LE CŒUR DE MARIE EN LUI-MÊME
OÙ elle aimait à se plonger, autant du moins que le comportaient son âge et sa condition, la douceur incomparable de ses paroles et une modestie angéllque qui charmait tous les regards.
Ces belles vertus et les autres que le P. Eudes ne mentionne point dans VEnfance admirable, parce qu'elles n'eurent guère l'occasion de se manifester dans les premières années de^Iarie, nous les retrouvons, et avec un éclat de plus en plus vif, dans les mystères postérieurs. Il n'en est pas un seul où on ne les rencontre toutes avec la beauté spéciale qui caractérise chacune d'elles, et ce surcroît de splendeur que leur donne la charité qui en inspire et dirige tous les actes. Pourtant, il y a en chaque mystère quelques vertus dont la sublimité nous frappe davantage. A la Présentation, c'est la générosité de Marie qui se sépare d'un père et d'une mère tendrement aimés pour se consacrer sans retour, comme sans réserve, au service du Très-Haut. Dans son mariage avec saint Joseph, c'est sa docilité et cet abandon à la divine Providence qui lui fait embrasser un état destiné à voiler aux regards le mystère de sa virginité et de sa divine maternité. A rAnnoncialion, c est sa foi qui n'hésite pas devant un insondable mystère : Beaia quœ credidisti, son entière soumission au bon plaisir de Dieu : Fiat mild secundum verbum tuuni, et une humilité si profonde qu'elle se proclame la servante du Seigneur au moment même où elle en devient la Mère : Ecce ancilla Domini. A la Visitation, c'est sa charité, son zèle, et son humble reconnaissance qui éclate dans
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le magnifique cantique où elle épanche les sentiments intimes de son Cœur. A Bethléem, c'est sa patience au milieu de rindiffércnce et des rebuts du peuple, cl son esprit de pauvreté qui va jusqu'à s'accommoder pour son divin Fils et pour elle du dénuement le plus absolu. Le mystère de la Purification jelle une vive lumière sur son humilité, et plus encore sur son esprit de sacrifice, puisqu'en présentant son bien aimé Fils à Dieu le Père, elle ratifie d'avance la douloureuse immolation du Calvaire. La fuite en Egypte nous fai t ad mirer Ihéroïsme et la promptitude de son obéissance et son entier abandon à la divine Providence. Son amour de la retraite, du silence, du recueillement, de la vie intérieure éclate dans les années quelle passa à Nazareth dans la douce compagnie de Jésus et de saint Joseph.
Pendant la vie publique du divin iMaître, Marie ne paraît guère, mais nous la retrouvons au Calvaire. C'est là que ses vertus apparaissent dans toute leur sublimité et on se demande quelle est celle que l'on doit admirer davantage : sa foi inébranlable, sa confiance à toute épreuve, son amour d'une générosité sans limite, son humilité plus profonde que jamais, son obéissance qui ne recule pas devant le plus douloureux des sacrifices, son courage sans défaillance, ou cette miséricordieuse clémence qui ne lui suggère à l'égard des ennemis de Jésus que des sentiments de compassion et de pardon.
El si, dans la suite, les vcilus du Cœur de Marie ne trouvèrent pas l'occasion de se manifester d'une