‹ La dévotion au cœur de MarieChapitre 148 sur 221 · LE CCEUR DE MARIE EN LUI-MÊME · texte numérisé non relu

LE CCEUR DE MARIE EN LUI-MÊME

<i'Ëve, miraculeusement, virginalement, elle donnait le jour au Sauveur, il est probable qu'elle fut favorisée d'un ravissement de l'ordre le plus élevé. Si quelque conjecture est permise sur ce secret de son Cœur, n'aurait-elle pas vu, cette fois encore, dans la splendeur de Dieu se révélant à son âme, le mystère auquel elle concourait ? Le Père, qui, dans l'éternel aujourd'hui, engendre son Verbe, lumière de lumière, l'engendrait, à cette heure du temps, dans la nouvelle nature désormais inséparable de sa Personne ; le Père engendrait son Fils avec elle et par elle ; car cette humanité qui appartient à la filiation divine, était vraiment quelque chose de sa chair et de sa substance, tout comme la Personne du Verbe est la substance même de Dieu ; et, avec iePère, elle disait à cette unique Personne : « Vous êtes mon Fils, aujourd'hui je vous ai engendré. « Son Fils était le Seigneur des Anges, et le Père « l'introduisant dans le monde, disait : Adorez-le» vous tous, Anges de Dieu (l). »

Et après avoir rappelé le cantique des Anges et l'adoration des bergers, le pieux auteur ajoute : « Cependant, près de la crèche, Marie goûtait l'inexprimable joie de contempler son Fils ; la joie d avoir entendu les Anges chanter sa venue et le manifester aux hommes ; la joie d'avoir vu agenouillés devant lui, dès la première heure, les pauvres et les simples, ses bien-aimés. u Elle conservait toutes ces choses, en rapprochant » toutes les cir-

i. La Sainte Vierge, ch. 5.

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constances, « dans son Cœur. » Et de temps en temps, se penchant sur l'enfant qui lui souriait, « elle lui donnait des baisers plus que d'une mère, parce que c'étaient les baisers dune Mère Vierge (1 j. »

L'adoration des mages fut pour Marie la source de nouvelles joies. Une étoile miraculeuse leur avait annoncé la naissance du Roi des Juifs, et, sans tarder, ils s'étaient mis en route pour venir l'adorer. Ils le trouvèrent à Bethléem avec Marie, sa mère Ce fut elle qui leur présenta le divin Enfant et qui reçut en son nom les présents symboliques qu'ils lui offrii-ent. Les mages étaient les prémices de la gentililé. Le Cœur de Marie tressaillit de joie en les voyant se prosterner aux pieds de Jésus et en pensant qu'à leur suite des foules innombrables viendraient de tous les points de l'horizon reconnaître lEnfant-Dieu et se ranger sous sa loi. En échange de leurs présents, elle eut la joie de déposer dans leurs cœurs des germes de foi et de charité, qui fructifièrent plus tard et en firent de grands saints.

Durant les années que la Sainte Vierge passa à Nazareth avec son divin Fils, ce fut pour elle une joie inestimable de jouir constamment de sa douce présence. Un jour pourtant, elle eut la douleur de le perdre 11 avait alors douze ans. Venu à Jérusalem pour la fête de Pâques, il y resta à l'insu de ses parents, et ce n'est que trois jours plus lard qu'ils le retrouvèrent au Temple assis au milieu des docteur»

4. Le Sainte Vierge, ch. 5. Les paroles citées par le P. delà IJroisG sont enipnintées à un sermon de Ijossiiet sur le Rosaire, 1651 (Lebarq. t. I, p. 79).

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