LIVRE TROISIEME
N° 385. Général Chanzy à généraux et préfets au Mans et à Tours.
Château des Noyers, 13 décembre 1870.
Mon armée a achevé aujourd'hui son mouvement de retraite sans être inquiétée. Blois, évacué hier à deux heures par le général Barry, n'était pas occupé ce matin à six heures. Je crois l'snnemi moins nombreux et moins menaçant qu'on ne le dit sur les deux rives de la Loire. Je ne m'explique pas la panique de Tours. Les renseignements que vous me donnez sont fort vagues. Tâchez de les vérifier; ceci est de la dernière importance. Signé : Chinzt.
N» 393. Général Chanzy au général Sol, commandant à Tours,
Chàteaa des Noyers, U décembre 1870.
Il est de la dernière importance pour la deuxième armée que tous le» services militaires , le chemin de fer et le télégraphe restent organisés à Tours jusqu'à la dernière extrémité. Rien ne m'explique la panique qui s'est produite dans cette ville. La marche de l'ennemi sur Tours ne me paraît pas inquiétante jusqu'ici. Quelques troupes bien placées entre le Cher et la Loire peuvent l'arrêter de ce côté. Je me maintiens à Vendôme en faisant occuper Saint-Amand et Château-Renault,
Faites-moi connaître les troupes dont tous disposez , les dispositions que vous avez prises et les renseignements exacts sur l'ennemi de vos côtés. Signé : Cbainzy.
Guerre à général Chanzy, à Vendôme.
Vendôme, de Bourges, le 15 décembre 1810, sis heures dix, matin.
J'ai reçu votre dépêche. J'ai passé les ordres les plus précis et les plus rigoureux au général Sol pour qu'il se porte dans la direction d'Amboise, et j'ai communiqué votre dépêche à Bourbaki à son quartier général. Je vais faire l'impossible pour vous faire appuyer.
LÉON Gambetta.
Guerre à général Ferri Pisani, à Angers; communication à général Chanzy à Vendôme et Gambetta à Bourges.
Vendôme, de Bordeaux, 15 décembre 1870, à huit heures cinq minutes du soir.
La droite du général Chanzy, établie vers Saint-Amand et Château- Renault, est menacée d'être tournée par un corps prussien parti de Blois. Prenez toutes les troupes qui peuvent être mises en route à Angers , embarquez-les par le chemin de fer pour Tours oii vous vous rendrez vous-même le plus tôt possible. Il y a à Tours actuellement envii'on 5,000 hommes qui, avec ce que vous ferez partir d'Angers , vous donneront le moyen de faire une diversion sur Amboise pour inquiéter et retarder la marche de l'ennemi. Vous prendrez le commandement des troupes et celui de la 18« division militaire. Vous aviserez le général Chanzy à Vendôme du chiffre des forces que vous aurez réunies et du mouvement que vou3 tenterez. Je vous recommande de ne pas vous avancer sans vous éclairer soigneusement; ne perdez pas de vue que le but de votre opération est simplement de retarder la marche de l'ennemi sur la droite de Chanzy en l'inquiétant par cette démonstration vivement menée. Le général de Curten est chargé de rallier à Poitiers quelques troupes. Je lui donne l'ordre de vous appuyer dès qu'il aura réuni une force suffisante. Il faudra donc l'aviser aussi de tout ce que vous ferez. Il arrivera à Poitiers cette nuit. Signé : de FREYcmET.
Général de division à Tours à général Chanzy, Vendôme.
Vendôme, de Tours , le 15 décembre 1870, à neuf heures cinquante-cinq minutes du matin.
Ne puis opposer à l'ennemi que 5,000 hommes. Ces troupes sont placées à Ver non, Montlouis , Saint-Martin-le-Beau et Bléré. Je vais
faire occuper la forêt d'Amboise abandonnée par le colonel Lipouski et ses troupes, malgré mes ordres. J'attends le retour de mon chef d'état-major, colonel Clary, des avant-postes, pour rendre compte de la position de l'ennemi.
Général Chanzy au général Jaurès, à Busloup par Pezou.
^ Vendôme, 15 décembre 1870, deux heures du matin.
Il est fâcheux que l'ennemi ait traversé le Loir et se trouve sur la rive droite après avoir occupé Fréteval. Tâchez de le déloger demain de cette position. Le général commandant le 17* corps reçoit l'ordre d'appuyer votre mouvement. La 3* division sera prête à se porter à votre aide , si vous en avez besoin , dès que vous le lui ferez connaître.
Faites surveiller le pont de Saint-Hilaire et faites-le sauter si besoin est, dans le cas où la division qui est à Morëe serait obligée de se replier.
Comment se fait-il que les reconnaissances que vous avez dû feire faire le long de la forêt de Marchenoir et en avant de vos positions n'aient pas signalé cette marche de l'ennemi et que vous vous soyez laissé surprendre à Fréteval ?