ORDRE GÉNÉRAL
« Officiers et soldats de la deuxième armée ,
» Un nouveau coup nous frappe , mais ne doit ni ne « peut nous abattre . Après une lutte héroïque qui a duré « près de cinq mois, après des souffrances et des privations » noblement supportées, alors que toute ressource était » épuisée à Paris, le Gouvernement de la défense nationale " a dû conclure, le 28 janvier, à Versailles, avec l'ennemi, " une convention dont la conséquence est un armistice de » vingt et un jours, expirant le 19 février.
)' Quelque pénible que soit pour vous la situation que » crée cette mesure, alors que confiants en votre bon » droit, animés par votre patriotisme, vous alliez tenter » de nouveaux efforts, la parole du Gouvernement engagée » doit être loyalement respectée : les hostilités sont sus- » pendues.
» Une Assemblée est convoquée, elle saura affirmer que » la France entend que son honneur reste intact comme 1) son territoire.
» Le devoir pour vous est de mettre ce repos forcé à " profit pour vous préparer à reprendre la lutte , si des M prétentions orgueilleuses rendent une paix honorable " impossible. Sans autre idée que de sauver la patrie, vous » resterez l'armée de l'ordre et de la défense nationale , » prête à tous les sacrifices, animée d'un seul désir, celui « de combattre à outrance jusqu'au triomphe, d'un seul M sentiment, celui de la vengeance, si le but de l'Allema-
» gne est de nous opprimer, de nous réduire et de nous » humilier.
» Au giand quartier général de Laval, le 31 janvier 1871.
» Le général commandant la deuxième armée,
» Signé : Ghanzy. »
•Les jours suivants allaient être employés h achever l'organisation de l'armée , à améliorer son instruction, sa discipline, à activer la réunion des forces de Bretagne, et à régler toutes les questions de délimitation entraînées par l'armistice, qui ne devaient du reste soulever de réelles difficultés que devant le front du 19* corps.
NEGOCIATIONS POUR I.E REGLEMENT DES QUESTIONS MILITAIRES DE l'armistice.
Le général Avensleben , commandant le 3' corps prussien, en face du centre de la deuxième armée, avait fait proposer par la lettre ci-après des modifications basées sur des considérations topographiques :
« Quartier gcnéral du château de Courteille, \" février 1871.
« La convention relative à l'armistice du 28 janvier »' 1871 fixe la ligne de démarcation à partir de Lignières, » en suivant la limite administrative d'un côté entre les ») départements de la Mayenne et de Maine-et-Loire, et, » de l'autre , celle entre les départements de l'Orne et de » la Sarthe.
» Comme cette ligne ne suit aucune trace apparente et » aucune route, l'enchevêtrement de troupes pourrait faci- » lement donner lieu à des collisions. En conséquence, je » propose a Votre Excellence de désigner les contours des » cantonnements par des cours d'eau ou par des routes. Je