‹ La dévotion à Saint Antoine de Padoue [microforme]Chapitre 14 sur 62 · RÉVEIL DE LA DÉVOTION II · texte numérisé non relu

RÉVEIL DE LA DÉVOTION II

des pauvres, des failes, des souffrants, des opprimés, des uélaissés N'’est-il pas juste qu’il continue du haut du ciel son œuvre de protection aimable ct compatissante ?

Oui, oui, aujourd'hui comme durant sa vie mortelle, saint Antoine a pitié detous ceux qui sont en proie à la souffrance ou aux épreuves. Voilà pourquoi il est à bon droit l'ami des pauvres et l'avocat des causes désespérées. Il suffit de le connaitre pour se sentir attiré vers lui, l'aimer ct l’invoquer.

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Vie populaire abrégée de sant Antoine de Padoue

Saint Antoine naquit à Lisbonne, au Portugal, en 1 195, selon toute probabilité le jour de l’Assomption de la sainte Vierge, pour laquelle il eut toujours la plus tendre dévotion. Son père s’appelait don Martin de Bouillon, et était de la ndble race de Godfroid de Bouilion, le conquérant du Tombeau du Christ ; sa mère, Thérèse de Tavera, descendait de l’un des rois des Asturies. L'enfant reçut le nom de Ferdinand. Le palais où il naquit est devenu une église, et l’on y conserve les fonds qui servirent à son baptême.

errant:

Dès l’âge de cinq ans, il promit de rester vierge, et son angélique pureté ne se démentit jamais. A dix ans, il était déjà parvenu à un haut degré de sainteté, et, à quinze ans, il fit un miracle. Le démon lui apparut sons la forme d'un gros chien. Effrayé, le saint enfant traça de sa main le signe de la croix sur le marbre, et le démon prit la fuite.

Cependant le marbre avait cédé sous son doigt, et la sainte empreinte se vénère encore dans l’église cathédrale, à Lisbonne.

Dieu venait de conférer le don des miracles à celui qui devait être le Thaumaturge dans l'Église. A partir de ce moment, ce don lui fut comme naturel. Il n’a jamais paru douter un seul instant de sa puissance.

Désireux d’être tout à Dieu, il entra bientôt chez les moines réguliers de

Saint-Augustin, dont le couvent était situé aux portes de sa ville natale.

C’est là qu'ilfit son noviciat. Sa piété et sa science grandirent avec les années, et il édifiait tous ses frères par son humilité et sa régularité.

Son noviciat fini, ses supérieurs le transférèrent à Sainte-Croix de Coïmbre, chef-lieu de l'Ordre. Il avait luimême sollicité la faveur de s’éloigner de Lisbonne, afin de vivre dans une solitude plus complète. À Sainte-Croix, il se livra tout entier à l'étude des Livres Saints et des écrits des saints Pères. Au bout de huit années, il savait toute la sainte Écriture par cœur ; si bien que, si elle eût été détruite, il eût pu l& reconstituer à lui seul. Les archives du couvent parlent de lui comme d’un Lomme célèbre, savant et pieux, versé dans la littérature, ci en-

SA VIE 15 | vironné de la gloire de ses mérites.

De temps en temps, sa miraculeuse puissance se manifestait : deux traits, rattachés par ses biographes à cette période de sa vie, en sont la preuve.

— Un jour qu'il était chargé du soin des malades, un religieux se trouvait À l'infirmerie, cloué sur son lit par une maladie pénible et dangereuse, Ému de compassion en entendant ses plaintes, don Ferdinand se met en Prière, puis étend son manteau sur le Pauvre Frère, qui soudain se trouve guéri.

— Une nuit de Noël, le devoir le retenait au même poste, auprès des malades, et il ne put se rendre à l’église pour assister à la messe de minuit, et contempler des veux de la foi JÉsus- ENFANT sur l’autel. Ille désirait pourtant si ardemment que JÉSUS voulut faire un miracle en sa faveur. : Au moment

de l'élévation, sans sortir de l'infirmerie, Ferdinand s’agenouille pour adorer en esprit la sainte Hostic. O prodige ! les murs s’entr'ouvent miraculeusement, et le saint assiste à la consécration : il voit l’Hostie s'élever, et il l'adore comme s’il était au pied de l’autel. L'’élévation passée, les murs se referment ; tout rentre dans le cours ordinaire, et l’infirmier privilégié continue sa veille.

Que notre Dieu est aimable et bon !

Quelle touchante condescendance de sa part que de se prêter ainsi à un simple désir, à ur simple élan de ferveur !

Nous verrons pourtant que JÉSUS porta la délicatesse et l’amabilité plus loin encore envers son serviteur aimé.

En tout cela, ilne faut pas perdre de vue une chose : c’est que don Ferdinand correspondait à la grâce, et, par

SA VIE 17 a les ardeurs de son amour, appelait ces faveurs de son divin Ami et Maître.

Avide de sacrifice et d’immolation, il ne tarda pas à désirer une vie plus parfaite, plus humble, plus mortifiée et plus oubliée que celle des chanoines réguliers de Sainte-Croix. Ces moines étaient fervents, mais l'Ordre même était trop riche et trop puissant pour que l’humble Ferdinand y fût satisfait.

Un nouvel astre venait de se lever sur l'Église. Les mœurs chrétiennes en souffrance l’attendaient depuis longtemps, et à son lever, tous les cœurs simples et purs, épris ‘de sa marche franche et hardie dans la vertu et de la pureté de sa vie, se tournèrent instinctivement vers lui, comme les fleurs vers l’astre-roi. Don Ferdinand était une de ces fleurs avides de lumière et de sacrifice ; ct l'astre qui se levait

ainsi dans ce rayonnement attirant les regards de la chrétienté, c'était François d'Assise. Jamais peut-être plus parfait imitateur de la pauvreté de JÉSUS-CHRIST n'avait paru dans l'Église. Bientôt, le Dieu crucifié allait du reste compléter la ressemblance de son disciple avec lui, en le marquant de son sceau,en lui imprimant aux pieds, aux mains et au côté des plaies semblables aux siennes, en l’admettant à la gloire des sacrés stigmates.

François d'Assise était bien le modèle et le guide que cherchait don Ferdinand de Bouillon. C’est à cet homme que Dieu avait dit : ‘‘ Sors de la mai- ‘“ son de ton père, fais-toi pauvre et ‘ presque nu, dépouille-toi de tout, et ‘ je te donnerai le monde.” Et François avait institué cet Ordre admirable des Frères-Mineurs fondé sur la pau-

vreté et le dénuement. Toute institution humaiue se fonde sur des biens qui puissent en assurer l'existence ct la durée. Ici, ce fut le contraire ; l’œuvre de saint François fut un renversement complet des choses. Elle fut une folie semblable à la folie de la Croix.

Celle-ci avait sauvé le monde, celle-là régénéra la société chrétienne.

D'ailleurs, nous l’avons dit, la divine Providence avait prédestiné don Ferdinand à être le continuateur de l'œuvre de saint François. Cette œuvre appelait l’action et surtout l’éloquence irrésistible de celui qui fut plus tard saint Antoine de Padoue. François était un homme simple ; sa parole n'avait pas le prestige de la science ; il lui fallait un porte-voix pour répandre ses enseignements.

Ces deux hommes étaient prêts l’un pour l’autre. La Providence allait bientôt les rapprocher par un concours exprès de circonstances.

Don Ferdinand avait vu à Lisbonne des Frères-Mineurs aller pieds nus, vêtus de bure grossière, la tête couverte d’un capuchon, mendiant leur pain et n'ayant où reposer leur tête. Ce spectacle l'avait touché. Il s'était dit :

‘* Voilà mes maîtres.’

Il avait, déjà auparavant, ressenti dans son cœur le désir de verser son sang pour la cause de JÉSUS-CHRIST.

Le spectacle de l'abnégation franciscaine ralluma dans son cœur la soif du sacrifice. Un autre événement, important dans sa vie, vint le déterminer définitivement à mettre san dessein à exécution.

Quelques Franciscains étaient allés prêcher la foi au Maroc, et y avaient été mis à mort.

Partis pauvres, humbles et sans éclat, ils revinrent glorieux. Leurs restes furent rapportés en triomphe, protégés visiblement par la main de Dieu.

Devant eux, les ennemis fuyaient, la route s’illuminait, les flots agités s’apaisaient. Toute l’Europe s'était émue à leur arrivée, et des populations innombrables étaient accourues pleines d'amour et de vénération enthousiaste pour acclamer ces dépouilles glorieuses.

Ferdinand ne voulut pas différer, et, au grand regret des chanoines de Sainte-Croix, il revêtit l’habit de Saint- François sous le nom de Frère Antoine.

Il eut bientôt la joie de partir pour l'Afrique, qui lui apparaissait comme la Terre Promise du martyre.

Il se trompait. Dicu le réservait pour une autre mission.

Dès son arrivée sur la terre infidèle, il prit la fièvre et, quatre mois durant, il fut cloué sur le grabat qui lui servait de lit. Son compagnon comprit enfin qu'il fallait revenir. Il en obtint la permission, et ramena demi-mort le Frère Antoine en Europe.

Une tempête jeta le vaisseau dans un port de la Sicile. Antoine ne tarda pas à bénir le ciel de ce contre-temps, car il apprit là qu’un chapitre général de l'Ordre franciscain se tenait à Assise, et qu'il allait avoir le bonheur d'y contempler les traits de son séraphique Père saint François.

Il y arriva exténué de fatigues, brisé par la souffrance, décharné, desséché

par la fièvre. Son apparence était si

chétive que, méme au “nilieu de tous

SA VIE 23 ne ces pauvres aux habits usés, aux visa ges mortifiés, de tous ces imitateurs de JÉSUS humilié ct crucifié, il brilla Par sa misère, et eut la joie d'être mé.

Connu et regardé comme inutile par ses frères eux-mêmes.

Chose étrange ! Saint François luimême, le clairvoyant, l'homine à double vue, ne devina pas son plus fidè'e imitateur, son plus ardent disciple, le plus humble de ses humbles. L'humi.

lité d'Antoine était plus parfaite encore que la perspicacité de saint François.

Dans ce touraoi mémorable, en cffet, où luttait l'humilité du fils contre la clairvoyance du père, l'humilité remportait la palme, et le plus précieux trésor que possédât le Patriarche d’Assise restait caché à ses yeux.

Personne ne fit attention au Frère Antoine. Chacun reçut sa mission,

depuis les plus illustres fils de François jusqu'aux plus humbles Frères, et Antoine resta le deinier comme un rebut. Aucun Père n'avait osé s'en charger tant il semblait propre à rien.

Enfin, le , Frère Gratien, touché de compassion, le prit avec lui pour dire la messe à l’ermitage de Monte Pao:o.

En arrivant à cet ermitage, saint Antoine se jeta à genoux, implorant la faveur d'être employé à la cuisine. On la lui accorda, et il passa neuf mois dans cet humble office.

Mais toutes ces humiliations, toute ‘cette vie cachée n'étaient qu'une préparation mystérieuse, voulue par Dieu, pour la glorification de son serviteur.

La gloire devait être d'autant plus éclatante qu’elle était moins recherchée par saint Antoine, et moins attendue

des autres. Voici comment il fut tiré de son obscurité.

En 1222, se tint, à Forli, un chapitre provincial, et, comme on devait y faire en même temps des ordinations, saint Antoine fut chargé d’y accompagner quelques-uns de ses frères.

Plusieurs Dominicains y étaient aussi venus pour les ordinations, et, à une conférence, ils se trouvèrent réunis aux Franciscains.

Le supérieur, par courtoisie, offrit aux Fils de saint Dominique d'adresser la parole. Ceux-ci s’en excusent sur ce qu'ils ne sont point préparés. Craignant de compromettre les membres de son Ordre, le supérieur, de son côté, n’ose en prier aucun, car la circonstance était délicate. Il fallait en effet ne point exposer à un échec la réputation des Fils de saint François. Alors, il jette

les yeux sur le Frère Antoine, non pas qu’ille croie plus préparé que les autres ; mais : ‘‘ C'est un homme simple et sans lettres, se dit-il; s'il parle mal, on le lui pardonnera facilement, et d’ailleurs, c’est un homme de Dicu, ilinous édifiera toujours. ’” Il lui commande donc d'adresser la parole.

‘* Mais je n'ai jamais parlé en public, répond saint Antoine, et, depuis que je suis Frère-Mineur, je n'ai lu d'autre livre que mon bréviaire.—Je le sais, reprend le supérieur, mais il faut obéir.”’

Le Frère Antoine se lève avec modestie. Il parle d’abord simplement, et évite tout ce qui peut donner de l'éclat à son discours. C’est de JÉSUS- CHRIST qu’il parle, de son Maitre qui s’est fait néant, qui s'est fait victime sur une croix, par amour pour les

SA VIE 27 RE RE CE D A hommes. Et en parlant de JÉSUSs- CHRIST, son Maître qu'il aime si ardemwent, il s’oub'ie, il s’anime peu à peu, il s'enthousiasme. Sa phrase se colore, s'échauffe ct vit ; sa voix devient souple et forte : elle chante, elle prie, elle pleure, elle vibre,elle tonne, elle éclate ; son geste noble et vrai se déploie avec cette grâce que sait donner une éducation princière. Tout son corps, courbé par les veilles, les souffrances et les austérités, a retrouvé sa vigueur ; il se redresse sous l'effort de l'inspiration :

le moine semble un prophète. Le Frère Antoine est transformé : on ne l’a jamais vu ainsi. C'est véritablement un foudre d’éloquence. La vérité coule à flots de ses lèvres; elle est pure, brûlante, irrésistible. Elle pénètre sans cfforts dans les âmes de ses auditeurs.

Ravis, émus, bouleversés, harcelés par

cette parole captivante et victorieuse, ils fondent bientôt en larmes et ne savent quel sentiment domine en eux, de la joie, de l’attendrissement ou de l'admiration. Enfin le Frère Antoine tout confus regagne son siège.

Ses auditeurs venaient d'entendre le plus puissent orateur sacré du XIlle siècle, et :eut-être le plus puissant qui ait paru dans |” Église depuis les Apôtres.

Quelques-uns ont pu avoir plus de culture, plus de génie peut-être ; mais aucun n’a jamais entraîné après lui des villes entières ; aucun n’a réuni habituellement autour d’une chaire des multitudes de 30,000 personnes, ‘e tenant là pendant des heures, sans songer à leurs affaires et à leurs travaux.

À peine saint Franç is eut-il appris le triomphe oratoire, si inattendu de son humble fils à Forli, qu'il le nomma

prédicateur de la Romagne, ct le chargea d'enseigner la théologie dans plusieurs maisons de l’Ordre. C’est alors que commença l’apostolat si merveilleux de saint Antoine. Le succès de sa prédication fut inouï. Rien ne résistait à son éloquence : on l’appelait le marteau des hérétiques. Les conversions qu'il opérait ne se comptaient pas. Les églises étaient trop petites pour contenir ses auditeurs. Le jour où il devait prêcher, toutes les boutiques se fermaient ; les villes restaient désertes. Il prêchait en pleine campagne, et on se rendait autour de sa chaire improvisée dès minuit, afin d’avoir une place.

Lorsqu'il redescendait de chaire, c’'était une poussée vers les endroits où il devait passer, et il fallait pour le protéger une escouade des hommes les plus robustes qu’on pôt trouver. Dans

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son enthousiasme et son désir de lui baiser les mains et de toucher ses vêtements, la foule l’eût écrasé.

Il avait, comme les Apôtres, le don des langues. Il prêcha un jour devant le Pape, les cardinaux et d’autres personnages de diverses nations : tous le comprirent, comme s’il se fût exprimé dans la langue maternelle de chacun.

Le même miracle arriva souvent, quand ces multitudes d: 30,000 personnes de langues diverses entouraient sa chaire.

Les auditeurs les plus éloignés de lui comme les plus rapprochés l’entendaient fort distinctement. Sa puissance les protégeait contre les intempéries.

—Un jour, un orage approchait, et allait fondre sur la foule qui l’écoutait ; plusieurs en étaient effrayés. Saint Antoine les rassure, et leur affirme

SA VIE 31 ee que l'orage ne les atteindra pas. En cffet, l’orage décrit une courbe dans sa marche, et se détourne pour ne point incommoder l'assemblée.

On l’entendit parfois clairement à une distance prodigieuse. Une femme ne pouvait se rendre au sermon ; son mari le lui avait défendu. Affigée de ce contre-temps, elle monte en haut de son grenier, et ouvre une fenêtre. O prodige ! Malgré une distance d'une demi-lieue, elle entend chaque syllabe du sermon, aussi facilement que si elle eût été aux pieds mêmes du saint prédicateur.

D'autres fois les miracles qu'il faisait servaient à l'appui de sa prédication.

Pour confondre un hérétique, qui niait la présence réelle de JÉSUS-CHRIST dans l’Eucharistie, il commanda au mulet de cet hérétique de s’agenouiller, et

d’adorer la sainte Hostie qu’il lui montrait. Le mulet obéit sur-le-champ, et l'hérétique se convertit.

—À Rimini, d’autres hérétiques en grand nombre se bouchèrent les oreilles, afin de ne point être tentés de se rendre à là force de sa parole. Saint Antoine se dirige vers le bord de la mer ; ilinvite les poissons à s’approcher du rivage, et à écouter la parole de Dieu que des hommes refusent d’entendre. Les poissons accourent, se placent devant lui, près du rivage, la tête hors de l’eau, chacun à son rang, les petits au bord, les plus grands plus loin, et se tiennent immobiles et attentifs, pendant que le saint leur parle de la bonté de Dieu, et leur recommande de le remercier de la belle demeure qu’il leur, a donnée. Le sermon fini, ils courbent la tête pour recevoir la bé-

nédiction du saint, et regagnent leurs profondes retraites.

Les hérétiques fondent en larmes et abjurent leur erreur.

Leurs chefs exaspérés résolurent de le faire mourir. Abusant de sa bienveillance envers eux, ils l’invitent un jour à diner, et jettent du poison sur les aliments qu'ils lui présentent. Dieu révèle leur crime à son serviteur. Saint Antoine le leur reproche. Alors, ils pr'tendent qu’ils ont voulu s'assurer s’il est homme de Dieu. Le saint fait le signe de la croix sur les aliments, et les mange, sans en ressentir aucun malaise.

Les auteurs de cet attentat, touchés et honteux de leur méchanceté, se jettent à ses pieds et embrassent la vraic foi.

Il connaissait l'avenir, et lisait dans les consciences.

— Dans la ville du Puy-en-Velay, vivait un notaire débauché, que saint Antoine ne rencontrait jamais sans lui prodiguer des marques de respect extraordinaires. Le saint allait jusqu’à fléchir le genou devant lui. Le notaire insulté à la fin menaça Antoine de mort s'il recommençait. ‘‘ Je salue en vous, reprit le saint, un glorieux martyr de Jésus-Christ. Pensez à moi quand vous serez dans les supplices.”’ Comme bien on pense, le débauché n’en voulut rien croire : il était loin de songer au martyre

Cependant, à quelques années de là, étant passé en Palestir :, il y prêcha la

foi, fut saisi par les infidèles et mis à mort. En marchant au supplice, il

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