‹ La développement de la constitution anglaise depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 26 sur 69 · XXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVIII INTRODUCTION

faut dire à son éloge que, par son caractère calme et sensé, par ses instincts dociles et respectueux, il se prêtait admirablement à ce frein salutaire. Le peuple anglais, de tout temps, a revendiqué fièrement ses libertés publiques et privées, et s'en est assuré la pleine possession, à la différence d'autres pays, comme la France, où le tiers, si remarquable qu'il fût par ses lumières et sa capacité, eut besoin un jour de prétendre à être tout, parce que jusquelà il n'avait été rien. Mais ce même peuple s'est aussi toujours distingué par un rare sentiment d'estime et de soumission vis-à-vis de ceux que leur mérite, leur influence ou leurs charges élevaient à un degré supérieur dans la hiérarchie des citoyens. Il aspirait à y monter avec eux ; mais il regardait comme une condition équitable qu'on n'y parvînt qu'au prix des mêmes travaux. Ainsi les mœurs, de concert avec les lois, établirent, dans une nation si bien douée pour la liberté et peu soucieuse d'une égalité mensongère et périlleuse, une démocratie aussi réelle que celle d'Athènes et de Périclès, dont elle se glorifie à bon droit d'avoir reproduit l'éclatant modèle. Cette démocratie ne se livra pas à la multitude tumultueuse et inculte. Fondée sur l'amélioration graduelle du corps de la nation, elle se confia prudemment à une élite

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