Cœur cnbnirable, liv. il, ch. t
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pousse le dévouement jusqu'à nous sacrifier son divin Fils. N'est-il pas juste qu'à notre tour nous l'aimions de tout notre cœur, que nous consacrions notre vie à l'aimer et à la servir et que, pour lui être agréable, nous soyons prêts à tous les sacrifices ? Telle était la pensée du Bienheureux Jean Eudes et telle a toujours été celle des j)romoleurs de la dévo lion au Cœur de Marie, car ils sont tous d'accord pour faire consister lessentiel de cette dévotion ■dans la consécration, c'est-à-dire, dans la donation complète de soi-même au Cœur de la Bienheureuse Vierge, mais dans une consécration réelle, qui ne se réduise pas à la récitation d'une formule, mais qui se traduise par une application constante à éviter tout ce qui peut déplaire à la très Sainte Vierge et à faire tout ce quelle demande de nous, c'est-à-dire, à mener une vie entièrement conforme aux enseignements et aux exemples de son divin Fils.
<« Si vous désirez, dit le P. Eudes, donner un grand contentement au Cœur virginal de Marie..., écoutez et faites ce que Nohc-Seigneur vous dit en ces paroles : FUi, prœbe niilil cor iaani, Mon fils, donnezmoi votre cœar ; et en celles ci : Converlimini ad me in loto corde vestro, Convertissez-vous à moi de tout votre cofiir. Pour cet cirel prenez une forte et véritable résolution d"accomj)lir la promesse que vous ave/ faite à Dieu en votre baptême, à savoir de renoncer entièiement à Satan, aux œuvres de Satan, qui sont le péché, et aux pompes de Satan, qui sont le monde ; et de suivre Notre-Seigneur en sa doctrine, «n ses mœurs et en ses vertus. Ft afin de vous con-
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verlir à Dieu, non seulement de cœur, mais de tout votre cœur, entrez dans un grand désir de convertir et de tourner toutes les passions de votre cœur vers sa divine Majesté, en les faisant servir à sa gloire ; par exemple, la passion de l'amour en n'aimant rien que Dieu et le prochain en Dieu et pour Dieu ; la passion de la haine en ne haïssant rien que le péché et tout ce qui conduit au péché ; la passion de la crainte en ne craignant rien en ce monde que de déplaire à Dieu ; la passion de la tristesse, en ne vous attristant de rien, sinon des offenses que vous avez faites contre Dieu ; la passion de la joie, mettant toute votre joie à servir et aimer Dieu et suivre sa très sainte volonté en tout et partout (1). »
Tel est, d'après le Bienheureux, le premier moyen à employer pour honorer le Cœur de Marie comme il veut l'être.
Cependant, quand on aime le Cœur de Marie, on ne peut rester insensible aux outrages qu'il reçoit de la part des pécheurs. Le P. Eudes, nous l'avons vu, en éprouvait une vive douleur et il s'efforçait de dédommager le Cœur de Marie par l'offrande qu'il lui faisait de ces cœurs rebelles et surtout par un redoublement de ferveur et d'amour.
Le P. de Galliffet alla plus loin. Il fit entrer dans la pratique de la dévotion au Cœur de Marie un acte de réparation pour les injures qu'il reçoit de la part des hérétiques. Le pieux Jésuite voulait par là donner à la dévotion au Cœur de Marie une ressern-
d. Cœur admirable, 1. c.
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blance de pins avec la dévotion au Cœur de Jésus, où l'on sait que la réparation lient une place importante. L'idée parut heureuse et en beaucoup d'endroits l'acte de réparation trouva place dans les exercices organisés en Ihonneiir du Cœur de Marie le premier samedi de chaque mois. Cet acte, toutefois. n"a quune iniporlance secondaire dans noire dévotion. Quand notre pensée se porte vers le Cœur de Marie, ce qui fait l'objet ordinaire de nos pieuses réflexions, ce sont ses perfections, ses vertus et pardessus tout son amour pour Dieu et pour nous. Lors même que nous méditons sur ses (iouleurs, au lieu de penser à l'ingratitude des hérétiques, nous nous arrêtons plus volontiers à nos fautes personnelles, et, à la pensée des souffrances qu'elles ont causées au Cœur de notre Mère, ce n'est pas l'acte de réparation proposé par le P. de Galliflet qui jaillit de notre cœur, mais plutôt un acte de contrition et d'amour.
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Le (]reur do Marie inodolo et règle des fidèles. — En quoi surtout nous devons l'iiniier.
On a remarqué depuis longtemps que l'amour, surtout quand il a pour objet Noire-Seigneur et sa très sainte Mère, conduit à l'imitation. Tout le monde connaît cette maxime de saint Augustin : La parfaite dévotion consiste à imiter ce que l'on veut lionorer, Summa devotio est imilari quod colimus. De ce chef, l'imitation pourrait rentrer dans le culte du