Sermo 3, de f>igilia Xativatis Domini
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mort de son Fils, c'esl-ù-dire, les grâces et bénédielions qu'il leur a méritées durant le cours de sa vie mortelle et passible, et dont son Cœur maternel est comme le dépositaire et le gardien. Car, comme elle a conservé dans ce grand Cœur tous les mystères que son Fils a opérés ici-bas pour notre Rédemption, Maria conservabat ornnia verba hœc in Corde sno ; aussi cet adorable Rédempteur a déposé dans le Cœur de sa très chère Mère toutes les richesses qu il a acquises et tous les biens éternels (ju'il a amassés durant les trente-quatre ans de sa demeure en ce monde. Le Sauveur, dit saint Bernard, a versé à pleines mains, sans mesure et sans bornes, tous ses trésors dans eon sein : Salvator in rjus sinum omnes thesauros suos ahsqae mensura Irons fadit. 11 a voulu qu'elle soit la trésorière de ses dons et de ses grâces, et il a résolu de n'en donner aucune à qui que ce soit que par son entremise... Oui, Mère de grâce, vous êtes la trésorière de la très Sainte Trinité, qui conservez en votre sein et en votre Cœur tous les trésors de Dieu pour les distribuer aux pauvres, c'està-dire aux pécheurs. Ce que vous faites avec une libéralité digne de votre magnificence royale, suivant l'ordre de la divine Providence et la conduite de la très sainte volonté de Dieu (I). »
L'action du Cœur de Marie se fait sentir au ciel et an purgatoire aussi bien que sur la terre, mais naturellement elle se diversifie selon le lieu où elle s'exerce. Dans le Cœur admirable, le P. Eudes com-
l. CfMur admirable, liv. 2, ch. 4, serf. 2.
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pare le Cœur de Marie à la fontaine nnerveilleuse qui jaillissait au milieu du Paradis terrestre et qui répandait ses eaux sur toute la surface de la terre, et il nous montre quatre fleuves qui jaillissent du Cœur de la Bienheureuse Vierge pour arroser le monde des âmes : u Le premier, dit il, est un fleuve de consolation, le second un fleuve de sanctification, le troisième un fleuve de compassion et de justification, le quatrième un fleuve de joie et de glorification.
« Le premier est pour les âmes de l'Eglise souffrante, auxquelles la charité incroyable du Cœur pitoyable de la Mère de Dieu procure plusieurs consolations et soulagements, et leur délivrance même, ne sortant point de leurs peines que par son entremise.
(i Le second est pour toutes les âmes justes et fidèles de lEglise militante, qui, par cette même charité du Cœur de leur très bonne Mère, reçoivent une infinité de lumières, de grâces et de bénédictions de la divine Bonté pour leur sanctification.
« Le troisième est pour toutes les âmes infidèles qui sont en état de perdition, ce qui comprend celles de tous les païens, de tous les juifs, de tous les hérétiques et de tous les mauvais catholiques, pour lesquels ce Cœur très débonnaire est plein d'une miséricorde inconcevable, qui porte cette très pieuse Mère à en avoir compassion, à s'entremettre auprès de son Fils, à demander sans cesse leur conversion, à impétrer de lui beaucoup de grâces pour cette fin, et à obtenir elTectivement le salut de plusieurs.
« Le quatrième est pour les habitants de l'Eglise
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triomphante, et c'est de celui-ci qu'il est dit : Fin niinis impeliis lœlijical cicUalem Dei. Il y a un fleuve très abondant dont les belles eaux réjouissent la sainte ci té de Dieu. Si l'Eglise militante chante tous les jours, à la louange de sa très bonne Mère, qu'elle est la cause de sa joie : Causa noslrœ, lœtitiœ, combien davantage lEglise triomphante a-t-elle sujet de chanter la même chose ? Car outre que nous allons voir tout maintenant, que le Cœur de la Reine du Ciel est, après Dieu, la source de toutes les gloires et de toutes les félicités de tous les saints qui y sont, l'amour inexplicable avec lequel ce Cœur de h ur très douce Mère les embrasse tous en général et chacun en particulier lc!ï comble et les enivre dune joie incompréhensible à tout esprit et indicible à toute langue, spécialement ceux qui ont eu un respect et une dévotion particulière vers ce même Cœur pendant qu'ils étaient ici-bas (IV »
Ailleurs le Bienheureux compare le Cœur de Marie au soleil, et voici comment il explique sa bienfaisante influence :
« Le soleil matériel répand sa lumière, sa chaleur et ses influences sur toutes les choses corporelles qui sont en la terre. Mais ce soleil mystique répand ses saintes lumières, ses divines chaleurs et ses célestes influences partout, dans le ciel et dans la terre, sur les hommes et sur les Anges : Nonest quise abscomlat a calorc ejiis. Celui-là réjouit par son aspect tous les habitants de ce monde élémentaire ;