‹ La dévotion au cœur de MarieChapitre 111 sur 221 · Trésor caché, ch · texte numérisé non relu

Trésor caché, ch

LE CGE.m\ DE MARIE EN LUI-MÊME 319

volonté. L'Egliseenseigne formellement que la Sainte Vierge a été préservée de l'un comme de l'autre, et c'est là ce qui constitue la pureté admirable de son Cœur (1).

11 est aujourd'hui de foi que Marie a été préservée du péché originel. Pie IX l'a solennellement défini en proclamant, aux applaudissements du monde catholique, le dogme de rimmaculée-Conception. Mais la croyance à cette vérité est aussi ancienne que l'Eglise.

(( Cette doctrine de l'Immaculée-Conception de la Bienheureuse Vierge, dit Pie IX, a toujours existé dans l'Eglise. L'Eglise, par la très grave autorité de son sentiment, par son enseignement, par son zèle, sa science et son admirable sagesse, l'a de plus en plus mise en lumière, et, après l'avoir expliquée et confirmée, elle l'a propagée d'une manière merveilleuse chez tous les peuples et chez toutes les nations du monde catholique ; mais, de tout temps, elle l'a possédée et elle l'a regardée comme une doctrine remontant à l'origine du christianisme et présentant tous les caractères d'une vérité révélée. Les monuments les plus illustres et les plus anciens de l'Eglise d'Orient et de l'Eglise d'Occident en sont un témoignage irrécusable...

(( Et de fait, continue Pie IX, les Pères et les écrivains ecclésiastiques, nourris des paroles célestes, n ont rien eu de plus à cœur dans les livres qu'ils

1. De là celle strophe du P. de GalliiTet : Cor labis expers patriœ.

Cor labis e^\}(ivs propriœ , Fons puritatis intégrai, Omnisque scdes gratise.

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ont écrits! pour expliquer l'Ecriture, pour défendre les dogmes et pour instruire les fidèles, que de louer et dexalter à Tenvi la parfaite sainteté de Marie, son excellente dignité, sa préservation de toute tache et de tout péché, et sa glorieuse victoire sur le cruel ennemi du genre humain. C'est ce qu'ils ont fait en expliquant les paroles par lesquelles Dieu, annonçant dès les premiers jours du monde les remèdes préparés par sa miséiicorde pour la régénération et le salut des hommes, confondit l'audace du serpent trompeur et releva d'une façon si consolante l'espérance de notre race. Ils ont enseigné que par ce divin oracle : Je mettrai rimmitié entre toi et la femme, entre ta postérité et la sienne, Dieu avait clairement et ouvertement montré à l'avance le miséricordieux Rédempteur du genre humain, son Fils unique, Jésus-Christ, désigné sa Bienheureuse Mère, la Vierge Marie, et nettement exprimé 1 inimitié de lun et de l'autre contre le démon. En sorte que, comme le Christ, médiateur entre Dieu et les hommes, détruisit, en prenant la nature humaine, l'arrêt de condamnation qui était contre nous et l'attacha triomphalement à la croix ; ainsi la très Sainte Vierge, unie étroitement et inséparablement avec lui, fut, par lui et avec lui, réternel ennemi du serpent venimeux, le vainquit, le terrassa sous son pied virginal et sans tache, et lui brisa la tête (I). »

(( Pour décrire loriginelle intégrité de la Vierge de laquelle est né Jésus, les mêmes Pères, dit encore

i. Bulle Ineffabilis.

LK COEUR DI-: MARIE KN l,UI MÊME 321

Pic IX, ont emprunté les paroles des prophètes et célébré cette auguste Vierge comme la colombe pure, comme la sainte Jérusalem, comme le trône élevé de Dieu, l'arche de la sanctification et la demeure que s'est bâtie l'éternelle Sagesse ; comme la Heine qui, comblée des plus riches trésors et appuyée sur son Bien-aimé, est sortie de la bouche du Très-Haut parfaite, éclatante de beauté, entièrement agréable à Dieu, sans aucune tache, sans aucune flétrissure.

« Ce n'est pas tout, les mêmes Pères, les mêmes écrivains ecclésiastiques ont médité profondément les paroles que l'Ange Gabriel adressa à la Vierge bienheureuse, lorsque, lui annonçant qu'elle aurait l'honneur insigne d'être la Mère de Dieu, il la nomma pleine de grâce, et, considérant ces paroles prononcées au nom de Dieu même et par son ordre, ils ont enseigné que par cette solennelle salutation, salulatation singulière et inouïe jusque là, la Mère de Dieu nous était montrée comme le siège de toutes les grâces divines, comme ornée de toutes les faveurs de l'Esprit divin, bien plus, comme un trésor presque infini de ces mêmes faveurs, comme un abîme de grâce et un abîme sans fond, de telle sorte qu'elle n'avait jamais été soumise à la malédiction, mais avait toujours partagé la bénédiction de son Fils et avait mérité d'entendre de la bouche d'Elisabeth, inspirée par l'Espril-Saint : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes et le fruit de vos entrailles est béni (1). »

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