CHAPITRE II
Le Cœur de Marie en lui-même :
ses perfections, ses vertus, ses joies, ses douleurs
Considéré en lui-même le Cœur de Marie est un monde de merveilles dont la contemplation ravit d'admiration les anges et le& saints. Dieu la façonné avec un amour tout particulier et il l'a enrichi de privilèges incomparables qui en font, après le Cœur de Jésus, le chef-d'œuvre de la création. Ce n'est que dans le Ciel que nous en saisirons la ravissante beauté. Notre étude n'a donc pour objet que d'exposer sommairement ce que nous en disent les théologiens et spécialement notre guide ordinaire, le bienheureux Jean Eudes.
Nous ne reviendrons pas sur le cœur corporel de Marie, dont nous avons déjà parlé : il nous suffira de rappeler qu'il a concouru à sa manière à toute la vie intime de Marie et que, dès lors, il a participé dans une certaine mesure et il participe encore à ses plus éminentes prérogatives.
Nous n'insisterons pas non plus sur les qualités purement naturelles du Cœur de Marie ; nous nous en tiendrons à ce qui fait surtout la richesse et la beauté de ce Cœur admirable, c'est-à-dire, aux trésors de vie surnaturelle dont il a été comblé. Et ici même, pour ne pas allonger notre travail outre me-
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sure, nous ferons un choix, et, laissant de côté ce qui a trait à la vie inteliectuelle du Cœur de Marie, nous nous occuperons uniquement de sa pureté, de sa sainteté, de son amour pour Dieu et pour nous^ de ses vertus, de ses joies et de ses douleurs.
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Le Cœur de Marie préservé du péché originel et de tout péché actuel. — Le don d'intégrité. — En quel sens on peut dire que la pureté du Cœur de Marie a grandi.
(' Quand il n"y aurait pas antre chose à admirer dans le Cœur de Marie que sa pureté singulière, cela suffirait, dit Muzzarelli, pour exciter notre vénération envers lui (1). »
Cette pureté éminente est en effet l'une des perfections que nous admirons le plus dans le Cœur de Marie. Cela est tellement vrai que les fidèles ne parlent guère du Cœur de la Bienheureuse Vierge sans y ajouter l'épilhcte d'immaculé, et que l'Eglise a donné à la fêle établie en son honneur le nom de Fêle (lu 1res par Co'ur de Marie. Essayons donc do nous faire une idée de la pureté ravissante du Ccrur de notre Mère.
La pureté consiste dans l'exemption de souillure et, au moral, ce qui nous souille, c'est le péché, le péché origiiul d'abord, funeste héritage que nous tenons de notre premier père, et ensuite le péché actuel, que nous commettons par notre propre