‹ La deuxième aux doctrinaires [Les classes prédominantes]Chapitre 2 sur 3 · DES LIBERTÉS EN FRANCE AVANT · texte numérisé non relu

DES LIBERTÉS EN FRANCE AVANT

PAR C. DE FEUILLIDK

Auteur de : Ir Midi ilr la France ri i tau, I.’ Irlande , le Ckdlean de fiai» . f/UloIre des nèrolitlioits de Farlt. Ist Nationalités. L'Algérie /marc/ isc, etc.

L'auteur de ce livre a voulu, par l’étude des causes sociales qui ont nécessité la révolution de 1789, aller au fond des causes permanentes des révolutions dans le inonde, et, si on ne les extirpe, de leur retour inéluctable en France.

Il lui a fallu pour cela, quoi qu’il ait pu en coûter à scs préférences secrètes, n’étre d'aucun des partis qui ont agité ou gouverné la société française. Aristocratie, Église, Bourgeoisie, Monarchie, République même, qu’importe! ce ne sont là que des façons d’être passagères et relatives, touchant à l’humanité par la forme plus que par le fond. Il a été Homme et Peuple, façons d'être éternelles et absolues, et pour qui le corps est plus

que le vêtement dont les constitutions le recouvrent. Du haut de ce critérium peu usité en recherches et en synthèses d’histoire, il a pu exposer et juger d'après eux-mèmes, et non d’après des idées préconçues, les pouvoirs, les institutions, les choses, les actes et les hommes de la société française. Eclairé par ses études qui ont fait sa foi politique et sociale, enseigné, mûri, mais non découragé par les mécomptes qui ont suivi les luttes de son temps, dont il a pris sa part, il est arrivé, par la logique et par l’histoire, à cette double affirmation :

i° Avant t"89, comme depuis, sous tous ses gouvernements, quels qu’aient été leurs formes et leurs mécanismes, leurs hommes et leurs lois, la France n’a jamais été mise en possession que de droits-fictions, avec lesquels les gouvernements et les partis qui en partageaient l’exploitation ont amusé le peuple, ou de droits-privilèges, avec lesquels ces mêmes gouvernements et ces mêmes partis l’ont asservi et exploité.

2° Pour les écrivains monarchiques de la noblessp, du clergé, de la bourgeoisie, et trop souvent aussi pour les écrivains de l’opinion républicaine, la révolution française serait sortie de questions politiques de droits, de pouvoirs, de réformes, de déplacement pour certaines classes, pour certains intérêts, plus encore que de questions sociales d’universalisation de liberté, d'égalité, de dignité, de bien être; pour niveler ce qui était monté à la surface plus que pour aider à monter ce qui était resté au fond ; pour donner accroissement et force à la collectivité dominante, au droit social, plus que pour venir en aide et préparer les voies à l’individualité militante, au droit humain.

Étudiée dans ses causes, au critérium Homme et Peuple qui a été affirmé par le Fondateur du christianisme entre le monde ancien et le monde nouveau, entre le principe d’autorité, qui avait fait son temps et dont le dernier mot était esclavage , et le principe de liberté, qui allait commencer le sien et dont le dernier mot doit être individualisme, la Révolution française, selon l’auteur de ce livre, est sortie, au contraire, des entrailles profondes d’une question d’économie sociale, pour la réintégration de droits dévolus à tous par les lois constitutives de la nature

morale et physique de l’homme, et répartie seulement à quelques-uns par les institutions de la politique et de la société.

C’est par celte question, demeurée insoluble, depuis l'origine sociale, aux mains des empereurs, des rois et des pontifes, qu’ont fini et que doivent finir les dynasties et les empires; c’est par elle que les sociétés s’en vont, d’une civilisation fastueuse et inintelligente des droits et des besoins de l’homme, à toutes les dépravations de la prépotence du droit social, jusqu’à ce que des principes nouveaux et des races nouvelles viennent régénérer les mœurs, les races et les idées, comme il arriva au monde romain sous le double courant de l'invasion simultanée des Barbares et du christianisme, comme il est arrivé au monde d’avant 1789 sous le double courant des idées de la philosophie et de l’action inattendue des classes plébéiennes.

Dans une introduction largement écrite, M. C. de Feuillide pose les principes qui doivent guider l’écrivain dans la recherche de la vérité; il établit avec une logique rigoureuse le droit individuel de l’homme à la liberté; il montre qu'il ne peut y avoir d’ordre réel sans liberté, et consacre quelques pages éloquentes à prouver l’impuissance du despotisme et du monopole, et la légitimité de la souveraineté du peuple.

Cet important ouvrage forme 1 beau t« 1 . lu- H de plus de 400 pages. Pvi* franco : O fr.

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