‹ La dévotion à saint Antoine de Padoue [microforme] (volume 3)Chapitre 3 sur 19 · IT VIE POPULAIRE · texte numérisé non relu

IT VIE POPULAIRE

DK

Sense Lacan

Saint Antoine naquit à Lisbonne, au Portugal, en 1195, selon toute probabilité le jour de l’Assomption de la sainte Vierge, pour laquelle il eut toujours la plus tendre dévotion. Son père s'appelait don Martin de Bouillon, et était de la noble race de Godefroy de Bouillon, le conquérant du Tombeau du Christ ; sa mère, Thérèse de Tavera, descendait de l’un des rois des L'enfant reçut le nom de Ferdinand. Le palais où il naquit est devenu une église, et l’on

DA Mot uen M a mans 0 . gnnenere

y conserve les fonts qui servirent à son baptême.

Dès l’âge de cinq ans, il promit de rester vierge, et son angélique pureté ne se démentit jamais. À dix ans, il était déjà parvenu à un haut degré de sainteté, et, à quinze ans, il fit un miracle. Le démon lui apparut sous la forme d’un gros chien. Effrayé, 1ltraça de sa main le signe de la croix sur le marbre, et le démon prit la fuite. Cependant le marbre avait cédé sous son doigt, et la sainte empreinte se vénère encore dans l’église cathédrale, à Lisbonne.

Désireux d’être tout à Dieu, il entra bientôt chez les moines réguliers de Naint-Augustin, dont le couvent était situé aux portes de sa ville natale. C’est là qu’il fit son noviciat. Sa piété et sa science grandirent avec les années, et il

édifiait tous ses frères par son humilité et sa régularité.

Non noviciat fini, ses supérieurs le transférèrent à Sainte-Croix de Coïmbre, chef-lieu de l'Ordre. Il avait lui-même sollicité la faveur de s'éloigner de Lisbonne, afin de vivre dans une solitude plus complète. À Sainte-Croix, il se livra tout entier à l'étude des Livres saints et des écrits des saints Pères. Au bout de huit années, il savait toute la sainte Ecriture par cœur ; si bien que, si elle eût été détruite, il eût pu la reconstituer à Jui seul. Les archives du couvent parlent de lui comme d’un homme célèbre, savant et pieux, versé dans la lillérature, et environné de la gloire de ses mériles.

De temps en temps, Dieu se plaisait déjà à lui prêter sa puissance.

Deux traits, rapportés par ses biographes, en font foi :

Me dan a Star a 3 4 in talents aide 4

Un jour qu'il était chargé dt soin des malades, un religieux se trouvait à l'infirmerie, cloué sur son lit par une maladie pénible et dangereuse. Emu de compassion en entendant ses plaintes, don Ferdinand se met en prière, puis étend son manteau sur le pauvre Frère, et le guérit.

Une nuit de Noël, le devoir le retenalit au même poste, auprès des malades, et il ne put se rendre à l’église pour assister à la descente de JÉsus sur l'autel. Il le désirait si ardemment que Jésus voulut faire un miracle en sa faveur. Ferdinand s’agenouilla pour adorer en esprit la sainte Hostie. O prodige !

les murs s’entr'ouvrent mniraculeusement, et le jeune saint assiste à la consécration : il voit l’Hostie s'élever, et il l'adore comme s'il eût été au pied de l'autel. L’élé- Vation passée, les murs se refer-

LR : À th

rm mm mm mm

D min menant mem à 0 À PORTEURS FREE 7" nm 0 mm 9 IE mn

ment ; tout rentre dans le cours ordinaire, et l’infirmier privilégié continue sa veille.

Que notre Dieu est aimable et bon! Quelle touchante condescendance de sa part que de se prêter ainsi à un simple désir, à un simple élan de ferveur ! Nous verrons pourtant que JÉSUS porta la délicatesse et l’amabilité plus loin encore envers son serviteur aimé.

En tout cela, ilne faut pas perdre de vue une chose : c'est que don Ferdinand correspondait à la grâce, et, par les ardeurs de son amour, appelait ces faveurs de son Ami et Maître. Avide de sacrifice et d’immolation, il ne tarda pas à désirer une vie plus parfaite, plus humble, plus mortifiée et plus oubliée que celle des chanoines réguliers de Sainte-Croix. Ces moines étaient fervents, mais l'Ordre même était

be nee et dm Émmnn %

Le men ne ee men ne eee eee do ee do

ee ment,

trop riche et trop puissant pour que l’humble Ferdinand y fût satisfait.

Un nouvel astre venait de se lever sur l'Eglise, Les mœurs chrétiennes en souffrance l'attendsient depuis longtemps, et, à son lever, tous les cœurs simples et purs, épris de sa marche hardie dans la vertu et de la pureté de sa vie, se tournèrent instinctivement vers lui, comme les fleurs vers l’astreroi. Don Ferdinand était une de ces fleurs candides ; et l’astre qui se levait ainsi dans ce rayonnement, attirant les regards de la chrétienté.

c'était François d'Assise, Jamais peut-être plus parfait imitateur de Ja pauvretéde JÉSUS-CHRIST n'avait paru dans l'Eglise. Bientôt le Dieu crucifié allait du reste compléter la ressemblance de son disciple avec lui, en le marquant de son sceau, en Jui imprimant aux

D 0 tn CORNE nee 0e OM De nent * donnons ee ee À

pieds, aux mains et au côté des plaies semblabies aux siennes, en l’admettant à la gloire des sacrés stiomates.

François d'Assise était bien le modèle et le guide que cherchait don Ferdinand de Bouillon. C'est à cet homme que Dieu avait dit:

‘ Nors de la maison de ton père,fais- ‘toi pauvre et presque nu,dépouil- “ le-toi de tout, et je te donnerai le ‘“ monde.” Et François avait institué cet Ordre admirabledes Frères Mineurs fondé sur la pauvreté et le dénuement. Toute institution humaine se fonde sur des biens qui puissent en assurer l'existence et la durée, Ici, ce fut le contraire.

L'œuvre de saint François fut un renversement complet des choses.

Elle fut une folie semblable à la folie de la Croix. Celle-ci avait sauvé le monde. Celle-là régénéra la société chrétienne.

’ At Enabra .

D'ailleurs, nous l'avons dit, la divine Providence avait prédestiné don Ferdinand à être le conti- * nuateur de l’œuvre de saint Fran- | çois. Cette œuvre appelait l’action et surtout l’éloquence irrésistible de celui quifut plus tard saint Antoine de Padoue. François était un homme simple ; sa parole n’avait pas le prestige de la science ;

l Jui fallait un porte-voix pour | répandre ses enseignements.

Ces deux hommes étaient prêts l'un pour l’autre. La Providence allait bientôt les rapprocher.

Don Ferdinand avait vu à Lis- | bonne des Frères Mineurs aller pieds nus, vêtus de bure grossière, la tête couverte d’un capuchon, J mendiant leur pain et n'ayant où reposer leur tête, Ce spectacle la.

vait touché. Il s'était dit : ‘: Voilà mes maitres.”

Il avait déjà ressenti dans son

cœur le désir de verser son sang pour la cause de Jésus-Curisr. Un événement important dans sa vie vint réveiller ce désir.

Des Franciscains étaient allés prêcher la foi au Maroc, et y avaient été mis à mort.

Partis pauvres, humbles et sans éclat, ils revinrent glorieux. Leurs restes furent rapportés en triomphe, protégés visiblement par la main de Dieu. Devant eux, les ennemis fuyaient, la route s’illuminait, les flots agités S'apaisaient. Toute l'Europe s'était émue, à leur arrivée, et des populations innombrables étaient accourues pleines d’amouret de vénération enthousiaste pour acclamer ces dépouilles glorieuses.

Ferdinand ne différa plus, et, au grand regret des chanoines de Nainte-Croix, il revêtit l’habit de Saint-François, sous le nom de Frè-

ES

re Antoine. Il eut bientôt la joie de partir pour l'Afrique qui lui appavalssait comme la Terre Promise au martyr.

Il se trompait. Dieu le réservait pour une autre mission.

Dès son arrivée sur la terre infidèle, ii prit la fièvre ct, quatre mois durant, il fat cloné sur le grabat qui lui servait de lit. Son compagnon comprit qu'il fallait revenir. [l en obtint la permission, et ramena demi-mort le Frère Antoine en Europe.

Une tempête jeta le vaisseau dans un port de la Sicile. Antoine ne tarda pas à bénir le ciel de ce centre-temps, car 1l apprit là qu’un chapitre général de l'Ordre francis-

ain se tenait à Assise, et qu'il al-

lait avoir le bonheur d'y contempler les traits de son séraphique Père saint Francois.

I y arriva exténué de fatigue,brisé

antenne. ©.

D An 2 a A à et AT ÉRIC TA SA Eh mr

anses aa. ©.

a A 2 4 ST AS RE TH A AM me EE bn, ame

tente ed he Peas cb ou mp 0e ne cn mi

er sens mn 0

par la souffrance, décharné, dessé:

ché par la fièvre. Son apparence était si chétive que, même au milieu de tous ces pauvres aux habits usés, aux visages mortiliés, de tous ces 1nitateurs de Jésus humilié et crucifié, il brilla par sa misère, et eut la joie d’être méconnu et rogardé comme inutile par ses frères eux-mêmes.

Chose étrange! Saint Francois lui-même, le clairvoyant, l'homme à double vue, ne devina pas son plus fidèle imitateur, son plus parfait disciple, le plus humble de ses humbies. L'humilité d'Antoine était plus profonde encore que la perspicacité de saint François.

Dans ce tournoi mémorable, elle remportait la palme, et le plus précieux trésor que possédât le Patriarche d’Assise restait caché à ses yeux.

Personne ne fit attention à saint

mu ©

Antoine. Chacun reçut sa mission, depuis les plus illustres fils de François, jusqu'aux plus humbles Frères,et Antoine resta le dernier comme un rebut. Aucun Père n’avait osé s’en charger, car il semblait propre à rien. Enfin, le Frère Gratien, touché de compassion, le prit aveclui pour dire la messe à l’ermitage de Monte-Paolo.

En arrivant à cet ermitage, saint Antoine se jeta à genoux, implorant la faveur d’être employé à la cuisine. On la lui accorda. Il passa neuf mois dans cet humble office.

Mais toutes ces humiliations, toute cette vie cachée n'étaient

qu'une préparation secrète, voulue ‘

par Dieu, pour la glorification de son serviteur. La gloire devait être d'autant plus éclatante qu'elle était moins recherchée par saint Antoine, et moins attendue des au-

ns Tntindiqn non rite au ridabhmses “ape

FPf A Pm d boy EP +

es Am 4

e 1 PS), Ms LL! A Lt Gt St A A

à à PP cr, a tip a Jr aber "ci

Page 1