‹ La dévotion à saint Antoine de Padoue [microforme] (volume 3)Chapitre 16 sur 19 · RE AE · texte numérisé non relu

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L'œuvre du Pain Saint. Antoine est aujourd'hui universellement

‘conne, et elle jouit d’une popularité extraordinaire. Etablie dans

un grand nombre de villes, elle porte partout des fruits de charité et de salut.

L'origine en est simple et touchante. .Voici comment celle qui en est la fondatrice, Melle Louise Bouffier, la raconte, dans une lettre au R. P. Marie-Antoine, franciscain, propogateur de la dévotion à Saint Antoine de Padoue :

“ Mon Kévérend Père,

“Vous désirez savoir comment la dévotion à saint Antoine de Padoue a pris naissance dans notre

ville de Toulon. Elle s’e t développée, mon révérend Pèr. comme toutes les œuvres du bon Dieu, sans bruit, sans fracas et dans l’obscurité. Îl y a environ quatre ans, je n'avais aucune connaissance de la dévotion à saint Antoine de Padoue, si ce n'est que j'avais entendu dire, vaguement, qu'il faisait, en le priant, trouver les objets perdus.

‘ Un matin,le 15 novembre 1892, Je ne pus ouvrir mon magasin ; la serrure à secret se trouvait cassée.

Je fis demander un ouvrier serrurier, qui porta un grand paquet de clés et travailla environ une heure.

À bout de patience, il me dit : Je vais chercher les outils nécessaires pour enfoncer la porte ; il est impossible de l'ouvrir autrement.

‘“ Pendant son absence, inspirée par le bon Dieu, je me dis: Si tu promettais un peu de pain à saint An-

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foine pour ses pauvres, peut-être te ferait-il ouvrir la porte sans la briser. Sur ce moment, l'ouvrier revient, amerant un compagnon. Je leur dis : Accordez-moïi, je vous prie une satisfaction ; je viens de promettre du pain à saint Antoine de Padoue pour ses pauvres ; au

lieu d’enfoncer la porte, essayez

sucore une fois de l'ouvrir ; pentêtre ce Saint viendra:t-il à notre secours. Ils acceptent, et voilà que la première clé qu'on introduit dans }a serrure brisée ouvre sans la moindre résistance, et semble être Ja clé mème de la porte. Inutile de vous dépeindre la stupéfaction de tout ce monde ; elle fut générale.

À partir de ce jour; toutes mes pieuses amies prièrent avec moi le bon Saint, et la plus petite de nos peines fut communiquée à saint Antoine, avec promesse de pain pour $es pauvres:

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“Nous sommes dans l'admiration des grâces qu'il nous obtient.

“Une de mes anries intimes, témoin de ces prodig-s, lui fit promesse instantanément d’un kilogramme de pain, tous les jours de sa vie,s’1l lui accordait pour un membre de sa famille Ha disparition d'un défaut qui la faisait gémir depuis vingt-trois ans : ka grâce fut bientôt accordée, et ce défaut n’a plus reparu. En reconnaissance, elle acheta une petite statue de saint Antoine de Padoue, dont elle me fit présent, et nous l'installâmes dans une toute petite pièce obscure, où il faut une grande lampe pour y voir. C’est mon arrière-magasin. Eh bien ! le croiriez-vous, mon révérend Père ? toute la journée, cette petite chambre obscure est pleine de monde qui prie, et avec quelle ferveur extraordinaire !

Non-seulement tout le monde prie,

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mais on dirait que chacun est payé pour faire connaître et répandre cette dévotion. Les grâces se multiplient... Nous recevons journellement des mandats poste accompagnés de quelques gracieuses lignes de remerciment au bon saint Antoine..…....Il faudrait des volumes, si l’on voulait enregistrer les grâces déjà obtenues, tant spirituelles que temporelles.”

Quelle touchante ingénuité dans ce récit ! Quelle simplicité dans la fondation de cette œuvre si grande et aujourd'hui si populaire! Et que de faveurs obtenues par ce moyen depuis deux ans !

En plusieurs pays, il s’est rencontré des personnes pieuses et charitables, dignes -émules de Mlle Bouflier, qui ont, elles aussi, établi l’œuvre du Pain de Suint-Antoine.

Au Canada, en différents sanctuaires, on a installé une statne du

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Naint ; on a placé à ses pieds Îles

deux trones désormais tradition-

nels, l’un pour recevoir les requétes, l’autre pour les offrandes(1). Si les requêtes abondent, les offrandes sont aussi fort nombreuses: le Thaumaturge se plaît à exaucer les demandes qui lui sont adressées par cette voie, et ses pauvres reçoivent l'aumône qui apaise leur faim, dissipe leurs angoisses, et répand, avec la reconnaissance envers saint Antoine, la paix et la joie dans leurs demeures.

Partout où s'établit /e bon saint Antoine, il se produit un rayonnement de piété douce et de confian-

(1) Note.— On observe naturellement la plus complète discrétion au sujet des lettres déposées dans ces troncs. Quand une requête est exaucée, il faut en avertir. afin qu’on puisse la retirer. Le plus sûr est d'adresser son offraude sous enveloppe. Il est à désirer que l’enveloppe de la requête et celle qui en contient l’acquittement portent toutes deux les mêmes initiales ou nn même sigue, qui les fasse reconnaître comme venant

‘de la même personne,

ce naïve qui gagnent tout le monde.

On peut dire qre, dans notre pays encore croyant, son action ne rencontre pas d'opposition. Si, tout d’abord, quelques-uns hésitent à attribuer tout haut à sa puissance les faits merveilleux que l'on raconte, ils ne peuvent longtemps se soustraire à son influence, et ne tardent pas à entrer dans le mouvement. Ët, on peut les voir, quelque jour, aller discrètement déposer à leur tour, quand ils ont besoin d’assistance, leur petite lettre, sur laquelle ils auront couché, de leur plus belle main, une promesse de pain d'autant plus considérable qu'ils sentent plus le besoin de réparer leurs hésitations. Les grands et les petits, les riches et les pauvres, les grandes dames et les modestes ouvrières,les vieillards et les petits enfants, tonus vont à saint Antoine par cette œuvre du pain,

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et chacun offre selon ses moyens.

Les récits de faveurs obtenues par l’intercession de saint Antoine sont souvent d’un charme ravissant. Nous ne pouvons résister au désir d’en reproduire quelques-uns que nous empruntons à des revues sérieuses et dignes de foi, publiées à la gloire de saint Antoine. (1)

— Un jeune homme se trouvait sans emploi ; il rencontre une Sœur à laquelle il confie sa peine.

Celle-ci lui dit : “Donnez un pain aux pauvres de saint Antoine, et ayez confiance. ” Il] donne le pain, et saint Antoine met sur sa route une personne qui l’engage à se présenter chez une riche baronne en recherche d’un employé. Ainsi, sur l'heure et sans retourner chez

(1) Note, Bien entendu, notre intention n’est pas de nons arroger, en rapportant ces faits exfraordinaires,le droit d’y déterminer la part du surlaturét. Cela appartient à l'Eglise, et nous aceeatonsad'anvguckbote jugement qu'elle pourrait porter en cette matière,

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lui, il est placé fort avantageuse ment. (La Voix de saint Antoine).

— Une dame priait pour son ma:

ri livré à la boisson, Dans sa douleur,elle s'adressait à saint Anioine, auquel elleavait une grande con-

fiance, portant toujours dans sa po-

che une petite statue du saint.

Chaque soir, cette âme de foi se mettait en prière, et, son petit saint Antoine entre ses mains jointes, elle conjurait son protecteur de lui dire en quel lieu elle devait aller chercher le pauvre buveur. Le bon saint ne fut jamais sourd. Toujours, bien que l’ivrogne changeât de café et d’auberge, sa pieuse femme eut l'inspiration d'aller le trouver Jà même où il était, pour l’arracher à la débauche. Las de se voir ainsi découvert, il demanda à sa compagne une explication : “Comment fais-tu pour me trouver ? dit-il ; je fais exprès de ne pas retourner au

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même endroit, et tu me découvres toujours. As-tu donc des espions à tes ordres ?” Sa femme lui répondit : ‘Je n'ose t'avouer la vérité :

tu ne me croirais pas, et tu rirais.”

Pressée par son mari, elle finit :

pourtant par tirer de sa poche son trésor et son guide, la petite statue du Thaumaturge. Par une grâce plus grande encore, le cœur du pécheur est touché : il se convertit et renonce à la boisson. (La Voix de saint Antoine.)

— Un des grands commerçants romalins s'est aussi adressé à saint Antoine dans une question délicate et vitale pour lui. Combien est touchant le billet déposé au pied de la statue du Saint!

“29 mars 1894. Je demande à ‘saint Antoine de m'obtenir un se- “ cours extraordinaire dans la pre- “ mière quinzaine d'avril Si je ‘suis exaucé, je promets cinquante

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