LE COKLR DE MARIE EN LUI-MÊME
plus barbare et la plus honteuse de toutes les morts. . . Crie telle contre les meurtriers qui massacrent [son divin Fils] ainsi impitoyablement ? se plainl- «11e du tort et de l'injustice qu'on lui fait? Demandet-elle justice au Père Éternel ? Rien moins, elle demeure dans le silence ; on n'entend pas une seule parole ni la moindre plainte sortir de sa bouche ; on n'entend que ses soupirs, on ne voit que ses larmes. Son Cœur très bénin ne se laisse point aller à aucun ressentiment ni à aucun mouvement d'impatience, ni d'aigreur, ni d'aversion au regard de ceux qui lui font souffrir tant de supplices ; au contraire, il demeure toujours si plein de mansuétude, de patience et de clémence qu à l'imitation de son Jésus, elle excuse ceux qui lui arrachent l'âme du corps avec tant de rage, disant de cœur pour eux au Père éternel les même paroles qu'il lui dit de bouche et de cœur tout ensemble : Pater, dimitte illis, non eniin sciant quid fac'iunt ; et lui oifranl pour leur salut le précieux sang qu'ils tirent de ses veines, les souffrances qu'ils lui font porter, la mort qu'ils lui font endurer ; et étant disposée de se sacrifier aussi elle-même avec son Fils pour ces misérables (i). »
Et après le drame du Calvaire, la patience et la mansuétude du Cœur de Marie n'ont fait que grandir. Malgré les flots de grâce qui coulent sur le monde, l'iniquité continue de couvrir notre pauvre terre et du haut du ciel Marie assiste à ce triste spectacle,