Cœur admirable, liv. 2, ch
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vue au pied de la croix joignant ses supplication* à celles de son divin Fils et s'offranl avec lui pour l'expiation du péché ; de sorte que la rédemption du genre humain est à la fois l'œuvre du Cœur de Jésus et celle du Cœur de Marie, bien qu'ils y aieiit travaillé à des titres divers et d'une manière différente. « L'Homme-Dieu, dit le P. Eudes, a opéré notre Rédemption comme cause première et souveraine et par ses i)ropres mérites ; et sa très Sainte Mère y a coopéré comme cause seconde et dépendante de la première et par les mérites de son Fils (1 ). »
Le Cœur de Marie a donc contribué à nous acquérir les grâces qui nous font vivre de la vie surnaturelle ; il contribue également à les répandre dans les àmeti, et c'est surtout à raison de la paît qu'il prend à la répartition des fruits de la Rédemption qu'il mérite d'être appelé le u Cœur de l'Eglise. >» Lintervenlion du Cœur de Marie dans la dispensalion de la grâce est une conséquence de la maternité divine et du rôle que la Sainte Vierge a joué au pied de la croix. C est ce qu'explique Bossuet dans ce langage magnifique dont il a le secret : « Dieu, dit-il, ayant une fois voulu nous donner Jésus-Christ par la Suinte Vierge, cet ordre ne change plus, et les dons de Dieu sont sans repentance. Il est et sera toujours véritable qu'ayant reçu par elle
i. Cœur admirable, liv. 2, rlinp. î-, scct. 2. Cf. Joanjacciuot. Simplps rj'plicnlions sur fa coopération de la tri's Sainte Vierffe à /'œuvre de la liédemptiun ; Hiigon, La Mère de (h'dre, j). 219. sq.
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une fois le principe universel de la grâce, nous en recevions encore par son entremise les diverses applications dans tous les états différents qui composent la vie chrétienne. Sa charité maternelle ayant tant contrihué à notre salut dans le mystère de l'Incarnation, elle y contribuera éternellement dans toutes les autres opérations qui n'en sont que des dépendances (1). » Marie est donc bien, avec son divin Fils, la dispensatrice de la grâce ; il nen est pas une seule, dit saint Bernard, qui ne nous vienne par ses mains. Nihil nos Deas habere voluit qiiocl per Marise marais non transiret (2). Et saint Bernardin de Sienne proclamait la même vérité, lorsqu'il formulait cette loi de l'ordre surnaturel rappelée par Léon XIII dans l'encyclique Jacunda semper : Toute grâce accordée aux hommes leur arrive par trois degrés parfaitement ordonnés : Dieu la communique au Christ, du Christ elle passe à la Sainte Vierge, et de Marie elle descend jusqu'à nous. Otnnls gratta qase haie sœcnlo communicatiir, triplicem habet processam. I\am a Deo in Chriskirn, a Christo in Virginem, a Virgine in nos ordinatissiine dispensatur.
Le P. Eudes n'a pas manqué de se faire l'écho de cette belle doctrine :
« Le Cœur de Marie, dit-il, coopère avec celui de son Fils Jésus à la consommation de son œuvre... en distribuant aux hommes, avec une très grande charité, les fruits de la vie, de la Passion et de la
1. Troisième sermon pour la fête de la Conception de la Sainte Vierge, U^ point.