M INTRODUCTION
du temps et des luttes intestines, mais encore en ont tiré comme une sève fortifiante qui renouvelait leur vigueur. Ne cherchez pas autre part : dans ces institutions mêmes gît le secret de la félicité que vous nous enviez à bon droit. Et savez-vous quel principe elles recèlent pour défendre si bien un peuple contre les défaillances et la chute? La liberté. »
La liberté ! Grande chose et grand nom, qui effraie les uns, qui exalte les autres, qui a ses obscurités pour tous. Au delà du détroit, on lui attribue tous les biens ; en deçà, on n'est pas loin de lui imputer tous les maux. La vérité n'est-elle pas que cette force redoutable a besoin d'être maniée avec une dextérité que nous n'avons pas acquise, en sorte que notre inexpérience seule doit porter le poids de nos accusations et de nos reproches ? N'est-il pas évident que le libre exercice des facultés de l'individu est le nerf d'une société, et que celle-ci marche à une décadence inévitable, soit dans les langueurs de l'anémie, si l'individu renonce à ses droits, soit dans les convulsions d'une anarchie mortelle, si le pouvoir les lui conteste?
L'Angleterre a donc raison de nous vanter ses institutions libérales. C'est à l'ombre de la liberté qu'elle a grandi et qu'elle prospère encore si merveilleusement de nos jours; c'est aussi sous cet