INTRODUCTION. XXVII
rie des esprits, le penchant à la tyrannie, la rude et brutale impatience, l'orgueil sans bornes, autant de causes actives de désorganisation et de trouble. La puissante union américaine se débat maintenant contre ces fléaux qui la rongent, et nul ne peut dire si cette crise redoutable, dont nous voyons le début, sera surmontée par sa sagesse et son bonheur.
Tout autrement en a-t-il été de l'Angleterre. Le germe démocratique, déposé dès l'origine dans sa constitution, après avoir donné une première floraison, y resta comme à l'état latent, agissant avec sûreté, mais lentement et en silence, et dans sa croissance inégale, bien que continue, arrive àpeine de nos jours à une seconde et définitive éclosion. Il était dans la nature particulière de ce principe et des institutions qui en découlèrent de ne favoriser l'avènement de la foule qu'au fur et à mesure qu'elle s'était en quelque sorte épurée et avait passé, comme on pourrait dire, au crible d'une éducation sociale (15). Le peuple, en Angleterre, n'a pas cessé un moment de prendre part à l'administration de l'État ; mais il n'exerça ce droit qu'à la condition de se transformer, de devenir comme un peuple nouveau, éclairé, poli, ennobli par le talent, la vertu ou la richesse honnête. Il