‹ La dévotion au cœur de MarieChapitre 176 sur 221 · Sei-zn. 1 in Snlrp · texte numérisé non relu

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omnem créai aram. Quicumque Filio curvat gcnu, Mntri qaoque prônas suppUcat (l). »

Marie est donc vraiment la reine des Anges et des hommes ; mais cette royauté, que tout le monde lui reconnaît, le P. Eudes enseigne qu'elle est avant tout l'apanage de son Cœur. 11 en apporte plusieurs raisons, qui lui paraissent « considérables. »

« Premièrement, dit-il, ne savez-vous pas que ce qu'un roi est au regard de ses sujets, le cœur de l'homme l'est au regard de ce qui est en l'homme. A raison de quoi le Cœur de Marie est le roi de toutes les facultés de son âme et de son corps. C'est le roi de la reine, c'est le souverain de la souveraine, et par conséquent c'est le roi et le souverain delà terre et du ciel.

« Secondement, n'oyez-vous pas le Saint-Esprit qui vous déclare que toute la gloire de la Fille du grand Roi, c'est-à-dire toute sa puissance et toutes ses autres excellences prennent leur origine dans son Cœur : Omnis gloria Filiœ Régis ab intus? Que faut-il inférer de là sinon que son Cœur étant le principe de sa souveraineté, parce qu'il l'a méritée par son humilité et par ses autres vertus, il la doit posséder en souverain degré?

(- N'cst-il pas vérifable. dit encore le Bienheureux, qu'un cœur qui peut tout sur le cœur d'un Dieu a un pouvoir souverain ? Or, qui peut douter que le Cœur de la Mère de Jésus n'ait tout pouvoir sur le Cœur de Celui qui a voulu être son Fils, et qui a

4 Cœur admirable, liv. 5, ch. 8.

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voulu lui donner sur soi-même toute l'aulorité qu'une Mère a sur son Fils (l) ? »

Le Bienheureux aurait pu ajouter que la royauté de Marie est toute faite de bonté et damour et qu'elle ne tend qu'à répandre dans les âmes un peu de cet amour divin dont son Cœur est rempli, de sorte que, de quelque manière qu'on l'envisage, la royauté dont elle jouit relève principalement de son Cœur.

îl est vrai qu'à proprement parler les dignités et les titres, aussi bien que les opérations, appartiennent à la personne tout entière et non aux parties qui la composent: Actiones sunf siippositorum, disent les philosophes et les théologiens. Mais lorsque l'une de ces parties intervient d'une manière spéciale et joue un rôle prépondérant dans l'exercice de certaines fonctions, l'usage permet de les lui attribuer. C'est dans ce sens qu'on parle de l'amour, des souffrances et de la gloire du Cœur de Marie et qu'on peut aussi, comme on le fait couramment, parler de sa royauté.

La royauté du Cœur de Marie a son fondement dans la maternité divine. Si Marie est reine, c'est parce qu'elle est la Mère du Roi des rois et que Jésus l'associe à sa souveraineté. Il ne faut donc pas songer à séparer la royauté du Fils et celle de la Mère : elles marchent toujours de pair, parce que la seconde n'est qu une dépendance de la première. Marie est, comme le dit le P. Eudes, « la reine des cœurs consacrés à Jésus. » Le divin Maître ne prend jamais

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