‹ La dévotion à Saint Antoine de Padoue [microforme]Chapitre 15 sur 62 · SA VIE 35 SR RP · texte numérisé non relu

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raconta, à ceux qui le suivaient, la prédiction dont il avait été l’objet.

Antoine était tout charité ; mais son zèle ne connaissait pas de ménagements, quand il s'agissait du bien des âmes.

On le prie un jour de prononcer l’oraison funèbre d’un riche usurier.

Saint Antoine prend pour texte : Là où est votre trésor, {à est votre cœur.

(Luc XII, 34).

Après le sermon, il ordonne d'aller ouvrir le coffre de l’usurier, et, selon ce qu’il avait annoncé, on y trouve le cœur du malheureux, au lieu et place de l'or qu'il avait amassé au prix de son âme.

Possédant le don de bilocation, il se trouva souvent en deux endroits à la fois. Pendant qu’il était en chaire et que toute l'assemblée l'y voyait, il ap-

paraissait au chœur, dans une autre église, et y remplissait des offices qui lui avaient été assignés.

Le sort des malheureux l’attendrissait. Un jour, un de ses pénitents s’accuse d’avoir donné des coups de pied à sa mère. Le saint lui fait une vive remontrance et ajoute : ‘“ L'enfant qui frappe à coups de pied celle qui lui a donné le jour mérite qu’on lui coupe le pied.’” Le pénitent est tellement touché de ces paroles que, de retour chez lui, dans un excès de zèle, il se coupe le pied. On court chercher saint Antcine. Il rapproche de la jambe mutilée et sanglante le pied du malheureux, l'y tient en place, ct guérit parfaitement la blessure. On imagine l'admiration de tous les assistants, lorsqu'ils voient le mutilé d’il y a un instant marcher sur ses deux jambes com-

SA VIE 37 TS me si rien absolument ne lui était arrivé.

Cette compassion pour le pauvre lui fit solliciter et obtenir de la ville de Padoue le privilège de la cession des biens. Ainsi, celui qui avait été malheureux en affaires pouvait se relever quelque jour, et reconquérir l'aisance par plus de prudence ct de travail.

Tout abus de pouvoir trouva en lui un terrible adversaire. À preuve, ses énergiques protestations contre les cruautés du tyran de Padoue, le farouche Ezzelin, et les démarches, qu'il fit auprès du Pape, pour faire déposer Frère Élie, qui travestissait l’esprit de saint François, et introduisait le relàchement dans l'Ordre franciscain.

À deux reprises, il se transporta en quelques instants de Padouc à Lisbonne, villes distantes l’une de l’autre de

plus de cent cinquante lieues, et, circonstance touchante, le motif de ces miracles fut la piété filiale.

Le second, surtout, de ces voyages sur les ailes de l'esprit de Dieu mérite d’être racanté.

— Un meurtre avait été commis dans les jardins de son père, qui fut traduit devant les tribunaux, avec quelquesuns de ses serviteurs. Les circonstances étaient contre lui ; il fut condamné à mort. Saint Antoine, qui était à Padoue, apprend par révélation divine le danger que court l'auteur de ses jours.

Il demande à son supérieur la permission de sortir de Padoue. Un ange le porte sans doute ; car le lendemain matin il est à Lisbonne, et supplie le juge de ne point permettre la mort d’hemmes innocents. Le juge refuse

SA VIE 39 2 ni de retirer sa sentence. Alors saint Antoine va ressusciter le mort, l'amène devant le tribunal, et lui demande de déclarer si son père est coupable, Le ressuscité répond que les condamnés sont innocents. La cour alors veut savoir quels sont le< vrais meurtriers ; Mais saint Antoine refuse ue Poser au mort cette question. Il était venu sauver des innocents, mais non Pas faire punir les

coupables. Son père fut acquitté. Le ressuscité rentra dans son tombeau, et le saint retourna à Padoue de la même manière surnaturelle,

Il avertissait les pécheurs en songe d'aller se confesser, et leur révélait leurs péchés les plus secrets. Il] délivrait ses pénitents de leurs tentations.

— Pendant qu’il préchait, un jour, il aperçoit le démon, sous la figure d’un Courrier, qui vient porter un message à

40 SAINT ANTOINE DE PADOUE a ER une dame, afin de l'empêcher d’entendre le sermon. Le prédicateur s'arrête, prévient la dame de la ruse et met en fuite l'ennemi de notre salut.

Souvent de son visage émanait une lumitre qui éclairait les Ame+, ou terrassait les ennemis de Dieu. C’est ainsi que le tyran Ezzelin, dont nous avons déjà parlé, tomba à ses genoux, comme foudroyé, un jour qu’il était venu vers lui avec ses sbires dans le dessein de le mettre à mort.

Véritablement, toute la vie de saint Antoine de Padoue fut un tissu de miracles. Il +emblait avoir un empire complet sur la nature, et, ce qui est plus étonnant, un ascendant, une autorité irrésistible sur les volontés.

Le démon lui faisait une gucrre acharnée, mais le serviteur de Dieu parvenait toujours à réduire à néant ses

SA VIE ai

machinations. Pour se venger, l'esorit du mal l'attaquait Souvent. Une nuit, il lui apparaît sous une forme hideuse, et se jette sur lui Pour l'étrangler. Le Saint, selon son habitude, implore le Secours de la sainte Vierge, et le démon Prend la fuite.

JÉSUs ie dédommageait amplement de ces assauts de l'esprit infernal par des attentions d’un Charme, d'une dé.

licatesse infinie. I] le visitait souvent visiblement pendant son oraison, dans sa cellule. Ne faut-il Pas vraiment tout l'infini de la bonté de Dieu, pour ac- Corder de telles faveurs ? Le fait est Pourtant certain : il] fut constaté d’une manière irrécusable — Dans ses courses apostoliques, le saint avait coutume de passer la nuit che un brave homme, fervent chrétien, qui le recevait avec beaucoup d’égards. Un

FA

42 SAINT ANTOINE DE PADOUE TT soir que cet homme avait le bonheur de posséder sous son toit son hôte vénéré, il lui advint de passer près de la chambre où il l'avait p'acé, et il fut étonné c'e la voir remplie d’une vive lumière. Il voulut savoir la cause de ce phénomène et regarda discrètement. Quel ne fat pas son ébahissement lorsqu'il vit, sur le livre de saint Antoine, un gracieux enfant qui lui tendait les bris et recherchait ses caresses et ses baisers ! C'était JÉSus-ENFANT, qui daignait quitter la cour céleste pour venir prendre ses divins ébats avec son fidèle ami, saint Antoine. |

Une révélation apprit au privilégié de JESUS qu'on l’avait découvert. [l ne manqua pas de recommander à son hôte de garder le silence le plus absolu sur ce qu'il avait vu ; mais on conçoit aue le secret ne tarda pas à à transpirer.

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Le pouvoir merveilleux qu'a saint Antoine de faire retrouver les objets perdus est appuyé sur un trait de sa vie qu’il convient de rapporter.

* --Le saint possédait une copie manuscrite de la sainte Écriture, dont les marges étaient couvertes de commentaires de sa main. Comme l'imprimerie était inconnue alors ce livre était pour lui d’un prix incalculable. Il l'avait apporté avec lui à Limoges, où on l'avait nommé gardien du couvent de son Ordre. Or, un jour, un novice, dans un moment de tentation, jette le froc et s'enfuit, emportant le précieux manuscrit. On comprend le chagrin de saint Antoine, lorsqu'il constate le vol.

Aussitôt, il tombe à genoux aux pieds de son crucifix et supplie Notre-Seigneur de lui rendre son livre perdu. JÉSUS-CHRIST ne pouvait refuser

une si juste et si, fervente demande.

Le novice fuyait rapidement avec le trésor, lorsque, sur le point de passer une rivière, il aperçoit, sur l’autre rive, un monstre horrible et menaçant.

Epouvanté, il retourne sur ses pas, court se jeter aux pieds de saint Antoine lui rend son manuscrit, implore son pardon et a le bonheur d’être réadmis dans l'Ordre.

Ce que saint Antoine obtint alors pour lui-même, il l’obtient maintenant pour ceux qui se recommandent à lui afin de retrouver les objets perdus.

Il prêcha le carême à Padoue, pour la dernière fois, en 1231. Les conversions furent plus nombreuses et plus éclatantes que jamais. Mais c'était le chant du cygne, saint Antoine tomba bientôt malade, et se retira, avec quelques Frères pieux, dans un lieu solitaire,

SA VIE 45 afin de se livrer tout entier à la contemplation.

Sa maladie s’aggrava rapidement et ne laissa bientôt plus d'espoir de guérison. Il reçut les derniers sacrements,

. récita avec ses compagnons les Psaumes de la Pénitence, et chanta une dernière fois, d’une voix angélique, son hymne favorite à la sainte Vierge: © Gloriosa Domina. Elle lui obtint une dernière faveur : celle de voir JÉSUS-CHRIST, et de converser avec lui. Enfin, inondé d’une joie toute céleste, il rendit son âme. Il avait trente-six ans.

Ses Frères voulaient cacher sa mort, afin de l’enterrer dans leur église. Dieu ne le permit pas. Il révéla l'événement à des enfants, qui partirent aussitôt et s’en allèrent courant et criant par toutes les rues de la ville : Le Saint est mort ! Le Saint est mort!

46 SAINT ANTOINE DE PADOUE Séoasanecuss "ONE

Saint Antoine était d’une beauté angélique. La grâce de sa personne répondait admirablement à la noblesse et à la pureté de son âme. ‘: Voici, dit le R. P. Henry, Je portrait que les historiens nous ont laissé de lui :

‘* Antôine avait le teint d’un bruntrès foncé comme l'ont généralement les Portugais. Sa taille était médiocre ; il] était assez gros, mais d’un tempérament maladif. Sa figure était ronde, bien remplie, gracieuse, et d’une apparence toujours juvénile, enfantine presque, néanmoins empreinte d’une douce gravité. Son front était large ; le génie et la pénétration brillaient dans ses regards ; il avait le nez un peu allongé et les lèvres très vermeilles. Tous ses traits annonçaient la Plus grande bonté € on se sentait instinctivement attiré vers lui, et ceux qui ne le Connaissaient pas

SA VIE 47 rats a Se Comprenaient de suite qu’ils étaient en Présence d'un saint.’

Dans la mort, son visage conserva sa fraicheur, et son corps, l'apparence de la vie. Les miracles se multiplièrent autour de son tombeau, auprès duquel accouraient des foules énormes. Tous les malades qui le visitèrent, après s'être confessés, furent guéris. Un an seulement après sa mort, le pape Grégoire IX le canonisa. Le même jour, à Lisbonne, toutes les cloches firent entendre d’elles-mêmes de Joyeuses volées, et toute la ville, sans qu’on en connût alors la raisson, fut remplie d’une grande joie. ]

En 1264, on transporta son corps dans l’Église actuelle, dite de Saint- Antoine, à Padoue, et saint Bonaventure, qui était présent, trouva la langue du grand saint parfaitement conservée,

48 SAINT ANTOINE DE PADOUE — Il la prit dans ses mains, en pleurant de joie, ct la baisa avec le plus profond respect en s’écriant : © langue bénie, qui avez toujours loué le Seigneur, et qui avez porté tant d'autres à le louer, c'est matqienant que brille au grand jour le mérite que vous avez eu devant Dieu.

Cette sainte langue se conserve encore intacte et vermeille à Padoue. Elle est une preuve permanente et palpable de la force surnaturelle des prédications de saint Antoine, puisque Dieu le glorifie depuis tant de siècles par un miracle aussi évident.

Saint Antoine n’a cessé de faire sentir son intervention miraculeuse auprès de Dieu, en faveur de tous ceux qui l'ont invoqué. Il faudrait des volumes pour raconter les faveurs extraordinaires,

SA VIE 49 a obtenues par son intercession, dans les seules limites de notre pays.

Dans toute la chrétienté, on lui a toujours rendu un culte spécial. On s'adresse à lui surtout pour retrouver les objets perdus, et pour toutes les causes désespérées. La piété chrétienne vient de l’établir le trésorier des pauvres. Il continuera, ainsi, de soulager les misères spirituelles et temporelles

de tous ceux qui recourront à son pouvoir miraculeux.

Puisse-t-il étendre sa protection sur nous, et bénir le peu que nous faisons pour le faire connaître et aimer !

Puiètes à saint Antoine de Padoue TIRÉES DES& MEILLEURS AUTEURS RÉPONS MIRACULEUX EN L'HONNEUR DE SAINT ANTOINE DE PADOUE

Air : ‘“Votis pater annuit "” EL Si quœris mi. ra-cu-la, Mors, error, ca-

2 Pè-re-unt Pe-ri-cu-la, Ces-sat ct ne-

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la - mi-tas, Dæ-mon, le-pra fu. gi- unt, ces - si-tas, Nar-rent hi qui sen: ti-unt, +

CANTIQUE st

Dæmon, le - pra fu. gi-unt Æ.gri surgunt Nar-rent hi qui sen -ti-unt Di-cant Pa-du.

ss.

Membra resque per-di-tas

+ ve - nes et ca

PRINCIPALES PRIÈRES a Si quæris miracula :

Mors, error, calamitas, Dæmon, lepra fugiunt,

Ægri surgunt sani.

R. Cedunt mare, vincula £ Membra, resques perditas Petunt et accipiunt Juvenes et cani.

Pereunt pericula ; Cessat et necessitas. Narrent hi qui sentiunt ; Dicant Paduani.

À. Cedunt mare, etc.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto Æ. Cedunt mare, etc.

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