‹ La devotion a Marie en exemples, ou, Excellence des prieres et des pratiques en l'honneur de la tres-Sainte ViergeChapitre 34 sur 35 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

En parcourant les traits si touchants, renfermés dans ces deux volumes, les pieux enfants de Marie ont pu se convaincre que la vraie dévotion à cette divine Mère est un signe assuré de prédestination. Tous les Docteurs et les Pères de l'Église confirment dans leurs écrits cette consolante vérité.

Le culte de la très-sainte Mère de Dieu, envisagé dans ses rapports avec la prédestination des hommes, est, dans le plan des divines miséricordes , le moyen par excellence pour fixer les enfants de la grâce, pendant leur épreuve, dans la foi, dans l'espérance et la charité qui jaillissent des profondeurs de l'incarnation du Verbe et pour leur faire mériter la félicité surnaturelle et suprême , qui sera le terme et la récompense de leurs combats et de leurs mérites.

La dévotion envers la bienheureuse Mère du Christ est donc, ainsi que l'enseigne saint Bernard, le signe le plus certain du salut de ses enfants. Certissimum est signum salut is œternse consequendœ.

Quand nous disons que la dévotion envers la sainte Vierge

est le signe le plus certain du salut éternel de ses serviteurs, nous parlons d'une dévotion vraie, d'une dévotion qui ne repose pas sur de simples apparences, mais qui est marquée aux caractères d'une saine théologie. Il y a de faux dévots qui prennent des ombres pour des réalités. On peut leur appliquer ces paroles énergiques et sévères du grand apôtre : « Ils ont l'apparence de la dévotion et de la piété. Ils n'en ont ni la vérité, ni la vertu. »

Le vrai serviteur de Marie croit, du fond de son âme, toutes les merveilles que le dogme de la maternité divine implique, auxquelles il touche, dont il est le sommaire, la haute et la plus attrayante manifestation. Le vrai serviteur de Marie se livre, sans réserve, à l'action d'un culte qui est le résumé le plus complet de toutes les révélations dans l'ordre des dogmes , dans l'ordre des préceptes et dans l'ordre des conseils de l'Évangile. Le vrai serviteur de Marie aime, de toutes les puissances de son âme, la Mère de Dieu. Il l'aime, parce que Dieu l'a aimée d'une tendresse et d'une prédilection infinie ; il l'aime, parce que l'amour que les enfants de la grâce ont pour la Mère de Dieu plaît infiniment au Père céleste; il l'aime, afin d'être aimé de Celui qui aime plus sa divine Épouse, sa divine Mère, sa Fille unique, qu'il n'aime les anges et les hommes ; il l'aime, afin d'être aimé de cette douce Vierge, qui a aimé son Dieu d'un amour dont Dieu seul peut mesurer l'étendue ; il l'aime, enfin, d'un amour qui ne craint que de perdre l'amour de Dieu et l'amour de la Mère de Dieu.

Une dévotion marquée à ces signes est le gage le plus certain de la prédestination et du salut. Certissimum est signum salutis œternœ comequendœ.

Les titres glorieux que l'Église lui donne, en l'appelant la Mère de la grâce et de la miséricorde, doivent surtout nous exciter à implorer sa protection, puisque, par ces paroles,

elle nous marque que, s'il est des âmes choisies, des âmes favorisées de certaines grâces particulières, elles en sont redevables à la protection de la très-sainte Yierge, qui les leur a procurées.

Saint Bernard, qui fut toujours regardé comme un des plus fidèles et des plus illustres défenseurs de Marie, était bien persuadé du grand zèle qu'elle a pour notre perfection et de son pouvoir immense auprès de Jésus, quand il a dit que Dieu n'accorde aucune grâce que par l'entremise de sa divine Mère; que tous les pieux mouvements, toutes les saintes inspirations ne nous viennent que par sa médiation; que la faveur, la force, le courage, dont nous nous sentons animés pour pratiquer les vertus, pour combattre les vices et pour vaincre toutes les tentations auxquelles nous sommes exposés, nous sont communiquées par son entremise; et qu'enfin, selon la disposition présente de la Providence, tous les dons que nous recevons de sa miséricorde, passent par les mains de sa sainte et puissante Mère, qui en est l'économe, la trésorière et la dispensatrice, pour les distribuer à qui il lui plaît, quand il lui plaît et autant qu'il lui plaît.

Soyez fidèle, dit saint Liguori, à honorer et à aimer cette bonne Mère; ayez soin de la faire aimer de tous ceux que vous pourrez; et, croyez-moi, si vous persévérez jusqu'à la mort dans la véritable dévotion envers Marie, votre salut est assuré.

Et maintenant, nous pouvons répondre à ces questions formidables: Serai-je sauvé? Suis-je du nombre des prédestinés? Mon nom est-il écrit dans le livre de vie? N'en serat-il jamais effacé? Atteindrai-je, après la navigation périlleuse du temps, le port de la bienheureuse éternité?

Vous serez sauvé si vous avez une dévotion sincère, solide, profonde, immuable pour la douce Mère de la grâce et

de la miséricorde; vous serez sauvé si vous ne cessez jamais d'aimer, d'invoquer, d'imiter la bienheureuse Mère de l'espérance, l'auguste Mère de tous les élus, la puissante patronne de l'univers; vous serez sauvé si, après avoir mis en elle une confiance entière, vous lui remettez le soin de votre destinée finale; si' vous lui abandonnez pleinement, irrévocablement le salut de votre âme; vous serez sauvé si, en quittant cette vallée des misères et des larmes, vous lui dites une dernière fois, avec l'accent d'une indéracinable et (Fune invincible confiance :« Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi, pauvre pécheur, maintenant et à l'heure de ma mort. »

Il y a, dans le nom seul de la bienheureuse Marie, Vierge et Mère, Mère de Dieu et Mère des hommes, une suavité et une douceur ineffable; il y a dans ce nom, le plus beau et le plus saint des noms, après celui de Dieu, une attraction, une douce et subjugante séduction, à laquelle rien ne peut être comparé. îl faut avoir fait un pacte avec l'enfer pour résister à la puissance, pour ainsi dire irrésistible, de cette Mère de l'espérance et de la miséricorde.

Comment Dieu lui-même, je ne crains pas de le dire, aurait-il pu s'y prendre pour donner à la terre une protectrice plus riche de tendresse et d'amour pour les hommes? Comment aurait-il pu s'y prendre pour répandre sur les générations un baume de salut, de confiance et de vie, plus enivrant, plus merveilleusement attractif que celui qui s'épanche, comme d'une source inépuisable, du doux nom de Marie?

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