LIVRE CINQUIÈME. — LAVAL
la direction du Mans. Bien que rien dans la conduite de ces braves cavaliers jjendant toute la guerre ne justifiât cette hésitation, un officier d'ordonnance alla prendre le parlementaire et l'amena au grand quartier général. Le prince Charles envoyait le texte de la convention conclue à Versailles ', et se déclarait prêt, pour l'armée qu'il commandait, à se retirer, à partir du 31 janvier à midi, en deçà de la ligne de démarcation indiquée par l'article 1*% dans le cas où le général en chef y adhérerait par écrit :
Ce document, si impatiemment attendu, n'était encore connu de personne en France; il fut transmis sur-le-champ et par le télégraphe à la délégation de Bordeaux, qui en ignora complètement la teneur jusqu'au 30 janvier à onze heures du soir.
CONDITIONS DE h ARMISTICE.
L'article 1", après avoir fixé la durée de la convention, portait : « Les armées belligérantes conserveront leurs po- » sitions respectives, qui seront séparées par une ligne de » démarcation. Cette ligne partira de Pont-l'Évéque , sur » les côtes du département du Calvados , se dirigera sur » Lignières dans le nord-est du département de la Mayenne, » en passant.entre Briouze et Fromentel, en touchant au » département de la Mayenne à Lignières, elle suivra la » limite qui sépare ce département de celui de l'Orne et » de la Sarthe jusqu'au nord de Morannes, et sera con- » tinuée de manière à laisser à l'occupation allemande les » départements de la Sarthe, de l'Indre-et-Loire, de Loir- » et-Cher, du Loiret, de l'Yonne, jusqu'au point.., etc. »
Le général en chef répondit immédiatement au prince Charles pour lui accuser réception du document qu'il avait
* Voir à l'Appendice du livre V le texte de cette convention et la lettre du prince.
bien voulu lui communiquer, et lui déclarer, qu'à partir du 31 à midi, tous ses avant-postes se tiendraient à dix kilomètres en deçà de la ligne de démarcation. Il ajoutait ensuite : « Afin d'éviter toute ambiguïté, le général com- » mandant en chef la deuxième armée française se repor- » tant au texte de l'article V\ fait connaître au comman- » dant en chef des forces allemandes que par suite des » positions occupées actuellement par les troupes fran- >' çaises, il a admis de la façon suivante la ligne de dé- » marcation : de Honfleur sur la côte, par Pont-rÉvêque, » Lisieux, Livarot, le Ilaras-du-Pin, Argentan, Écouché, » Fromentel, Ranes, Garrouges, Lignières, et à partir de » là, la limite des départements de la Mayenne avec » l'Orne et la Sarthe, et du Maine-et-Loire avec la Sarthe >' et l'Indre-et-Loire. »
INSTRUCTIONS DU 30 JANVIER POUR INEXÉCUTION DE l'aRMISTICE.
Des instructions en conséquence furent immédiatement données aux commandants des corps d'armée, avec l'ordre de s'y conformer pour le 31 janvier à midi, heure à laquelle leurs avant-postes devaient être repliés à dix kilomètres en deçà de la ligne de démarcation ainsi déterminée ' . .
Toutefois, en raison de leur éloignenient du grand quartier général, les généraux Gléret et Dargent étaient autorisés, tout en se conformant aux instructions d'ensemble, à traiter, pour les détails, directement avec les commandants des corps ennemis qu'ils avaient en face d'eux, à la condition de rendre compte d'urgence de ce qui pourrait se produire.
Tout en faisant exécuter complètement et loyalement
' Voir ù l'Appendico du livre V les instrnciions du 30 janvier.