XLVI INTRODUCTION
comme de s'arroger tous les droits (26). L'instruction et l'éducation corrigeront ce mal, parce que, s'il est grand, il ne tient pas du moins, on peut s'en convaincre, à notre constitution intime et à notre sang. On a parlé de décadence ; on a dit que nous fléchissions sous l'héritage héroïque de nos pères et sous le poids de notre révolution. N'a-t-on pas prétendu aussi que l'Angleterre était dégénérée de ses ancêtres et penchait vers sa ruine ? Non, et, quels que soient les symptômes dont on puisse s'effrayer en ce moment, quelles que soient les appréhensions que conçoivent les âmes timides et qu'alimentent en elles des esprits mécontents ou exaltés, ne nous laissons pas aller à un découragement indigne. A l'heure de la décadence, un trouble profond règne partout, dans les régions moyennes comme à la cime et dans les bas-fonds ; l'égoïsme, la peur, tous les sentiments dangereux ou vils envahissent l'être social entier ; comme on ne s'assure sur rien, on dédaigne l'effort, on s'abandonne au hasard ; le regard, qui n'ose percer dans l'avenir, se détourne du côté du passé pour y chercher des motifs de récrimination contre le présent ; le mouvement des esprits et des bras, paralysé, s'arrête ;• les sciences ne découvrent plus de nouvelles vérités ; l'industrie n'en cherche plus d'ingé-