‹ La dévotion à saint Antoine de Padoue [microforme] (volume 3)Chapitre 2 sur 19 · Mon cher Monsieur, y · texte numérisé non relu

Mon cher Monsieur, y

Je vous loue grandement rour l’opuscule que vous m'avez dédié, et je le bénis de tont cœur, Je prie Dieu de lui faire produire tous les fruits de piété et de ferveur que vovs en attendez.

- Grâce à ce petit ouvrage, siint Antoine serx désormais mieux connu et plus aimé par les fi-

Prin net na een on sc nanmen aie dèles du Diocèse, auxquels je ne saurais trop recommander la dévotion spéciale à ce grand saint, dévotion quia preduit partout des fruits si abondants.

Votre zèle vous a inspiré la pieuse pensée de fonder dans le Diocèse l’Œuvre du Pain de Saint- Antoine, dont j'ai été heureux de vous nommer le Directeur diocésain.

Puisse Dieu vous accorder la grâce de la voir gran et prospérer pour sa plus grande gloire,

e bien des âmes et le soulagement des pauvres !

Agréez, Monsieur le Directeur, l’assurance de mon sincère attachement,

f MicHEL-THoMmaAs, Ev. de Chicoutimi.

Evêché de Chicoutimi, | 16 octobie 1894, |

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“Le Séraphin{saint François d’As-

‘ sise), écrit Montalembert, dans

“ l’Zntroduction à la vie de sainte

“ Elizabeth de Hongrie, est à peine ‘arrivé à occuper son poste de-

‘“ vant le trône de Dieu, que son

‘‘ poste sur la terre, dans la véné- “ ration et dans l'enthousiasme des.

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“ peuples, est occupé par celui que “tous proclament son fils aîné, “ saint Antoine de Padoue, aussi “illustre que son patriarche par “ cet empire sur la nature qui lui ‘valut le titre de Thaumaturge, ‘* Celui que le pape Grégoire IX ‘appela l'Arche des deux Testa.

“ ments, qui avait le don des lan- “ gues comme les Apôtres, qui, ‘après avoir édifié la France et la “ Sicile, consuma ses dernières an- ‘ nées à prêcher la -paix et l’union “ aux villes lombardes, qui obtint ‘ de Padoue le privilège de la ces- ‘ sion des biens pour les débiteurs “ malheureux, qui osa reprocher ‘ au féroce Ezzelin son épouvanta- “ble tyrannie, et qui mourut à ‘ l’âge de trente-six ans, la même

. “année que sainte Elizabeth de

‘* Hongrie.” Voilà un magistral éloge. Il contient en quelques mots la vie de

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saint Antoine. Il y a làtoute son œuvre, toute sa mission providentielle.

À des époques déterminées dans les décrets éternels de son gouvernement sur le monde, Dieu envoie des hommes extraordinaires, des hommes auxquels il semble prêter quelques-uns de ses attributs, Illes prévient de sa grâce, les prépare sous main, les dirige dans ses vues, et, au jour marqué, les révèle en les jetant dans la voie qu'il leur avait tracée.

Saint Antoine fut évidemment un de ces hommes prédestinés.

Au XIIIe siècle, il fallait une régénération dans l'Eglise. Les mœurs s'étaient relâchées, et le flambeau de la foi avait pâli dans les âmes obscurcies par les passions et li.

guorance. Saint Dominique s'était levé, et, armé du Rosaire, il avait renversé l’hérésie capitale de son

temps, l’hérésie des Albigeoïis. De son côté, saint François d’Assise, parle renoncement le plus complet, le détachement du monde le plus sublime, la pratique de la

pauvreté portée au plus haut de-

gré, une pureté angélique, des élans d'amour divin qui consumaient son pauvre corps exténu’,

épura les mœurs, et réveilla dans les masses la piété et l'esprit de Jésus-Christ. Le monde entier s'était ému sous l'effort réuni de ces deux envoyés de Dieu. Comme deux colonnes puissantes, ils raffermissaient l'édifice de l'Eglise. Mais 1l fallait cultiver la semence céleste qu'ils avaient jetée en terre ; il fallait un continuateur de leur œuvre, spécialement de l’œuvre de saint François. Saint Antoine de Padoue reçut de Dieu cette mission. À une éloquence dont les effets n’ont jamais été égalés depuis

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les Apôtres, il joignait une vertu sublime et les ardeurs séraphiques f de son patriarche et père saint François. Son pouvoir sur la nature était si grand que ses contemporains lui ont décerné le nom de Thaumaturge. Ce titre glorieux, les siècles le lui ont conservé. Le Fuiseur de miracles a eu soin, du reste, de soutenir lui-même sa réputation.

Cela est si vrai qu’on est encore à trouver un serviteur de saint Antoine qui n’ait pas à raconter quelque merveilleuse faveur obtenue par son intercession.

Aujourd'hui, la dévotion à saint Antoine prend un regain de vigueur et un caractère d’universalité qui attirent l’attention générale.

On le sait. La foi catholique a subi de terribles assauts depuis un siècle. L'Eglise en a gémi, et elle a levé les yeux, selon la parole du Psalmiste, vers les montagnes d'où lé

am me secours lui doit venir. Qu'est-il arrivé Le Vicaire de J ésus-Christ a vu lui aussi le danger, et la néces.

sité de travailler à la régénération de la société chrétienne, en opérant un réveil de la foi et un relèvement des mœurs. Pour atteindre ce double but, il a ressuscité les facteurs de la régénération au XIIIe siècle,

Saint Dominique avait prêché une doctrine forte, appuyée sur la raison, puis il avait appris aux peuples à réciter le Rosaire,afin de leur assurer, par l’intercession de MARIE, les lumières d’en haut :

Léon XIII a ordonné l'étude des œuvres de saint Thomas, le plus grand des Fils de Saint-Dominique, et a prescrit,dans tout l’univers,durant un mois de l’année, la récitai tion publique du Saiant-Rosaire.

Saint François avait réhabilité l'esprit de pénitence en se constituant

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l'époux de l4 Pauvreté, et avait léoué à l'Eglise les Frères-Mineurs qui sont la prédication vivante du mépris du monde ; le Saint-Père a remis en honneur et a propagé le Tiers-Ordre de Saint-François dans toute la chrétienté.

Nous avons dit que saint Antoine de Padoue eut pour mission de

continuer l’œuvre de saint Domini-

que, et surtout celle de saint François : ne fallait-il pas que le retour à ces deux grands saints, fut suivi du retour à saint Antoine? Eh bien ! nous assistons avec admiration à la renaissance attendue de sa dévotion. Saint Antoine n'a pas été d’abord convoqué officiellement à la fête ; mais 1l y est venu, sur l'appel du peuple lui-même. Sa dévotion était déjà connue ; mais elle navait pas encore ce caractère d’universalité qu’elle revêt aujourd’hui. Partie

ne —— d'Europe et Particulièrement de France, où elle s’est développée avec Une rapidité qui est elle-même un prodige, elle pénètre partout, et Partout Se traduit par un réveil étonnant de la croyance au surnaturel. Le naturalisme s'était in filtré jusque dans les masses, et aVait tué le surnaturel dont pourtant elles ont tant besoin. La dévotion à saint Antoine, et surtout les miracles qu'il opère tuent le naturalisme, et ressuscitent le surnaturel,

Ceite dévotion tend aussi à détruire l'influence néfaste de tous les moyens extraordinaires que le démon emploie pour attirer les hommes à la superstition, et particulièrement au culte que lui rendent les sociétés secrètes. Mais, ce

ne sont pas là les raisons détermi-

nantes qui poussent les masses à la dévotion envers saint Antoine, Ces

mass

considérations ne servent qu’à l’expliquer.

La véritable cause de sa propagation, c’est l’attrait même qu’elle a pour le peuple. Saint Antoine a été si puissant, mais si humble et si bon, qu'il est resté un des saints les plus sympathiques que l'Eglise ait placés sur ses autels. Il exerce aujourd'hui sur les cœurs la même influence qu'il exerçait, durant sa vie, sur ces multitudes qui accouraient pour le voir et l'entendre. On l'aime donc parcequ'il est bon; on l’invoque parce qu'il exauce ; on lui demande des miracles, parcequ’il en fait. Sa puissance en eflet semble à la disposition de tous ceux qui l’appellent à leur secours.

Les saints sont glorifiés par Dieu, après leur mort, d’un genre de gloire qui rappelie leurs vertus principales, et leurs moyens de sanctification. C’est juste, et c’est

du reste le mode le plus sûr de glorification parfaite. Or, saint Antoine multiplia les miracles en faveur des pauvres, des faibles, des souffrants, des opprimés, des délaissés. N'est-il pas juste qu'il continue toujours son œuvre de protection aimable et compatissante ?

Voilà ce quien fait à bon droit l'ami des pauvres et l’avocat des causes désespérées. Il suffit de le connaitre pour se sentir attiré vers aUl.

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