Cœicr admirable, 1. c
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possession d'un cœur sans que Moiie en prenne possession avec lui, et réciproquement, lorsque la Sainte Vierge prend possession d'un cœur, ce n'est point pour s'en réserver la jouissance, c'est pour y établir le règne de son Fils, si bien qu'on peul dire, en retournant l'expression du P. Eudes, que Jésus est le Roi des cœurs consacrés à Marie.
A vrai dire, ici comme toujours, Marie sert de médiatrice entre son Fils et nous. C'est par elle qu'il entre dans nos cœurs, qu'il en prend possession et qu'il les assujetlit à son emplie, de sorte que la royauté du Couir de Marie est le moyen clioisi par la divine Providence pour rétablissement du règne du Cœur de Jésus. Cette belle doctrine a été mise en pleine lumière par le bienheureux Grignion de Montfort dans son excellent Traite de la ]'raie Dévolion à la Sainte }^ierge. Le bienheureux Jean Eudes l'enseignait déjà à ses disciples, et c'est pour exprimer celte idée que, dans l'image deNotre-DamedesCœurs, il représentait la Sainte Vierge recevant les cœurs des Anges et des hommes et les offrant à Jésus.
Le lien qui rattache la royauté du Cœur de Marie à celle du Cœur de Jésus nous permet d'en mesurer retendue. Lempire de Marie s'étend aussi loin que celui de Jésus, il na d'autres limites que celles de l'univeis.
« J'entends, écrit le P. Eudes, le Fils de Marie qui dit : Dafa est ini/ii o/nnis potes tas in eœlo et in terra. Toute puissance )n a été donné au ciel et sur la terre ; et j'entends la Mère de Jésus qui dit : In Jérusalem potcslas mea , la puissance que Dieu m'a donnée
LE COEUR DE MARIK ET l'kGI.ISE 433
s'étend sur toute la grande cité de Jérusalem et sur tous ses faubourgs, villages et dépendances, c'est-àdire, sur toute TEgiisc triomphante, militante et souffrante, et sur toutes les autres parties du monde fjui sont comme les faubourgs, les villages et les appartenances de cette merveilleuse ville : In omni populo et in omni gentc pnmatiim habui, tous les peuples et toutes les nations plient sous les lois de mon empire (1). »
a L'empire du Creiir royal de Marie, dit encore le Bienheureux, n a nfjint d'autres bornes que celui du souverain Monarque de lunivers... C'est le roi de tous les cœurs, cest le souverain de toutes les choses, qui dépendent de la divine souveraineté, »
Les Anges s'incliner. t respectueusement devant une sainteté qui les dépasse de bien haut. La gloire que le Cœur de Marie procure à l'adorable Trinité, l'amour incomparable dont il est embrasé à l'égard du Cœur de Jésus, les grâces de toutes sortes qu'il ne cesse de verser sur le monde, tout cela les ravit d'admiration et de joie, et ils se font un bonheur d'exalter un Cœur si grand et si bon.
Les saints mettent d'autant plus d'ardeur à acclamer le Cœur de Marie qu'ils lui sont redevables de tout ce qu'ils possèdent de sainteté et de gloire. Dans leur reconnaissance, ils se plaisent à lui faire hommage des couronnes qu ils portent sur le front, et ils sont toujours prêts à entrer dans ses vues et à seconder ses desseins.