiniâtres et incessantes.
» Néanmoins, le 10 janvier au soir, toutes mes lignes » étaient intactes, et, malgré les doléances de quelques « chefs, venant me déclarer que leurs troupes en avaient « assez et refusaient de se battre, et me supplier d'ordon- » ner la retraite, ma confiance était entière.
» Le 11 au matin, je parcourus à cheval toute la ligne M de bataille, relevant le moral des troupes, leur promet- » tant des récompenses que vous m'aviez autorisé à leur » décerner, et faisant un appel, écouté et compris par elles, )) à leur patriotisme et à leur courage.
» La bataille s'engagea à ma droite sur les hauteurs en » avant de Pontlieue. L'amiral maintenait toutes ses posi- « tions et pénétrait même sur celles de l'ennemi. Sa gauche >i seule avait faibli un instant; mais j'avais arrêté ce mou- » vement en faisant placer sur les hauteurs d'Yvré deux » batteries , qui prirent l'ennemi d'écharpe et le firent » reculer.
» Au centre, le général de Colomb luttait péniblement » sur le plateau d'Auvours, que l'ennemi avait un instant
« menacé d'occuper tout entier. Mais un effort vigoureux » du géne'ral Goujard l'en chassait, et nous laissait maîtres » des positions.
» A gauche et plus en avant , le général Jaurès com- » battait sans perdre un pouce de terrain , et avec avan- " tage.
» Aussi, quand, vers six heures du soir, je quittai le » champ de bataille pour rentrer à mon quartier géné- » rai, j'étais on ne peut plus satisfait de la journée, qu'on » pouvait à bon droit considérer comme une victoire, et » tout prêt à recommencer le lendemain .
» Tant d'efforts allaient être perdus. J'appris d'abord " que le général de Lalande, placé par l'amiral au plateau M de la Tuilerie, au centre de sa ligne, avec les mobilisés » de Bretagne etde l'artillerie, avait évacué spontanément, » à la nuit, cette magnifique position sans la défendre, » et devant des forces très- inférieures. Les mobilisés » d'Ille-et-Vilaine avaient fui au premier obus ; l'ennemi » s'était installé à la Tuilerie sans coup férir.
» Je donnai à l'amiral l'ordre de réattaquer immédiate- » ment et de reprendre à tout prix la position la nuit « même. A deux heures du matin, l'amiral m'informait )' qu'après avoir été réunies et amenées à grand 'peine, » les troupes chargées de cette attaque s'étaient enfuies et » débandées au premier coup de fusil , et que la position » n'avait pu être reprise ; que la division de Jouffroy, pla- » cée ù sa gauche, s'était débandée pendant la nuit et avait » lâché ses positions , aussitôt occupées par les Prussiens , » et que sur tous les points , à l'exception de la division " Roquebrune, les troupes, prises d'une panique et d'une » défaillance inexplicables, se débandaient en grand nom- » bre , qu'on ne pouvait plus compter sur elles , et qu'il » fallait songer à la retraite.
» Je répondis en donnant l'ordre formel de prendre
» l'offensive sur toute la ligne , au point du jour, et de " réoccuper à tout prix les positions abandonnées la nuit.
» A sept heures et demie, le 11 au matin, l'amiral me « rendait compte qu'il était impossible de faire marcher » les troupes, qui refusaient de se battre et se déban- » daient, que la retraite était impérieusement commandée.
» La situation était la même au centre , où les troupes >) avaient également abandonné le plateau d'Auvours.
n Si je n'avais écouté que mon indignation, j'aurais fait » sauter les ponts et lutté quand même.
» Néanmoins, j'ai cru que mieux encore valait consern ver cette armée à la France , dans l'espoir qu'un jour » peut-être elle prendrait sa revanche, et j'ai donné, en )' pleurant de rage, l'ordre de la retraite.
» Si je vous ai parlé des hgnes de Garentan , c'était » comme point de direction extrême et général, point que )' vous m'aviez désigné ; mais je n'avais jamais eu l'inten- » tion de m'y rendre directement.
» Je n'avais qu'une idée : donner à mon armée l'occa- » sion de laver cette tache, et arriver encore à temps pour » sauver Paris.
» Aussi, sans hésiter, je me décidai à battre en retraite » sur Alençon. Là, en me réunissant au 19* corps, encore » intact , ralliant autour de moi tout ce qui avait du » cœur dans la deuxième armée , j'aurais marché sur » Paris : tous, cette fois, prévenus qu'il fallait arriver ou » mourir.
» La grandeur du but à atteindre me semblait justifier » ces risques suprêmes. Vous en avez jugé autrement. >' J'obéis.
» La retraite s'opère très - convenablement sur la » Mayenne. Le 2V corps , du général Jaurès, a passé la » Sarthe à Montbizot, à la Guierche et à Beaumont, après » s'être replié dans le plus grand ordre, combattant vigou-
>» reusement, et m'a rallié à Sillé-le-Guillaume. Dans qua- » tre jours, je serai à Laval, où je vais concentrer l'armée " et hâter sa réorganisation. Telle va être désormais mon » unique pensée, et j'y réussirai. Si le suprême bonheur " de sauver Paris nous échappe , je n'ai pas oublié qu'a- » près lui il y a encore la France, dont il faut sauver l'exis- » tence et l'honneur.
» Le général en chef,
» Signé : Ghanzy. »
La journée du 14 fut employée à régulariser les positions du 1 7* corps et à achever les mouvements que le 21* avait encore à faire pour prendre celles qui lui étaient indiquées autour de Sillé-le-Guillaume. Ce dernier était ainsi réparti : la première division à Saint-Remy de Sillé, la deuxième à Montreuil-le-Ghétif , la troisième en avant de Sillé, à cheval sur la route de Gonlie ; la division de Bretagne à Mont-Saint-Jean; la réserve à Sillé-le-Guillaume.