‹ La développement de la constitution anglaise depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 20 sur 69 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

blesse? C'est qu'il s'élevait entre tous deux pour ainsi dire un rempart que le premier ne pouvait franchir. Les lois, les mœurs, les caractères, le privilège dans les obligations et les avantages, tout les divisait. La scission était profonde, l'antagonisme naturel. Gomment l'observateur impartial découvrirait-il la plus faible analogie entre cette situation passée et celle où se trouvent placées de notre temps, vis-à-vis l'une de l'autre, la classe ouvrière et la classe bourgeoise? Aucun obstacle n'arrête l'artisan qui aspire à une condition supérieure ; aucune loi ne l'enchaîne, aucun préjugé ne l'écarté, aucune préférence ne l'exclut. Que lui faut-il? Ce n'est pas même l'accumulation d'une épargne, souvent impossible, difficile toujours; c'est le sage emploi du salaire quotidien, la culture de l'esprit, la règle et la convenance introduites dans ses habitudes qu'elles polissent. Le bourgeois est l'homme du peuple affiné; l'homme du peuple est à son tour, si l'on veut bien ne pas s'offenser de l'expression, le bourgeois à l'état rudimentaire et imparfait. On pouvait, dans l'ancien régime, faire un noble par exception ; dans le nouveau, le développement qui transforme l'individu , dans son ascension hors de la foule jusqu'à l'élite bourgeoise, est un phénomène naturel et [régulier. La noblesse

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