LIVRE CINQUIÈME. — LAVAL
» Mayenne, le corps Gathelineau, soutenu par les légion» » de la Loire-Inférieure du général Déranger.
» Les 14,000 hommes du général Gléret passeraient ') sur la rive gauche de la Loire, Chacun de ces groupes » devrait être rendu et établi sur ses positions pour le » 15 février. Pendant ce temps, le 19* corps (2 divisions), » le 2P corps (3 divisions) et le 16" corps (4 divisions) , » s'achemineraient sur la liOire, de façon à venir s'établir, » avant l'expiration de l'armistice , sur la Hgne qui, par- » tant de Vihiers où se trouverait la droite de la division » Cléret , passerait par Thouars , Poitiers , Montmorillon , » Ghâteauroux , Issoudun, se reliant de là au 25* corps » établi de Bourges à Nevers.
» Les forces disponibles dans le Midi renforçant le » corps d'armée du général de Pointe , tiendraient le pays » entre Nevers et Chagny : le reste, jusqu'à la frontière, » étant défendu par les troupes de Garibaldi et la pre- » mière armée.
« Cette disposition de nos forces obligerait, je le répète, » l'ennemi à une dispersion qui l'affaiblirait et qui pour- " rait nous ménager des chances de succès si , harcelé » constamment par la résistance locale , il lui devenait im- » possible de se grouper sur un point donné.
» Nos corps organisés, établis sur de fortes positions » préparées pour la défense, pourraient résister. le plus » longtemps possible, cédant le terrain s'ils y étaient I) obligés , pour se reporter sur de nouvelles positions dis- » posées à l'avance, obtenant ainsi le résultat que nous » devons tout d'abord chercher, celui de prolonger la » défense.
» Cette résistance pourrait se produire successivement » dans des contrées de plus en plus difficiles pour l'en- " nemi , et acquérir , notamment en Auvergne , une soli- » dite d'autant plus grande , que nous aurions eu d'ici là
» le temps d'organiser, dans de bonnes conditions , les » ressources que le pays peut encore donner.
» En résumé : organiser partout la défense locale, forcer » l'ennemi à se disperser, mettre l'Allemagne dans la né- » cessité de maintenir en France une armée d'au moins » 500,000 hommes qu'elle ne peut plus fournir sans im- » poser à sa landwehr et à ses dernières réserves l'obliga- » tion de rester sous les armes , alors qu'elle n'a obtenu » cet effort qu'en propageant l'idée que la chute de Paris » serait la fin de la guerre ; éviter les grands engagements »> avant l'organisation solide de nos troupes; défendre » enfin le sol pied à pied et amener la nation à compren- » dre que , pour sauver son honneur et son intégralité , » elle n'a d'autre moyen que le sacrifice de ses intérêts » matériels du moment et la résistance à outrance.
» Le général en chef,
» Signé : Chanzy. »
En même temps que ce rapport , le général en chef adressait au général de Colomb la dépêche suivante :
« Laval, 4 février.
« J'ai proposé au ministre de la guerre un plan d'opé- « rations pour le cas très-probable où les hostilités seraient « reprises le 19; j'attends sa décision. Si elle est telle que » je la désire, les 16% 19' et 21* corps devront être siirla » rive gauche de la Loire assez à temps pour y occuper, » avant la fin de l'armistice, les positions que j'indique. Pour » arriver à ce résultat , le 1 9* corps n'a pas moins de deux » cent cinquante kilomètres à parcourir , c'est vous dire » qu'il n'y a pas un moment à perdre et combien il me n tarde de connaître la décision du ministre; c'est vous » dire aussi combien il importe de presser l'organisation