LIVRE CINQUIÈME. — LAVAL
w nation à l'idée des sacrifices qu'elle doit faire. Il faut » qu'après avoir disputé le terrain pied à pied, on le cède » à l'ennemi en faisant le vide autour de lui, en le privant » de toute ressource. Dans cet ordre d'idées, l'armée du » Nord, en s'appuyant sur les places fortes, peut, aidée » par les habitants armés, forcer l'ennemi à maintenir " devant elle au moins 100,000 hommes. Les soulève- » ments dans les départements envahis, de Paris au Rhin, » doivent nécessiter une même force pour assurer aux » Allemands leur ligne de communication et leur occupa- » tion du pays. Les forts et la surveillance de Paris exigent « au moins 50,000 hommes de leurs troupes. Il leur faut » devant la première armée , et pour menacer Lyon, « 100,000 hommes. A l'ouest, pour se maintenir devant » la Normandie et devant la Bretagne bien défendue, cent » autres mille hommes ; et une résistance bien organisée >) par nous sur la rive gauche de la Loire les entraîne iné- » vitablement à se montrer de ce côté et sur cette vaste » hgne avec au moins 100,000 hommes ; soit 550,000 » hommes, ou tout au moins 500,000.
» Ces conditions admises, on ne peut songer à laisser » dans ses positions actuelles la deuxième armée , qui M constitue aujourd'hui la force la plus sérieuse et qui, je » le répète, ne peut plus rien pour Paris. Il faut donc, ne » laissant sur la ligne de la Mayenne que le strict néces- » saire pour donner aux forces organisées de Bretagne une « base solide, faire passer le reste sur la rive gauche de la » Loire en l'établissant sur des positions choisies, de façon ') à couvrir tout l'intérieur du pays.
» L'ennemi va évidemment, comme je le disais plus » haut, mettre à profit le temps de l'armistice pour masser n des forces considérables dans l'Indre-et-Loire, de façon " àpouvoir, à la reprise des hostilités, se porter sur Nantes, « et isoler ainsi la Bretagne du reste de la France. Si ce
» mouvement réussissait, alors que tonte la deuxième ar- » mée serait encore au nord de la Loire, cette armée, » menacée de front par les troupes du duc de Mecklem- » bourg et du prince Charles , menacée de flanc par un » corps ennemi manœuvrant dans le val inférieur de la » Loire, pourrait être refoulée successivement, et obligée » de jeter son aile gauche derrière les lignes de Garentan , » son centre et sa droite derrière la Vilaine ; et tenue dès » lors en échec, elle deviendrait inutile pour la défense du » pays. C'est ce qu'on doit éviter à tout prix; il faut donc » couvrir solidement la Bretagne et la Normandie, rendre » disponible la deuxième armée, garantir le sud-ouest de » la France.
» La défense de la Normandie et de la Bretagne, sur la » ligne de Honfleur à Angers, peut être organisée de la " façon suivante : en renforçant l'armée du général de » Colomb de deux divisions, celles des généraux Saussier » et Goujard, composées en grande partie des forces loca- » les, et en disposant ces troupes à peu près comme il » suit : 1° Dans le Calvados, la division Saussier, du » 19* corps, formée en grande partie des mobilisés du » Calvados et de l'Eure, derrière l'Orne, de Ouistreham » h Harcourt, défendant Caen ;
» 2° 1 5,000 mobilisés bretons sous les ordres du général » Lipouski , avec ses francs-tireurs , et défendant le pays » jusqu'à Argentan ;
» 3" D'Argentan à Domfront , la division Goujard , » formée au camp de Conlie et distraite du 21° corps;
» 4" De Domfront à Mayenne, la division bretonne du » général Chîirette;
» 5° A Laval, les deux divisions du 17* corps aux ordres » directs du général de Colomb, avec les 8,000 mobilisés » de la Mayenne;
» 6° A Chàteau-Gonthier et sur le cours inférieur de la